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27-04-2006
Le
CPE est mort mais l’objectif politique demeure
Le
CPE est-il une initiative française ? Pour son appellation certainement. Pour ce qui est
de l’objectif politique, non. Nous vivons à l’heure de la construction de l’Europe
du capital, regardons si quelque chose de similaire existe déjà en Europe. Là,
bingo !
Ce
qu’il convient de chercher dans d’autre pays européens, c’est la mise en place
de la flexibilité tous azimuts. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et certains
pays comme l’Allemagne ou l’Italie, ont pris de l’avance.
En
Allemagne, la réforme
du marché du travail permet la flexibilisation sans limite, notamment pour les
jeunes sortant des études. Une jeune femme de moins de trente ans nous explique
« Après plusieurs mois sans travail, je ne perçois qu’une « aide » de 350 euros par
mois et je deviens Harz IV ». Terrible expression passée dans le langage
courant en particulier chez les jeunes.
Ce
terme signifie que l’on tombe sous l’application de la réforme qui raccourcit
le délai d’indemnisation pleine et entière.
Cette
jeune femme se trouve donc dans l’obligation d’accepter les fameux jobs rémunérés
1 euro de l’heure par les municipalités. Ces euros s’ajoutant au 350 euros
mensuels. Superbe machine à flexibiliser.
En
Italie, la recette
apparaît différente pour un même résultat, qui frappe les jeunes. Une jeune
femme, là aussi nous dit la situation dans laquelle elle se trouve. « Je n’ai
pas réussi à trouver un vrai contrat de travail, j’ai été obligée d’accepter
ces contrats souples » et d’ajouter « Ce qui m’inquiète le plus, ce
n’est pas tant la possibilité d’être
renvoyée du jour au lendemain, que le fait de ne pouvoir cotiser socialement ».
Il
est un fait, que si cette jeune femme voulait avoir un enfant, elle ne serait
pas indemnisée.
Ce
type de contrat s’étend de plus en plus. En 2004, 70 % des postes créés l’ont été
sous la forme de temps partiels ou dans cette forme précaire.
Comme
on peut le vérifier, le CPE est avant tout un acte politique réfléchi
correspondant au besoin des entreprises, donc du capital.
Les
négociations qui doivent avoir lieu en France, exigent que nous restions extrêmement
vigilants car ce qui va être
proposé ne sera pas politiquement différent du CPE, seule la présentation différera.
Madame
Parizot, patronne du Medef, a compris que certain mot ne passerait pas. Pas de souci,
elle ne parle plus de précarité mais de « séparabilité ». Vous verrez
que ce terme jamais utilisé à ce jour, va revenir régulièrement dans les médias
et dans les discours.
Prenons
garde, cette expression de Madame Parizot n’est pas anodine, d’ailleurs, elle l’explique
elle-même. « Il faut absolument réfléchir à ce que j’ai appelé la séparabilité,
car aujourd’hui en France il est très difficile, voire très douloureux, de se séparer,
pour l’employeur et pour le salarié ».
Et
de proposer, « Ne devrait-on pas inventer un mode de séparation par
consentement mutuel, comme pour le divorce depuis 1975, avec des indemnités intéressantes
pour le salarié, mais prévisible pour l’employeur ».
Nous
voila prévenu. C’est peut-être ce que certains appellent la sécurisation du
parcours professionnel, la flexi-sécurité ou même la sécurité sociale
professionnelle.
En
tout état de cause, sous les vocables quels qu’ils soient se cache des
objectifs non avoués.
A
nous de réagir, de nous faire entendre, de nous mobiliser comme pour le CPE. C’est
possible, nous l’avons déjà fait.
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