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30-10-2007

METALLURGIE :

UNE INDUSTRIE EN PERIL

 

 

Peugeot, 7 à 8.000 suppressions d’emplois, EADS 10 000, 6 à 7 000 chez les équipementiers de l’automobile, sans compter les milliers d’autre dans les entreprises petites ou moyennes tel est le tableau en 2007.   

Après la quasi-disparition de la sidérurgie, de la navale, de la machine-outil et des biens d’équipements, des coupes sombres dans l’automobile et les sous-traitants, c’est bien de la question de la survie de cette branche d’industrie qui est posée.

 

LE PATRONAT LIQUIDE LES FABRICATIONS EN FRANCE ET DONC L’EMPLOI.

 

Les effectifs vont continuer à baisser… soit plusieurs milliers d’emplois en moins par an en Europe occidentale (C.Streiff, PDG de Peugeot).        

Le capitalisme français a toujours préféré la finance et la spéculation au développement de l’industrie. La concurrence capitaliste effrénée dans la mondialisation accentue cette tendance. Les plans Renault 2009, Peugeot Cap 2010, Power 8 d’EADS, visent tous le même objectif : réduire les coûts de production pour assurer des profits toujours plus grands, des dividendes plus juteux pour les actionnaires. Toute une batterie de mesures est mise en œuvre : productivité sans cesse plus intense, pression sur les fournisseurs, délocalisation vers les pays à bas salaires : Pologne, Slovaquie, Roumanie, Turquie, Maroc. Ils imposent à leurs fournisseurs de les suivre dans ces pays. Ils réimportent des voitures en France sans que le client y trouve son compte. En même temps, ils abandonnent le marché national : les marques françaises d’automobiles qui faisaient 80% du marché dans les années 1980 ne représentent plus que 40% aujourd’hui et ils investissent massivement à l’international. Pour eux, seuls comptent la Chine, l’Inde, la Russie, l’Amérique du Sud, nouveaux marchés où ils comptent faire l’essentiel de leurs profits.

 

Recherche & développement sans industrialisation

Ce n’est pas seulement la production qu’ils transfèrent, c’est aussi la recherche et le développement. Renault a ainsi créé quatre technocentres avec 3 100 emplois et le projet de les porter à 5 700 en 2009. Pareil pour EADS qui vend ses usines d’Europe pour aller s’implanter en Chine et en Inde, imposant à l’un de ses sous-traitants Aéroconseil de le suivre. Il entend réaliser 10% de son activité d’ingénierie en Inde et demande à ses prestataires d’en faire autant. Cela a des répercutions sur l’ensemble de l’industrie. Michelin annonce des diminutions d’effectifs dans les usines en France dans la mesure où il a moins de pneus à fournir. De même dans les plastics, les glaces, etc… etc…. C’est l’ensemble du tissu industriel qui est en danger.

Je veux une entreprise sans usines (S.Tchuruk ex PDG d’Alcatel)

Patronat et gouvernements successifs présentent comme la solution de spécialiser la France dans la recherche. Pour cela l’état, les collectivités locales versent des milliards au patronat. Des recherches aboutissent, mais il n’y a pas de créations d’emplois.

 

C’est l’ensemble du tissu industriel qui est en danger.

La loi de rentabilité financière programme le recul industriel du pays, des centaines de milliers d’emplois sont sacrifiés. Le secteur industriel d’Etat a été massacré à la hache au profit du privé. De 2 400 000 emplois en 1985 il est passé à 900 000. Ce secteur public représente aujourd’hui moins de 4% de l’emploi salarié industriel.  

 

Avec cette politique c’est l’ensemble de l’activité et de la vie du pays qui est mis en cause.

Elle est directement responsable, du chômage qui plonge des régions entières dans la misère et le désespoir, des bas salaires, des déficits des régimes sociaux. Ces déficits ont commencé à se creuser avec les premières suppressions d’emplois dans les années 1975. Ils ont continué au fur et à mesures des fermetures d’entreprises pour atteindre les chiffres actuels. Le responsable, le capital, présente la note aux salariés tout en continuant à bénéficier des cadeaux sur les cotisations sociales (32 milliards en 2008) et fiscales. 

C’est dans la production que se créer les richesses d’un pays et seulement là. La réduire, c’est mettre à mal l’ensemble de la société, mis à part la petite partie des profiteurs.

Cette politique est aussi responsable du déficit de la balance des paiements. Tout ce qui vient de l’étranger pour être vendu en France est normalement compté comme une importation. C’est ainsi que le déficit du commerce extérieur – 30 milliards € en 2007- est pour plus de la moitié réalisé avec les pays européens qui ne nous vendent pas de pétrole, mais des voitures et des composants qui pourraient être fabriqués ici.

Au diable l’intérêt national, seul compte le profit et les dividendes versés aux actionnaires.         

Nous ne sommes pas pour un repli frileux à l’intérieur des frontières. Chaque peuple a droit à son développement. La France peut et doit y contribuer. Nous sommes pour des coopérations, sur une base qui ne sera plus la recherche du profit mais le progrès social, l’augmentation du niveau de vie, le plein emploi et le développement économique et social de la France, une coopération internationale profitable aux peuples.  Ce n’est pas l’objectif poursuivi par le capital. Les délocalisations n’ont qu’un but : accroître sans cesse les profits en exploitant les peuples partout dans le monde.

 

OUI,  IL Y A PERIL.

Avec 435 000 salariés de plus de 50 ans et les suppressions d’emplois, dans quelques années, la métallurgie ne sera plus que l’ombre d’elle-même. C’est donc bien la question de la survie et du développement d’une industrie indispensable à la vie du pays et à l’emploi qui est posée.

 

Pour une politique de développement industriel.

Les moyens financiers existent pour reconquérir ce que le capital a sacrifié. Les profits des grandes entreprises explosent années après années. De 2000 à 2005 les profits des grandes entreprises ont augmenté en moyenne de 71,7%, (tandis que l’investissement reculait de 41%). En 2006, ils ont encore augmenté de 41% et pour le premier semestre de 2007 ils ont progressé de 14%. Les grandes entreprises disposent d’une trésorerie de 96,5 milliards. De l’argent, il y en a pour investir, augmenter les salaires, améliorer les conditions de travail.

Ce n’est pas ce gouvernement, pas plus que  ceux qui l’ont précédé, qui imposera une autre politique au patronat, il est au service du capital  Seule la lutte peut imposer une autre politique. La récente lutte  des travailleurs de Goodyear à Amiens démontre une nouvelle fois que face à une action unie en bas et déterminée le patronat recule.

Le faire reculer dans la métallurgie, c’est aussi possible. Il y va de l’emploi d’aujourd’hui et de demain. Il y va de l’intérêt national. L’action unie sur un tel objectif peut et doit se réaliser et gagner. 

 

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