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23-04-2006

Après le CPE, faisons le point

 

Les médias annoncent que les contacts se succèdent entre les dirigeants du MEDEF (le syndicat patronal), le gouvernement et ceux des centrales syndicales. Contacts discrets, non officiels, menés pour permettre aux uns et aux autres d’ouvrir la voie à un terrain d’entente.

Pour arriver à quoi? A s’entendre après un plus ou moins long simulacre de « négociation », sur ce qu’ils appellent l’organisation de la « flexibilité » en France. La méthode fut employée pour la « réforme » des retraites et de la Sécurité Sociale. Ils étaient prêts à en faire de même avec la « flexibilité » mais…

Mais l’action massive des jeunes face à l’entêtement borné d’un Villepin a modifié la donne. La puissance et la détermination de leur mouvement a conduit les centrales syndicales à s’engager ensemble de plus en plus fermement dans l’action pour le rejet du CPE.

Rémi Jouan, secrétaire national de la CFDT avoue que « en refusant le dialogue tout au long du conflit, le gouvernement nous a forcé à persévérer… L’objectif n’était pas de réaliser l’unité syndicale, ce n’était que la conséquence d’un  but précis, le retrait du CPE… Celui d’entre nous qui aurait dit : « j’arrête » était mort » (cité par » l’Humanité »).

Ce genre de propos suscite deux remarques : la première, de très loin la plus importante, c’est qu’il était impossible de s’opposer frontalement à un mouvement aussi puissant parce que décidé à la base.  La seconde, c‘est que le CPE retiré, les manœuvres se multiplient comme prévu.

 

Mme Parisot, la patronne du MEDEF, s’est rendue officiellement à Matignon la semaine dernière. Cela fait, elle convoque une à une les cinq centrales syndicales pour ouvrir « une nouvelle ère (sic) de réflexion et d’action… et examiner toutes les flexibilités et toutes les précarités ». Elle ose même proposer  «le divorce par consentement mutuel »entre employeurs et salariés ! (citée par le quotidien financier « Les Echos »). On voit de quoi il s’agit.

C’est à ce genre de « négociations » que les syndicats s’apprêtent à participer. Tout en n’omettant pas de crier victoire ! Il y a déjà quelque temps que Chérèque (encore lui) voulait en arriver là. « Evacuons le CPE pour entrer dans le processus de négociation… et l’on a deux mois pour construire quelque chose »  révélait-il au quotidien « Le Monde » alors que la lutte contre le CPE battait son plein.

Sachant cela on n’est hélas pas surpris d’apprendre qu’il n’y aura pas de concertation entre les centrales syndicales avant les rencontres prévues séparément avec le MEDEF. La CFDT marche devant, suivent de près FO et d’autres syndicats de moindre importance. Tout ça ne nous surprend pas, il y a des années que ça se passe ainsi

 

Seule l’action massive et résolue de millions de salariés et de jeunes fera reculer le patronat, la droite et leur gouvernement. Seule elle bloquera les manœuvres politiques de la gauche. Seule elle obligera les organisations syndicales à lutter sans compromis contre les forces capitalistes.

 

La CGT  est en train de tenir son 48ème Congrès Confédéral à Lille. Force est de constater que la position de ses dirigeants et de nombre de ses cadres est de « négocier » avec le patronat et le gouvernement derrière le dos des salariés. Et que signifie cette notion de « syndicalisme rassemblé » ?... Rassemblé autour de quoi, pour faire quoi ? … Rassemblé avec la CFDT et d’autres pour capituler?

Beaucoup de choses dépendent de ce qui se passera au congrès de la CGT, des positions qu’il prendra pour l’avenir. La discussion s’avère difficile mais nous savons qu’il y a des syndicats,   des dizaines de milliers d’adhérents qui veulent que la CGT demeure un syndicat de classe indispensable aux salariés, qui les appelle à l’action, qui coordonne leurs luttes.

 

Chaque jour nous vous informerons du déroulement du congrès, de notre analyse. Retrouvez-nous sur notre site dès lundi.

 

 

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