C’est ça leur Europe
sociale ?
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Le nouveau slogan
de la « gauche » voire de l’extrême gauche jusqu'au PS en passant
par le PCF et les Verts, c’est : nous voulons l’Europe
« sociale ». Il en est de même des quatre confédérations syndicales
françaises (CGT, CFDT, FO, CFTC) toutes adhérentes à la Confédération
Européenne des Syndicats (CES). Au delà des
affirmations et des paroles qui ne coûtent rien, voyons les faits. 1. A quinze ou à vingt cinq quel est le
régime économique des pays qui la compose ? Le capitalisme. 2. Le capitalisme a-t-il un but social ?
Non bien sûr, son but est le profit 3. Ces partis qui nous proposent aujourd’hui
leur Europe « sociale » qu’ont-ils fait quand ils étaient au
gouvernement? *Chirac –
Raffarin, comme Schroeder ont la même politique anti-sociale au service du
capital. *Appliquant les
directives de Bruxelles c’est un gouvernement socialiste qui a fait voter le travail
de nuit des femmes au nom de l’égalité hommes- femmes, sans toutefois avoir
eu l’audace d’établir l’égalité de leurs salaires. Pour capter le
mécontentement des salariés, F. Hollande explique : « ce qui ne
peut être obtenu dans la rue peut l’être dans les urnes ». Autrement
dit : votez pour nous, nous ferons le reste. On connaît le
refrain, on sait où il mène. Reste donc la
lutte, la lutte sur le terrain, dans les entreprises, pour gagner par
l’action sur les salaires, l’emploi stable, les conditions de travail, la
protection sociale. Le rôle du
syndicalisme est déterminant dans ce domaine, mais la position du
syndicalisme européen – auquel sont affiliées les quatre confédérations
françaises – ne va pas dans ce sens. Le congrès de la
CES c’est tenu en 2003. Un anglais, John Monks a été élu secrétaire général. Dans un
entretien au journal « Le Monde », il déclare : Question :
« Que pensez-vous des critiques adressées à l’Europe pour la faiblesse
de sa politique sociale ? » Réponse :
« Je pense qu’une grande partie de ces critiques est injuste. La
dimension sociale de l’Europe est ce qui la distingue des Etats-Unis…la
plupart des syndicats en Europe sont pro-européens et soutiennent
l’intégration… pour moi l’Europe est la réponse à la mondialisation à
l’américaine. » Remarque :
Au moment où il parle, dans toute l’Europe et quels que soient les
gouvernements en place, on assiste à la remise en cause des systèmes de
santé, de retraites, de blocage des salaires, à la délocalisation. L’Europe
qui participe activement à la mondialisation, est une composante de celle-ci Question :
« Approuvez-vous le projet de constitution européenne ? » Réponse :
« La convention a fait du bon travail. Nous avons gagné sur trois
points importants…le dialogue social défini comme un des principes fondateur,
que le plein emploi soit considéré comme un objectif, que la charte des
droits fondamentaux soit inclue dans la constitution » Remarque :
Pas grand chose de concret dans tout cela. Sans doute J. Monks considère qu’il
faut se satisfaire de peu. Il ajoute : « Il n’y a
pas de solution de rechange…Ce n’est pas le moment de chipoter sur les
détails. Il faut respirer un grand coup et voter oui. » Remarque :
Quel courage, quelle audace. Il n’y a rien mais respirons et avec le
patronat, avec les gouvernements de droite ou de gauche, main dans la main,
votons pour la constitution européenne. Question :
« Le projet de constitution européenne continue d’interdire de traiter
des rémunérations et du droit de grève. Etes-vous d’accord avec ces
restrictions ? » Réponse :
« Je ne suis pas favorable à l’instauration d’un salaire minimum !
d’un SMIC communautaire Remarque :
Pour un syndicaliste, être contre un SMIC européen, c’est faire pour le moins
preuve d’une grande complaisance envers le capital. Ignore-t-il que toutes
les délocalisations, avec leur cortège de licenciements, de travail précaire,
de remise en cause du salaire direct et indirect se font en raison des
faibles coûts salariaux dans certains pays d’Europe ? Que le droit de
grève ne soit même pas inscrit dans la Constitution ne gêne pas le Secrétaire
Général de la Confédération Européenne Syndicale ! Agir pour qu’en
Europe, tous les salaires soient d’un niveau approchant serait un frein à cette
mise en concurrence des salariés par le capitalisme pour tirer toujours plus
vers le bas la valeur de la force de travail. Avec un tel
syndicaliste et une telle conception du syndicalisme à l’échelle européenne,
le capitalisme peut dormir sur ses deux oreilles. Pour notre part
nous faisons notre l’idée : « prolétaires de tous les pays,
unissez-vous ». Unissez-vous contre le capital et agissez. |
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