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25-05-2005

TOTAL : UN RECUL POLITIQUE

DONT IL FAUT MESURER LA PORTEE

 

Qui aurait dit que le groupe TOTAL qui avait déclaré : « TOTAL première entreprise du CAC 40 se doit de montrer l’exemple sur la journée dite de solidarité », aurait été amené à plier face aux salariés en grève ?

Qui aurait dit qu’à proximité du 29 mai, avec un PDG THIERRY DESMAREST signataire avec d’autres PDG d’un appel à voter OUI, TOTAL aurait capitulé sur la question du lundi de pentecôte ?

 

La leçon de solidarité ce sont les salariés dans l’action qui la lui ont donnée. Déjà le 8 avril dans tout le groupe, action de grève à l’appel de la CGT et de la CFDT. Après le 8, l’assemblée générale des syndicats du groupe décide de faire du 16 mai une nouvelle journée d’action dans tout le groupe avec pour la partie du raffinage (6 raffineries dans le groupe), 24 heures reconduites avec arrêt des productions.

Après 6 jours de grève et arrêt complet des installations dans 5 raffineries, le groupe TOTAL avec ses 9 milliards d’Euros de profits pour 2004, ses augmentations de plus de 50% de profits pour le premier trimestre 2005, son annonce le 17 mai (pendant le conflit) d’augmenter de 15% le versement  de dividendes aux actionnaires, a dû capituler face au mécontentement des seuls qui ont créé les richesses, les salariés.

 

Depuis la fusion fin 99 entre TOTALFINA et ELF (redevenu TOTAL aujourd’hui) plus de 6.000 emplois ont été supprimés dans l’activité du groupe. Abandons d’activités de production, fermeture de sites, restructurations permanentes, c’est cela la stratégie du groupe au mépris de la politique sociale et du devenir industriel.

 

Face à cela, avec la CGT, quelle leçon de solidarité ont donné les salariés à ce groupe digne représentant de la puissance financière !

 

Pour TOTAL, la journée de solidarité n’était qu’un prétexte. C’était un positionnement politique dans la ligne du gouvernement et du MEDEF qui, à travers cette mesure, officialisait  une journée de travail gratuit et continuait à rogner une fois de plus les conquêtes sociales obtenues de longue date par nos anciens.

 

LES SUCCES OBTENUS :

Les salariés ne sont pas des moutons, ils n’acceptent pas les notions de fatalité, de résignation.

Leur action a imposé à TOTAL :

*prise en charge du lundi de pentecôte par le groupe TOTAL

*ouverture d’un calendrier de négociations sur les questions d’emplois liées à la sous-traitance, la formation et l’égalité professionnelle, la prévoyance, les créations au soutien d’emplois  ou le soutien dans les bassins industriels dans tout le groupe.

*prise en charge par le groupe de l’augmentation de cotisations Mutuelle.

* paiement des heures de grève locales dès le samedi matin  avec dans un premier temps création de 20 emplois supplémentaires sur plusieurs sites

Ces résultats augurent du rapport de force qui se construit dans le groupe et qui doit permettre de peser fortement dans les négociations sociales à venir.

 

L’histoire du mouvement ouvrier en France a marqué de son empreinte la conscience populaire, il en reste encore aujourd’hui les bases. Le syndicalisme dont on a besoin aujourd’hui dans la société actuelle est un syndicalisme de lutte de classe, de classe et de masse, qui porte en lui les idéaux de changement de société. Agissons plus fortement comme chez TOTAL, l’employeur capitaliste reculera. 

Celles et ceux qui portent cette démarche l’ont compris, les 15 adhésions de jeunes à la CGT dans le contexte de l’action sur le site de Gonfreville l’ont également compris. C’est porteur d’espoir pour l’avenir, pour le syndicalisme qui rejette le réformisme et qui lutte.

A nous tous d’en tirer les enseignements. L’avenir appartient à ceux qui luttent contre le capitalisme. Ne perdons jamais de vue d’où nous venons, là ou nous sommes et vers où nous voulons aller. 

 

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