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25-09-2007
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« Autonomie »
des Universités, danger ! |
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Après
la loi dite de « l’autonomie des universités », la création de
l’agence d’évaluation de la recherche, de l’agence nationale de la recherche,
des pôles de compétitivité, des pôles de recherche et d’enseignement
supérieur (rien que ça !), tout est désormais en ordre de marche pour
que la recherche et l’enseignement supérieur français participent pleinement
à la compétition capitaliste mondialisée. Dans son plan stratégique
« horizon 2020 » le CNRS ne dit pas autre chose lorsqu’il
affirme : « Portée initialement par une vision de stratégie
nationale, la recherche est devenue un outil majeur du nouvel ordre du monde,
fait de coopération et de concurrence scientifique économique et culturelle ». Ce rapport de la
recherche à l’ordre économique et social du capital n’est évidemment pas une
nouveauté, en ce que la recherche participe au mouvement du développement des
forces productives. Affirmer à tout bout de champ son autonomie de la sphère
sociale et productive revient à masquer les enjeux de classe qui s’y jouent.
Alors que l’activité de recherche a besoin de liberté et qu’elle devrait se
développer suivant des logiques qui lui sont propres, les forces sociales
dominantes l’organisent à leur profit et entendent encadrer et
contrôler étroitement le développement des connaissances. En investissant
l’enseignement supérieur par des chaires et des contrats qu’elles financent,
les grandes entreprises cherchent à imposer leurs priorités de
recherche: celles qui leur sont nécessaires pour s’assurer une place dominante
dans la compétition capitaliste mondialisée. Leurs exigences sont si fortes
qu’elles entrent parfois directement en conflit avec les logiques propres à
la recherche. Ainsi, récemment, le journal « Les Echos » a rapporté
l’inquiétude des Universitaires américains de Berkeley (une des grandes
Universités publiques US) face à la pénétration des intérêts pétroliers dans
le financement de leur Université et leur crainte que soit mises sous le
boisseau les recherches dans le domaine social qui gênent ces compagnies
pétrolières. L’enjeu
de la liberté de recherche n’est donc pas un simple jouet pour des
intellectuels isolés de la réalité sociale, il est fondamental. Mais ne pas
voir que l’expression de cette liberté demande une transformation radicale
des rapports sociaux, c’est au bilan renoncer à combattre les causes réelles
qui asservissent la recherche.
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