|
22-11-2006 |
|
Le lancement de la campagne électorale pour
2007 est laborieux. Pas concernant d’éventuels candidats,( il y a pléthore à
droite comme à gauche). Mais plutôt en matière de programme. Un candidat
PS ancien Premier ministre nous a expliqué qu’il faut être franchement à
gauche. Pourtant, lorsqu’il était aux affaires, le même homme préférait
créer les conditions pour accompagner le capital, autrement dit il était
« franchement à droite ». Un autre s’est déclaré social -démocrate.
Quant à la troisième, elle était social-libérale disaient les deux autres.
Quelle mixture ! Et puis il y a ce rassemblement hétéroclite qui
se prétend antilibéral et qui peine à trouver un candidat. Le
programme ?... Pas le temps maintenant, on verra plus tard. A droite, que ce soit le Front National, l’UDF ou
l’UMP, servir les intérêts du grand capital est réaffirmé dans leur
programme. Seul l’UDF hésite encore entre rester avec la
droite ou se rapprocher de la social- démocratie. L’important étant pour leur
leader de se faire une place au soleil et de sauvegarder les intérêts du
capital. Le FN ou l’UMP ne font pas dans le détail même si
leurs propositions sont camouflées avec une pincée de social. Eux aussi
s’appliquent à berner cette partie de l’électorat qui cherche désespérément
une issue à ses propres difficultés. Mais droite ou gauche personne ne propose de
véritable solution. Tout ce monde représente directement les intérêts du
capital, ou se propose de défendre… leurs propres intérêts. Voyons aujourd’hui ce que propose l’UMP.
Edification garantie. Tous les sujets sont abordés, institutions,
immigration, justice, éducation, écologie, famille, protection sociale et,
bien entendu, économie et social. Les questions internationales et
l’Europe seront rendues publiques dans un deuxième temps. ( Il est vrai que
sur de tels sujets, il est difficile de camoufler leurs véritables objectifs). Restons-en à ce qui touche à la vie de tous les
jours. En préambule, c’est la détermination de
rester dans les critères définis à Maastricht. Les Français y sont hostiles
comme ils l’ont démontré lors du référendum du 29 mai 2005. Qu’à cela ne tienne,
Maastricht c’est vital pour l’Europe que l’UMP veut construire. Droits syndicaux : sous couvert d’assurer
une représentation syndicale renforcée, n’importe qui pourrait représenter
n’importe quoi. C’est la reprise intégrale de la revendication du MEDEF. L’état ne se légifèrerait plus, la
« négociation » paritaire assumant ses responsabilités à travers
les accords signés. Connaissant le visage syndical de notre pays,
cela ne présage rien de bon, d’autant que la règle des accords majoritaires
est établie en fonction du nombre d’organisations signataires et non du poids
électoral de chacune. Au MEDEF le soin de négocier des accords, même
s’ils prennent des libertés avec les statuts, les conventions collectives et
le code du travail (celui-ci devant à brève échéance être allégé pour être
plus « compréhensible »). Le « droit » de travailler plus pour
gagner plus. Là encore le Medef peut être satisfait. La cerise sur le gâteau,
c’est que les heures supplémentaires seront exonérées de cotisations sociales.
Plus de pouvoir d’achat peut-être… mais moins de retraite au final. De même pour les heures de RTT transformées en
heures travaillées. Ouverture des commerces le dimanche. Le flux tendu étant
la politique prisée par les entreprises et le commerce, il est prévu de faire
travailler les transporteurs à flux tendu puisque les stocks n’existent plus,
ainsi que les travailleurs des usines de production. L’âge de la retraite sera libre. Les salaires
étant en chute libre et la tendance devant se poursuivre, il suffira de
travailler plus longtemps pour arrondir les pensions de retraite, comme en
Allemagne ou en Angleterre. Il en sera créé un nouveau contrat de
travail appelé « contrat de travail unique à durée indéterminée »
avec dans la même logique, création d’une « assurance-salaire et de
retour à l’emploi ». Pas plus d’explication. Peut-être une
« sécurisation des parcours professionnels pour les uns ou une sécurité
sociale professionnelle pour d’autres » ? Toujours est il que cela pourra devenir réalité,
de même que la suppression des seuils sociaux dans les entreprises.
Obligation d’élections de délégués du personnel dès que l’effectif atteint 11
salariés, un comité d’entreprise dès que l’effectif atteint 50 salariés et
donc les CHSCT, terminé ! La vraie liberté pour entreprendre ! Bien entendu, le service public ne sera pas en
reste. Obligation réaffirmée de services minimums pas seulement dans les
transports. Le fin du fin nous, la « Moralisation des retraites
chapeaux…. Et rééquilibrage dans les régimes spéciaux de retraites au regard
de la pénibilité des autres métiers ». Certains auraient pu commettre l’erreur de
croire, que la loi Fillon (pourtant conseiller de Sarkozy) ouvrirait
comme le prévoit la loi, une négociation sur le départ anticipé pour les
travaux pénibles et/ou insalubres. Et bien non. Cela sera du seul ressort du
Medef. Concernant la fonction publique c’est la
signature de l’arrêt de mort des régimes spéciaux. Comme en Europe, alignement
par le bas pour tous. Nous voilà prévenus.
http://www.sitecommunistes.org |