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25-01-2006
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JUSTICE DE CLASSE (suite) |
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Une
information de janvier sur notre site rendait compte d’un arrêt de la Cour de
Cassation qui légalise les licenciements économiques « préventifs »
des patrons face à d’éventuelles difficultés qui seraient liées à des évolutions
technologiques. C’est donc une nouvelle possibilité légale sans limite d’interprétation
pour les patrons de licencier. C’est une nouvelle remise en cause du code du
travail dont les futures éditions, si ça continue, auront une pagination à
peu près aussi importante qu’une BD … ! Cet arrêt, très lourd de
conséquences, ne fait hélas que formaliser une pratique en cours dans les
entreprises depuis longtemps. Et si des jugements et arrêts sont en attente
dans des affaires similaires, des entreprises ont été déjà fermées et des
emplois ont été supprimés en toute impunité depuis des années. L’essentiel de l’argumentation
patronale ne s’encombre même pas des avancées technologiques mais plutôt de
prétextes tout aussi dévoreurs d’emplois : - La nécessité d’un taux
de profit à 2 chiffres pour les actionnaires, - La concentration de
production après le rachat d’entreprises et les « économies
d’échelle », - Le besoin de repasser
une partie de la production à un sous-traitant, - La concentration des
activités sur le « cœur du métier » - La mondialisation, la
compétitivité, etc … - Ou plus crûment la
délocalisation pour aller produire dans un pays où la main d’œuvre n’est
presque plus une « charge ». Bref, tout prétexte est
bon pour satisfaire les appétits du capital qui d’ailleurs n’a pas de limite. Le résultat, on le voit
dans notre pays : l’industrie s’étiole, nous perdons notre indépendance
nationale, notre économie est fragilisée et la France est sur la pente du
déclin, lequel déclin est accentué par la situation sociale découlant du taux
de chômage et des bas salaires que nous subissons. Aujourd’hui les emplois
dans le commerce sont plus nombreux que dans l’industrie. Des activités
entières de cette industrie ont disparu : sidérurgie, navale, textile,
les mines ont fermé, l’automobile a perdu des dizaines de milliers d’emplois,
les raison invoquées sont restées fumeuses ou mensongères. On pourrait demander
pourquoi Michelin a supprimé des emplois par milliers, pourquoi Moulinex a
fermé, pourquoi les chantiers navals de Saint Nazaire ont été vendus … la
liste est longue mais la réponse, au-delà des mensonges, tripotages, est
connue. Ce sont toujours pour des raisons de profit plus élevé que le capital
sacrifie des générations et l’intérêt général ! Mais il est navrant de constater
que cela se fait souvent dans un quasi-consensus de certaines organisations
syndicales qui de fait n’ont pour riposte à proposer aux salariés que la
négociation des reclassements, des primes de départs « plus
élevées » ou des créations d’hypothétiques entreprises à coup de
subventions publiques. Autant de fausses
solutions pour les salariés encore plus désemparés par ces comportements
d’organisations syndicales qui gèrent les sales coups du capital et tellement
« réalistes » qu’elles rendent les salariés fatalistes et sans
capacité de réagir. Pourtant c’est clair, on
le voit tous les jours, la lutte paie même dans des situations présentées
comme irréversibles car ce n’est pas une fatalité. En
tout cas se battre s’est toujours plus sûr que se résigner et comme l’a déjà
écrit « Communistes » c’est plus sûr que la
« justice » !
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