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23-10-2006

UNIVERSITE : Les recettes du capital

 

Software: Microsoft Office

 

Université Paris Dauphine

Le journal « Les échos » du 16.10.06, nous révèle : « les recettes du Medef » concernant les Universités. Dans la même livraison du journal, nous trouvons celles de « L’institut Montaigne », un « think thank » qui regroupe des théoriciens modernes du capitalisme, dont le président n’est autre que Claude Bébéar du groupe AXA, considéré comme un des parrains du capitalisme. La proposition centrale du Medef est celle de l’autonomie totale des Universités.

 

Cette autonomie doit conduire à une capacité pour les Universités d’être dirigées par des équipes restreintes : « associant universitaires, collectivités publiques, entreprises et personnalités qualifiées, au sein de laquelle le Président d’Université aurait des pouvoirs exécutifs ». En clair, il s’agit de liquider la faible représentation actuelle des personnels et de concentrer les pouvoirs dans une équipe resserrée ayant la confiance des patrons, de l’Etat et des collectivités territoriales. Cette autonomie, devrait conduire les Universités à faire leur propre choix stratégiques, à gérer leur personnel comme des entreprises privées et bien sûr à sélectionner leurs étudiants. Ne parlons pas des droits d’inscriptions qui seraient à la hauteur du « prestige » de chaque établissement. L’institut Montaigne en rajoute une louche, en proposant de créer par regroupement des ensembles d’excellence (20 pour l’Europe et 5 pour la France). Ces ensembles seraient autonomes avec des liens forts avec l’industrie, ce qui veut dire que leur « autonomie » serait surtout une dépendance totale du patronat.

 

Il s’agit affirment les uns et les autres de créer un big-bang dans un système un peu figé. Les hommes politiques ne sont pas en reste puisque Madame Royal propose la régionalisation de l’Université et Monsieur Sarkozy une plus grande autonomie.

 

En fait, toutes ces propositions s’appuient sur les orientations des sommets de Lisbonne et de Rome où la main dans la main Chirac et Jospin, avec son gouvernement de la gauche plurielle, ont donné le feu vert à une politique universitaire et de recherche concurrentielle qui vise à privatiser partiellement au moins le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Mais s’agit-il seulement de recettes ? La réponse est non. Tout ce que préconise le Medef est déjà mis en œuvre. La loi d’orientation des finances publiques (LOLF) votée à droite comme à gauche au parlement permet de mettre en concurrence l’emploi et les moyens de travail. Les pôles de compétitivité à statut privé intègrent des labos publics avec mise à disposition du personnel. Des regroupements sont en cours, ainsi Paris VI, l’école normale supérieure, l’EHESS, Paris Dauphine viennent de constituer une association de droit privé. A qui fera-t-on croire que cette structure de droit privé ne pratiquera pas la sélection des étudiants dans des filières parallèles à celles du droit commun et ne recrutera pas de personnel de droit privé ?

 

Le big-bang a commencé, et ce qui est en jeu c’est la privatisation de l’enseignement supérieur.

 

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