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26-04-2006
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CONTRE LE CHOMAGE, L'EMPLOI ! |
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La
bataille contre le CPE a mis en évidence les conditions d'emploi des
jeunes basées sur la précarité et la flexibilité. Ce CPE, comme son frère
jumeau le CNE, était une attaque de plus contre le code du travail. Certes
cette bataille s'est terminée par une victoire et un rejet massif par les
jeunes et les salariés de cette précarité normalisée. Mais saisissant
l'occasion les partis politiques relayés par les médias et les partenaires
sociaux "responsables" ont entamé pendant ce débat contre le CPE
une campagne s'attaquant à l'emploi à vie, la sécurité de l'emploi, les CDI
etc… Bien sûr chacun y va de son exemple, de son idée, de son originalité,
mais que ce soit de façon brutale ou rassurante, l'ensemble concourt à faire
rentrer dans les têtes que l'emploi est aujourd'hui devenu volatil et
fragile. C'est la modernité d'être flexible et précaire. Et si les délocalisations
sont un moyen pour le capital de faire baisser le coût de la force du
travail, la précarité et la flexibilité du salariat sont d'autres moyens. Que ce discours sur la
flexisécurité soit celui de Chirac, de la droite, du MEDEF et de ceux qui
sont en mal de gouverner rien de surprenant. Mais lorsque les organisations
syndicales s'y mettent, cela devient dangereux pour le salariat. Plus grave,
quand la CGT amène la sécurité sociale professionnelle comme étant sa
revendication prioritaire on est encore plus inquiet sur les orientations de
la confédération. Car enfin ce parcours
professionnel sécurisé est dangereux à plus d'un titre. D'abord il renforce
cette idée que l'emploi n'est plus stable et que les licenciements et les
fermetures d'entreprises sont une fatalité contre laquelle on ne peut rien
sauf à s'adapter vaille que vaille. On masque ainsi la responsabilité du
capital qui casse pour réaliser des profits immédiats et maximums. Ensuite on admet la
disparition de pans entiers de nos industries et avec elle la perte d'emplois
qualifiés, la perte de savoir faire. La conséquence logique serait la perte
de notre indépendance nationale. Il ne s'agit pas là d'un obscur nationalisme
ni de chauvinisme. Car nous serions à la merci de lobbies capitalistes
multinationaux qui imposeraient leurs dictats. Nous subirions leur loi! En
cela la proposition de re-nationalisation de nos industries vitales contenue
dans notre document préparatoire au congrès prend tout son sens. Enfin la dernière grande
question que pose cette sécurité professionnelle est celle de sa prise en
charge financière. Qui paierait? A qui? Et dans quelles conditions? On peut
croire le MEDEF quand il proclame qu’il ne veut pas payer. Il n'y a donc plus
qu'une autre alternative soit l'état (le contribuable) soit le salarié (par
une nouvelle cotisation sociale). Vous l'aurez compris nous devrions payer
encore une fois pour permettre aux patrons de continuer à délocaliser
et à licencier, bref à nous priver d’emploi. Il est donc clair que
tous les "traitements sociaux" des suppressions d'emplois ne sont
que pansements sur une jambe de bois. Il faut sortir de cette
situation où le politique se plie aux ordres de l'économique c’est-à-dire aux
capitalistes. Il faut que l'état ait une politique de reconstruction de notre
industrie. Là nous posons le problème d'un changement de société au
service des citoyens et non d'une alternance sans avenir qui nous entraîne
vers le déclin.
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