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26-04-2006 48ème… UN CONGRES CGT FEUTRE |
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Tout
congrès a pour objectif de conforter, de modifier et même de contredire une
proposition d’orientation. Les débats préparatoires à ce 48ème congrès ont
montré de sérieuses réserves et même de très fortes critiques sur le document
d’orientation, notamment sur la finalité du syndicalisme et sur la
centralisation et la répartition des cotisations qui abandonnent « le fédéralisme »
comme fonctionnement de la CGT. Concernant la désignation des délégués soulignons
que sur 1001 délégués inscrits, 72 % participent à leur premier congrès confédéral. Le texte d’orientation proposé au congrès a été
présenté par Maryse Dumas. C’est bien sûr la reprise du document soumis aux
syndicats, avec quelques arguments supplémentaires qui accentuent la rupture
avec le syndicalisme de lutte de classe que représentait la CGT seule dans le
pays. Une CGT qui a permis d’écrire les plus grandes pages de l’histoire du
mouvement social en France et a contribué au développement du syndicalisme en
Europe et dans le monde. La CGT est en train de rejoindre le camp des réformistes.
Pour cela elle met en avant le syndicalisme rassemblé et pire encore, le
syndicalisme globalisé comme le propose Maryse Dumas dans son
intervention. Avec un tel objectif, la question de l’unité ne se pose plus en
terme de rapport de forces, mais comme un but à atteindre, en quelque sorte
une fin en soi. Posé de cette façon, il est juste de se demander dans quel
but. Malheureusement, celui-ci est très clair. Refuser de se battre contre la
stratégie anti-sociale et économique du capitalisme, c’est faire le choix de
s’y adapter. Nous sommes habitués à cette démarche avec les
autres confédérations, nous en voyons les conséquences pour le monde du
travail. Demain, c’est tous en chœur qu’ils négocieront sur
ce que le capitalisme accepte de céder et non sur nos véritables
revendications. On ne peut que craindre les prétendues négociations pour
remplacer le CPE. Une décision de congrès est un acte important ,
mais l’action de dizaines de milliers de syndicalistes dans leur entreprise
avec leur syndicat CGT, ancrée sur des conceptions de classes, peut modifier
beaucoup de choses.
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