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27-03-2008
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Profits en hausse et crise financière : les deux faces d’une même pièce |
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97 milliards
d’euros de profit pour les 40 plus grandes entreprises françaises cotées en
bourse, soit plus 5% par rapport à 2006, les profits continuent d’augmenter
années après années. Et encore il ne s’agit là que de la partie visible des
profits réels. Pour se faire une idée plus exacte des profits il faut y
ajouter notamment la trésorerie immédiatement disponible – 5 milliards pour
Air France, 1,221 milliard pour Casino, etc, etc- les désendettements
massifs, sans oublier les salaires patronaux, 6 millions d’euros en moyenne -
plus 40%- en un an. Une
très bonne année pour le capital, pas pour les salariés. Dans
le même temps, ce n’est pas contradictoire, une crise financière la plus
grave depuis 1945 d’après l’ancien président de
la banque centrale américaine secoue la planète. Avec comme origine la
spéculation sur l’immobilier aux Etats-Unis. Elle atteint des sommes
énormes : 268 milliards de dollars à ce jour sans que personne ne soit
capable de dire jusqu’où cela ira. Certains experts parlent de 2500 milliards
de dollars. Pour éviter la faillite du système bancaire, les gouvernements et
les banques centrales interviennent massivement. En août 2007 elles ont
injecté 330 milliards d’euros, la banque centrale européenne vient de
renouveler l’opération avec 60 milliards la semaine dernière. Le gouvernement
anglais nationalise une banque en faillite, l’américain dans les faits agit
de même, tout en laissant filer sa monnaie. Les états au service du capital
volent à son secours, tandis que le directeur du FMI, le socialiste Strauss-kahn
trouve que les gouvernements et banques centrales ont bien réagi. La
destruction des richesses par le capitalisme atteint des sommets. Pour
le capital ce sont les salariés et les peuples qui doivent payer l’addition. Pour
le capital, il n’est pas question de changer. Au contraire il lui faut sans
les meilleurs délais rattraper ses pertes. D’où la flambée spéculative sur
toutes les matières premières, pétrole en tête, mais aussi sur les produits
alimentaires. Avec comme conséquence des émeutes de la faim dans les pays
africains, frappés depuis longtemps par la misère. En
France un dirigeant de Natixis, qui a perdu 500 millions d’euros aux
Etats-Unis, déclare : il faut avoir le courage de soutenir que la
part des salaires doit baisser pendant quelques années, afin de permettre aux
entreprises d’investir. D’investir ou de continuer à spéculer ? Et
la banque d’annoncer 1000 suppressions d’emplois, toujours pour retrouver
plus vite le chemin du profit. Il en est de même partout, les annonces de
délocalisations, de suppressions d’emplois sont annoncées tous les jours. Le
gouvernement annonce haut et fort qu’il va continuer
ses « réformes » pour adapter la société française aux besoins et
aux exigences du capital. Protection sociale, retraite, code du travail
doivent être passés à la moulinette patronale. A l’exigence d’augmentation
des salaires et des retraites, il répond par une fin de non-r. Aux salariés
il ne propose, en accord avec le patronat, que l’intéressement ou la
participation, dont le patronat est le seul à décider du montant selon son
bon vouloir, en plus exonérés de cotisations sociales. Il
poursuit la diminution des effectifs dans la fonction publique, dans
l’éducation nationale alors qu’un effort exceptionnel devrait y être porté
pour l’éducation et la formation de tous les jeunes. Pour continuer les cadeaux
sociaux (32 milliards d’euros) et fiscaux au patronat, il va sabrer dans les
dépenses du budget utiles à la vie de tous, hôpitaux, routes, logements. Une
seule riposte, l’action unie de tous ceux qui sont victimes de cette
politique. C’est
ce que font tous ceux qui agissent et gagnent des augmentations de salaires, ceux qui agissent pour leur
emploi, les retraités qui manifestent, les enseignants, tous ceux qui
refusent l’avenir que veut leur imposer le capitalisme. En
Europe, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les luttes s’y
développent en Allemagne, en Grèce, en Angleterre, en Roumanie. Dans l’Europe
du capital, les salariés agissent pour leurs revendications.
http://www.sitecommunistes.org
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