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24-04-2008
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C’est
très grave |
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Le MEDEF, La CFDT et la CGT viennent d’adopter ensemble une « position
commune » sur la représentativité syndicale. Toujours ensemble, ils
demandent au gouvernement de légiférer en ce sens. La loi est en préparation
et le texte sera voté en juin. Sarkozy triomphe :
« cet accord pose les bases d’une réforme en profondeur des relations
sociales… Le dialogue social n’a jamais été aussi constructif ». Cette « position
commune » est une attaque frontale extrêmement dure contre le
syndicalisme que la CGT a toujours porté, un syndicalisme de lutte sans aucune
compromission. Dès le préambule relatif aux critères de représentativité des
organisations syndicales de salariés, le texte avertit : il ne s’agit
plus d’agir sur la société, voire de la transformer mais de prendre acte des
« évolutions actuelles de la société et de ses composantes économiques
et sociales ». Le syndicalisme est vu comme un partenaire dans la
gestion selon les critères capitalistes. C’est l’association capital –
travail. Des avancées
fondamentales obtenues par le mouvement syndical, particulièrement depuis mai
68, disparaissent. C’est le cas d’un acquis très important des luttes de mai
68 qui reconnaissait la section syndicale dans les entreprises et lui donnait
le droit de désigner un délégué syndical dans celles de plus de 50 salariés. La loi qui désigne les
cinq organisations syndicales reconnues nationalement comme représentatives
de façon « irréfragable » devient caduc. La « position
commune » reconnaît, de fait la possibilité pour le patronat, de créer
et de financer des « syndicats » à sa solde à tous les
niveaux, depuis celui de l’entreprise. Aujourd’hui, avec ce
texte, il leur suffira de se dissimuler derrière l’appellation
« autonome » ou « libre », de récolter 10 % aux élections
professionnelles et désigner un délégué syndical pour participer aux
négociations, sans aucune contestation possible. C’est la porte ouverte à
toutes les entraves, aux manœuvres et manipulations les plus diverses.
Par exemple, aujourd’hui, un accord d’entreprise ne peut être inférieur aux
conventions collectives. Ce ne sera plus le cas. La « position
commune », c’est la voie ouverte à la conclusion d’accords qui
remettront en cause les conventions collectives. Nous reviendrons
sur ces questions au fur à mesure que nous disposerons d’informations
nouvelles et plus précises sur la loi et ses décrets. En
attendant et plus que jamais, l’action dans les entreprises est le meilleur
rempart contre ce dénie de démocratie sociale.
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