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DIVERS 25-01-2006 CHIRAC ET LE NUCLEAIRE |
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Le discours de Chirac, le
19 janvier, sur l’armement nucléaire de la France et son utilisation
éventuelle n’est pas le fait du hasard ou même comme le prétendent certains
commentateurs la simple volonté de marquer la fin de son mandat. Il s’inscrit dans le cadre de la féroce
concurrence que se livrent les divers ensembles capitalistes –USA, Europe,
Japon- et les nouveaux venus –Chine, Russie, Brésil, Inde- pour la
conquête du marché mondial. L’argument du terrorisme utilisé par
Jacques Chirac ne résiste pas à un examen sérieux, pas plus que celui utilisé
par Busch pour déclencher la guerre contre l’Irak et envahir ce pays. Vouloir utiliser l’armement nucléaire dans
un tel cas reviendrait à vouloir écraser une mouche avec un marteau pilon. Le but fixé par Chirac aux forces armées,
conventionnelles ou nucléaires, est défini lorsqu’il déclare « Nous
devons disposer
d’une capacité importante à intervenir hors de nos frontières » et encore « la
garantie de nos approvisionnements stratégiques et la défense de pays alliés sont
… des intérêts qu’il convient de protéger ». Cela éclaire d’une autre façon
l’orientation donnée. Celle de la défense du territoire national n’est là que
pour la forme. Le but des forces armées, tel que le conçoit Chirac, est là
pour protéger les intérêts des sociétés capitalistes françaises, européennes
si la confrontation économique doit un jour s’accompagner d’une menace, voire
d’une intervention militaire. Une politique dangereuse. Une telle politique est dangereuse car elle
participe à la course aux armements ; elle justifie, pour de nouveaux
pays, la possession de l’armement nucléaire et ses moyens de le transporter. Faire pour la paix mondiale Ce discours, par la possibilité qu’il offre
de la relance de la course aux armements, au nom de « l’intérêt
stratégique », est un danger supplémentaire pour la paix mondiale. Si le désarmement est évoqué, aucune
proposition concrète, sérieuse, permettant d’avancer dans ce sens, n’est
faite. Enfin on apprend que l’entretien, la
modernisation de l’armement nucléaire coûte 3 milliards d’euros par an.
Certainement bien plus si on y inclut les divers travaux effectués en
particulier dans la recherche militaire (le budget militaire total est de 30
milliards). Au moment où gouvernement et MEDEF
culpabilisent le pays avec le montant de la dette et du coût de son intérêt,
au moment où le gouvernement taille dans les budgets civils utiles à la vie
quotidienne, il faut poser la question de l’utilité de telles dépenses qui ne
bénéficient qu’aux capitalistes et augmentent leurs profits, dans des
proportions scandaleuses (voir Dassault, Thalès, etc). Quelles réactions à
« gauche » ? Sans surprise, si le PCF et les Verts
protestent aujourd’hui contre ce discours, ils ont voté pendant les cinq
années de gouvernement de « gauche plurielle » le budget militaire,
y compris celui de la force de frappe nucléaire. Le PS ? c’est
avec beaucoup de conviction que Laurent Fabius a approuvé le discours de
Chirac. Dominique Strauss-Kahn aussi trouve bien de « faire
évoluer » la technique nucléaire. C’est vrai que, quand on souhaite arriver à
la tête du pays pour gérer le capital, les moyens de cette gestion sont les
mêmes quelle que soit la couleur politique des gestionnaires ! Le capitalisme c’est le surarmement, la
guerre, les profits pour les uns, la mort, la misère, les destructions pour
les peuples. La lutte contre le capitalisme, c’est aussi la lutte pour la
paix.
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