30-03-2006
2005
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PROFIT
DES ENTREPRISES DU CAC 40 :
84 MILLIARS D’EUROS (+ 30 %)
- 1.112.000 Rmistes (+ 5 %)
C’est bien connu. Quand la pauvreté progresse dans la société, les
profits du capital explosent.
Après plusieurs années de hausse, ceux de 2005 battent tous les
records. Total, avec 12 milliards, est le champion ; Danone, avec une
augmentation de 215,5 % de son profit, tire tous les bénéfices de la fermeture
de ses entreprises en France (Lu) et de la délocalisation de sa fabrication
dans les pays à bas salaire, laissant à la collectivité la charge des chômeurs
et des Rmistes.
Les bénéfices du CAC 40 ont augmenté de 30 % mais l’impôt sur les
sociétés seulement de 4,3 %, sans compter l’ensemble des allègements fiscaux et
sociaux.
On nous explique que ces profits ont été réalisés pour l’essentiel à
l’étranger. C’est à la fois vrai et faux. Mais ce qui est certain c’est que ces
profits sont le résultat de l’exploitation capitaliste des hommes et cela
quelle que soit la couleur de leur peau et leur nationalité.
Dans un article paru dans « Les Echos », journal du patronat,
un journaliste écrit : « Les entreprises du CAC 40 et d’autres ont
résolu, ponctuellement, la quadrature du cercle : ramener le coût du travail au niveau où il se
situe dans l’Europe de l’Est ». Comment ont-elles pratiqué ? Tout simplement en utilisant les
800.000 stagiaires qui passent par an dans les entreprises et qui fournissent
un travail gratuit ou pratiquement gratuit.
Tassement du salaire direct et du salaire socialisé (Sécurité Sociale,
Retraite), remplacement de plus en plus fréquent du salaire par des primes
fixées par l’entreprise (non soumises aux contributions sociales), écrasement
des prix payés aux fournisseurs
(Renault exige une baisse de 14 %, Peugeot et les autres font de même),
augmentation de la productivité, etc …
Quant aux profits réalisés à l’étranger, ils ne bénéficient ni au
travailleur roumain de DACIA (filiale de Renault), payé entre 2 et 3 € de l’heure, ni à l’ingénieur hindou
payé 32.800 €, les cotisations sociales comprises contre 60.000 en France (sans
les cotisations).
Dans ces conditions, les dividendes versés explosent. En moyenne 30 %,
avec des pointes à 40 %, pour AXA, 85 % pour Arcelor, 36 % pour la Société
Générale.
Dans le même temps, l’augmentation générale des salaires tourne autour
de 1,3 à 1,6 %. La vieille formule de l’association capital-travail est remise
en route sous la forme de l’intéressement ou de la participation, voire de
l’actionnariat. Ainsi Total va verser 79 millions (sur 12 milliards), Renault
184 millions (sur 3,4 milliards).
Un cheval, une alouette en regard de ce que vont toucher les actionnaires.
Les luttes de la jeunesse et des salariés contre le CPE viennent se
heurter à la volonté du patronat de bénéficier d’une main d’œuvre sans cesse
plus flexible, dépourvue de droits et toujours plus mal payés.
Luttes d’autant plus nécessaires que le capital exige toujours plus de
profits.