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25-04-2006

Rapport introductif

 

 

 Dans le rapport introductif qu’il a présenté au congrès, Bernard Thibault donne du rejet du CPE une version d’un optimisme sans rivage. La confiance aurait changé de camp, de nouvelles possibilités s’ouvriraient etc… etc…

Analyse fausse. La défaite que vient de subir le gouvernement est sévère et il n’est surtout pas question d’en réduire la portée. Mais où en sommes nous aujourd’hui, à l’instant où B. Thibault lit son texte devant le congrès ? Obligés de manœuvrer en recul, patronat et gouvernement gardent le même objectif qu’ils se sont fixé depuis longtemps : généraliser la précarité et la flexibilité pour tous les salariés. Or, les centrales syndicales, CFDT comme toujours en tête, préparent très discrètement le « dialogue », chacune de leur côté avec le gouvernement et le MEDEF. Chérèque lui-même l’a annoncé publiquement : « évacuons le CPE pour entrer dans le processus de négociations… et l’on a deux mois pour construire quelque chose… » (cité par « Le Monde »). Autrement dit, le CPE évacué, négocions comme nous l’avons fait pour les retraites et la Sécurité Sociale !

Ces manœuvres peuvent être mises en échec. On attend pour cela que la CGT dénonce les agissements des uns et des autres et qu’elle désavoue ces « négociations » bidon qui se déroulent en dehors des salariés et des jeunes et qui se concluent à leurs dépens. Pas de trace de cela dans le rapport de B. Thibault. Au contraire, il constate que « le syndicalisme rassemblé » progresse et qu’on va vers un « syndicalisme d’unité’ . Rassemblé sur quelle base, unité pour faire quoi ?...

Accepter de rencontrer le patronat et le gouvernement pour s’entendre sur la « flexisécurité » c’est accepter d’adapter toute la société française à la casse de notre industrie et à ses pires conséquences. Faire l’union pour en arriver là ce n’est pas ce que veulent les salariés et avec eux les adhérents de la CGT. C’est pourtant, en termes voilés ce que le rapport au congrès leur propose. Il va d’ailleurs beaucoup plus loin et martèle : « l’unification du syndicalisme à l’échelle mondiale est une  absolue nécessité ». En foi de quoi, il demande aux délégués de ratifier la proposition d’adhésion de la CGT à l’organisation syndicale mondiale qui sera créée en novembre prochain  par la CISL et la CMT.

Nous reviendrons demain sur cette question et sur la suite du congrès.

 

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