Software: Microsoft Office

     

 

 

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

29-11-2006

CAEN – BLAINVILLE

Renault Trucks : Tout pour le profit 

 

 

 

Depuis plusieurs jours, les usines de fabrication de camions de Renault Trucks à Caen- Blainville tournent au ralenti.

 

La raison: un problème informatique chez Arwin Méritor, un fournisseur.

Délais de réparation… 4 à 6 semaines.

 

Cette société de fonderie fabrique les ponts pour les camions, Renault l’a vendue à l’américain Arwin Monitor… il y a deux ans. Dans cette entreprise, la Direction installe 20 caméras pour surveiller les 400 salariés, répression syndicale contre la CGT, les pressions sont telles que 25% du personnel est absent chaque jour pour maladie… Derrière le bogue informatique se cache donc une autre réalité.  Renault Trucks n’est plus un constructeur de camions mais un assembleur de pièces. Depuis une dizaine d’années, l’orientation de l’entreprise tend vers une spécialisation du site de Blainville: la fabrication exclusive de cabines,  fini le montage. Le bogue informatique n’est-il pas de précipiter cette stratégie et de faire de Blainville un équipementier  cabines uniquement?…

 

Après avoir cédé le secteur moteur, les boîtes de vitesses, sous traité la logistique, vendu les ponts, mis en place une politique de stocks mini, de flux tendus, la direction recherche un acheteur pour céder les faisceaux et d’autres secteurs « qui ne sont pas le cœur du métier » comme elle dit. Salaires écrasés chez le constructeur et les sous-traitants… De nouvelles mesures sont en route, délocalisation vers la Pologne, la Chine, pression à la baisse sur les achats, pressant encore plus les sous traitants, baisse des investissements, augmentation des cadences, 120 cabines il y a 6 mois, 320 aujourd’hui… Des maladies professionnelles, comme les troubles musculaires squelettiques qui apparaissaient à 50 ans, apparaissent aujourd’hui dès 30 ans.

 

Obtenir toujours plus, en peu de temps.

Tous ces objectifs convergent vers un même but: le profit. Satisfaire l’actionnaire en Volvo ne regardant que la progression de la rentabilité, vers +6% en 2006   (excusez du peu).

 

Les dirigeants déclaraient récemment : « 2005 a été une bonne année, 2006 sera une année exceptionnelle ».

 

Une des leçons à tirer de cette panne, c’est la mise en place d’une flexibilité, d’une tentative de maniabilité des salariés s’appuyant sur les accords des 35h et de la RTT. N’est-ce pas la ministre socialiste, Martine Aubry, qui avait conseillé au patronat de mieux lire les textes sur la réduction du temps de travail ?. Chez Renault Trucks, le message avait été reçu 5 sur 5, mais rejeté à plus de 85% par le vote des salariés.

 

L’entreprise utilise les salariés comme des pions, 800 intérimaires jetés comme des kleenex. Elle aménage la production en fonction des approvisionnements, des commandes.

 

Cela se fait « démocratiquement » en consultant les organisations syndicales, chaque jour le comité d’entreprise se réunit pour faire le point de la situation. Travail… pas travail …

 

Véritables partenaires sociaux d’un syndicalisme d’accompagnement des décisions patronales, ils participent ainsi à cette tentative de modeler des salariés, de les rendre corvéables à merci.

 

Aux partenaires sociaux, s’ajoutent les partenaires institutionnels : CCI, communauté d’agglomérations Caen la Mer, Conseil Général, Conseil régional, Etat, Union Européenne mettent la main à la poche (des contribuables) pour investir 18 millions d’€ de 2004 à 2006 et mettent 28 millions d’€ pour 2007.

 

Droite, gauche, ensemble, amis du patronat, ils transfèrent des fonds publics au privé…

 

Ils rachètent des bâtiments, les rénovent en fonction des « besoins d’avenir » : l’installation des fournisseurs de proximité, réhabilitation des secteurs comme les faisceaux et la câblerie que Renault Trucks cherche à vendre … ou à délocaliser.

 

Un journal du Calvados concluait dans un article récent : « Renault Trucks n’aura pas à supporter financièrement la nécessaire rénovation des bâtiments pouvant ainsi concentrer toutes ses capacités d’investissement dans l’évolution industrielle ».

 

Gouvernement, droite, on le savait, et gauche plurielle pour ceux qui avaient encore des illusions, montrent qu’ils ne s’attaquent pas au capital, mais l’accompagnent, l’aident activement dans sa course au profit.

 

Face à la gravité de la situation, il est urgent de se défendre, en développant les luttes maintenant, en faisant échec au CPE, les salariés, les étudiants ont montré qu’il est possible de faire reculer gouvernement et patronat même si certaines forces syndicales traînent les pieds. Et sur un plan politique « Communistes »  propose la nationalisation des moyens de production, ils appartiennent à la nation, à ceux qui créent les richesses.

 

Les salariés ont la possibilité de manifester avec force leur exigence d’une autre politique :

 

* En renforçant Communistes, le parti anticapitaliste.

 

* En utilisant un bulletin de vote Communistes.

 

Recommander cet article à un(e) ami(e)

 

 Haut de Page

 

http://www.sitecommunistes.org