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27-01-2009

Sarkozy est clair : la recherche et l’enseignement supérieur au service du Capital

Depuis de nombreuses années les sociaux-démocrates et les partis de droite travaillent à soumettre la recherche et l’enseignement supérieur au Capital.

 

 Sarkozy a accéléré les opérations et n’est pas loin d’y parvenir. Il s’appuie maintenant sur la crise financière et économique pour justifier une nouvelle accélération du processus (voir le site web de l’Elysée). Le système de recherche et d’enseignement supérieur construit depuis la libération est en cours de liquidation. Les Organismes de recherche comme le CNRS et L’INSERM perdent leurs prérogatives et une grande part de leurs moyens (évaluation par des instances issues de la communauté scientifique, financement partiel de la recherche, gestion des équipes et des personnels) qui permettaient d’avoir une cohérence nationale de la recherche tout en préservant une grande part de liberté de recherche. Il restera les sigles CNRS et INSERM qui regrouperont des agences contrôlées par le pouvoir politique et qui distribueront du fric pour orienter les travaux des équipes (qu’elles ne gèreront plus) vers « l’innovation », c'est-à-dire la recherche commercialisable. Sarkozy et ses courtisans ne se cachent pas : la recherche doit avant tout répondre aux besoins des entreprises pour améliorer leurs profits. La communauté scientifique et notamment les personnels ne doivent plus mettre leur nez dans le pilotage de la recherche. Les personnels sont vraiment insupportables de vouloir soutenir une recherche fondamentale à long terme dans tous les secteurs et en plus, ils veulent que la recherche essaie de répondre aux besoins sociaux !! Pour mettre les hommes et les femmes en situation d’asservissement et essayer d’écraser les velléités de résistance, c’est l’explosion des emplois de non titulaires et de courte durée alors que le nombre des emplois de titulaires diminue. Il n’y a guère de doute sur la volonté de Sarkozy et de ses supports parmi les forces politiques comme parmi les mandarins du milieu scientifique de mettre en extinction le statut des fonctionnaires chercheurs à temps plein et de ne recruter sur postes stables que vers 40 ans.

 

La loi LRU (Loi sur les Responsabilités des Universités) est l’axe de la restructuration du système. Les Universités deviennent autonomes et doivent tout gérer maintenant (personnels, bâtiments, enseignement et bientôt la plupart des équipes de recherche, IUT, …) sans que le gouvernement leur en donne les moyens, y compris à la dizaine de sites universitaires qui vont devenir les grands campus regroupant l’essentiel du potentiel de recherche publique. Pour faire face à cette autonomie, les Universités devront trouver d’autres financements. Elles devront donc se tourner vers les collectivités territoriales et les entreprises pour trouver de l’argent. Elles devront essayer en matière de recherche et de formation de répondre aux demandes des entreprises. Les IUFM (Institut Universitaires de Formation des Maîtres) tournés vers la pédagogie sont remplacés par des masters dont le contenu sera sans doute moins tourné vers la pédagogie et plus vers les objectifs du gouvernement. Pour réduire les dépenses, les Universités, quel que soit l’orientation de leurs directions, devront embaucher toujours plus de non titulaires et optimiser l’exploitation des titulaires avec la modulation des services qui va aboutir à ce que de moins en moins d’enseignants chercheurs fassent de la recherche.

 

Ainsi les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur vont être dans la même situation que les personnels du privé. Face à cette politique et à la crise, il n’y a pas d’autre alternative que la lutte. Des voix plus nombreuses se lèvent qui commencent à constituer un début de riposte à la politique du pouvoir et du capital.

                                      

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