Software: Microsoft Office

      Software: Microsoft Office

 

 

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

27-09-2006

L’UNEDIC LIVREE AU MEDEF

Les chômeurs, nouvelle source de profits pour les entrprises

 

 

Des dizaines de millions de chômeurs en France, en Europe et dans le monde, c’est un marché très prometteur que se disputent les entreprises spécialisées dans leur «  reclassement ».

 

En 2005, le gouvernement a fait voter au parlement la loi dite de cohésion sociale. Suivant cette loi le service public de l’ANPE perd le monopole de l’accompagnement des chômeurs dans la recherche d’un emploi. Désormais l’UNEDIC organisme  public qui gère l’assurance chômage  fait appel à des entreprises privées.

 

Dès le vote de cette loi, l’UNEDIC a  confié à trois entreprises ( deux entreprises françaises et une entreprise Australienne qui s’est installée à Lille en 2005), l’accompagnement et le reclassement de 7.000 chômeurs.

 

Le prix : L’ANPE débourse en moyenne 700 euros par chômeurs

                Ingeus, l’entreprise australienne facture 4.300 euros par chômeur, soit 3.600 euros de plus. La CFDT approuve ! « Il est normal que les entreprises qui offrent des prestations supérieures soient mieux rémunérées » déclare Anne THOMAS  présidente de l’UNEDIC Anne THOMAS et secrétaire nationale de la CFDT.

 

Prestations supérieures ? Selon une note interne de l’ANPE, le taux de reclassement des opérateurs privés ne dépasse pas 35%  soit un taux comparable aux résultats de l’ANPE. Ajoutons que ces entreprises ne s’occupent pas des chômeurs de longue durée mais des salariés qui viennent de s’inscrire à l’ANPE, ou des chômeurs « présentant un risque de chômage de longue durée ».

 

Carole Tuchszirer, économiste à  Ires (Institut de recherches économiques et sociales) explique : « Les opérateurs sélectionnés par l’UNEDIC sont ceux qui dominent le marché du reclassement. Or, après un an de prise en charge par ces cellules de reclassement, la DARES (Direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques) a montré que seuls 32% à 36% des salariés licenciés retrouvent un CDI ou un CDD de plus de six mois. Globalement la transition vers l’emploi stable est denrée rare ».

 

Lise, une chômeuse de 32 ans raconte : « au chômage depuis quatre mois, j’ai été contactée par Ingeus. Jusque là je n’avais pas eu besoin  d’aide extérieure mais je me suis dit, pourquoi pas ? Le premier contact était très sympa, souriant…Après les rendez-vous rapprochés mettent une pression sur le chômeur…Le conseiller a essayé de me repositionner sur des offres pour de petits contrats. C’était fait assez finement, c’était « en attendant, il fallait prendre ce qu’il y avait ». En fait c’était pour me sortir le plus vite du dispositif. Derrière tout ça il y a un enjeu financier, je trouve que c’est malsain de faire de l’argent sur les chômeurs…Je savais que Ingeus allait être payé davantage si  je retrouvais un emploi… ».

 

Aujourd’hui, l’UNEDIC a sélectionné 17 nouvelles entreprises françaises et européennes pour accompagner les chômeurs. 168 millions d’euros c’est le budget que l’UNEDIC propose à ces entreprises pour reclasser 46.000 chômeurs. 168 millions d’euros payés par les contribuables, donc par les salariés et les chômeurs eux-mêmes.

 

Le MEDEF applaudit.

 

Le capitalisme et tous ceux qui le soutiennent jettent au chômage des millions de salariés et ils s’entendent à merveille pour augmenter leurs profits y compris sur le dos des chômeurs. L’exploitation capitaliste est sans limite. Les exploiteurs ne connaissent  de limite que celle qui leur est imposée par la lutte des travailleurs.

 

Il n’y a  décidément que la lutte qui peut les faire reculer. 

 

Recommander cet article à un(e) ami(e)

 

 Haut de Page

 

http://www.sitecommunistes.org