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Je voudrais
tout d’abord saluer les progrès décisifs du processus
d’unification entre « Communistes » et l’URCF.
Un Parti
révolutionnaire et communiste constitue une union
militante de femmes et d’hommes autour d’un programme et
de statuts marxistes-léninistes, leur adoption revêt un
caractère décisif. Je reviendrai sur cette question à la
fin du rapport.
1/ - Examen
des grandes lignes de la politique de Hollande-Valls
Chacun voit
et mesure les effets sur sa vie personnelle du caractère
antisocial, antidémocratique du gouvernement
social-démocrate qui poursuit mais aussi aggrave celle
menée par Sarkozy. Le système capitaliste, grâce à ses
médias, a la capacité de détourner le mécontentement sur
les équipes en place pour créer les conditions de
l’alternance avec l’UMP ou le FN.
Seuls les
révolutionnaires agissent pour que cette dénonciation
n’en reste pas aux seules équipes gouvernantes mais à
ceux qui leur dictent leur politique : les
monopoles. Ces derniers en France et dans le cadre de
l’UE pour réaliser le profit maximum ont pour stratégie
de détruire toutes les conquêtes sociales du 20ème
siècle obtenues par les luttes de classe avec une visée
faire baisser le « coût » du travail. Ainsi le Pacte
de Responsabilité MEDEF-Hollande-CFDT inscrit dans la loi
la politique d’austérité et les cadeaux financiers et
fiscaux au patronat : 275 milliards d’aides
publiques auxquels vont s’ajouter 2,5 milliards pour les
PME et la prise en charge des salaires des apprentis
mineurs par l’État.
On nous
vantait ce Pacte en affirmant que c’était un moyen
efficace de créer des emplois. « 1 million
d’emplois » était inscrit sur le badge du dirigeant
du MEDEF P. Gattaz !
Les résultats sont là, le chômage ne cesse de
s’aggraver (+ 15 400 le mois dernier) et touche plus de 6
millions de travailleurs en réalité.
Les
révolutionnaires communistes doivent faire la clarté. Les
tenants de l’aménagement du capitalisme s’en prennent à
la politique de l’offre, à l’absence de
« donnant-donnant », au fait que Hollande ne
mène pas une politique de « gauche ». En cela
comme les Partis du Capital : PS, UMP, FN, ils ne
dénoncent que la politique de Hollande-Valls pour mieux dédouaner le système
capitaliste de toute responsabilité !
Ce que nous
sommes les seuls à dénoncer, c’est précisément
l’application zélée de la politique du Capital par la
social-démocratie que l’on ne peut combattre efficacement
sans remonter à sa source. Le Pacte de responsabilité a
une autre visée, institutionnaliser la collaboration de
classe et les prétendus intérêts communs Capital/Travail,
c’est le rôle néfaste de la CFDT.
Volet
complémentaire du Pacte et de la stratégie des grands
groupes, c’est la loi Macron. Nous avons lancé une
pétition qui a recueilli des milliers de signatures dans
les entreprises et les quartiers populaires. L’inquiétude
est grande.
Voyons ces
dispositifs.
·
C’est une attaque directe contre le travail en
donnant tous les droits aux patrons : durée et forme
du contrat, salaire …
·
La loi Macron affaiblit sans commune mesure les
organismes de défense des salariés (prud’hommes,
inspection et médecine du travail), sanctions et
révocabilité contre les élus prud’homaux qui ne feraient
pas preuve « d’impartialité ».
·
Renforcement de la privatisation des services
publics notamment de la SNCF avec la fermeture accrue des
lignes régionales (15 000 suppressions d’emplois) et
le transfert de ces missions aux autocars.
·
Baisser les salaires, aggraver dramatiquement les
conditions de vie familiale avec le travail de nuit dans
les commerces des grandes gares et le travail le dimanche
dans les zones touristiques.
·
Exaucer toujours plus la revendication du MEDEF en
facilitant les licenciements individuels et collectifs.
·
Précariser toujours plus les emplois notamment dans
le bâtiment.
La loi
Touraine constitue un autre volet antisocial de la
politique gouvernementale avec l’attaque continue contre
la Sécurité Sociale. La santé est jugée comme un « coût
exorbitant » par le Capital. Les dépenses de santé
vont être réduites de 2,2 milliards d’euros, cela ouvre
la voie au renforcement des mutuelles et assurances,
c’est à dire la privatisation en marche du domaine de la
santé et l’insertion toujours plus grande dans la
rentabilité
financière, alors que la santé est un droit.
Cette
vision centrée sur la rentabilité découle du mode de
production capitaliste. Ainsi des médecins et chercheurs
aux Etats-Unis déploraient que la majorité des coûts
proviennent des plus de 75 ans et des soins
palliatifs et appelaient à « réduire les
coûts ! »; pensée malthusienne sur la
distinction entre gens « productifs » et ceux
qui sont « inactifs »
Nul doute
que dans notre pays certains partagent ces points de vue
barbares. En France, les résultats sont dramatiques, 30 %
de la population renonce aux soins faute d’argent. Le
gouvernement veut diminuer la prise en charge jusqu’ici à
100 % des maladies graves : cancer, diabète,
troubles cardio-vasculaires … Le plafond des remboursements
d’achat de lunettes sera fixé à 470 euros (verres simples
avec intégration du prix des montures). Les exemples des
réglementations défavorables aux familles modestes sont
nombreux.
La
réduction du déficit de la Sécurité Sociale est l’alibi
pour l’austérité et les réductions drastiques de
remboursement. Or, ces pertes proviennent essentiellement
des baisses de cotisations patronales. Le déficit se
monte à 14,7 milliards et le Capital a bénéficié pour sa
part de 50 milliards de réduction de cotisations.
Il faut
défendre la Sécurité Sociale sur les bases de sa
fondation et taxer le Capital et les laboratoires ;
dénoncer également la politique des partis du
Capital : PS, UMP, FN qui dénoncent les « arrêts maladie
de confort » sans tenir compte du stress et du
harcèlement au travail, les « fraudes » des salariés en ignorant la
fraude massive du patronat.
Quelques
mots de la réforme des collèges. Les camarades en
activité, ici présents, apporteront les développements
nécessaires. Cette réforme suscite une légitime
inquiétude des personnels éducatifs et des parents
d’élèves. Le système scolaire français va mal,
150 000 jeunes sortent chaque année des études sans
diplôme ni qualification. De plus en plus l’école est
subordonnée aux intérêts des entreprises. Les maîtres
mots sont le « savoir-être » (développer les
attitudes et comportements exigés par le patronat) et le
« savoir-faire » (les connaissances strictement
utiles). Cela surtout pour les enfants des classes populaires
car l’école est de plus en plus inégalitaire. Beaucoup
d’inquiétude se manifeste sur le risque d’un nivellement
par le bas et sur les contenus proposés, ainsi est faite l’impasse
sur la pensée critique des philosophes du 18ème
siècle et l’accent est mis sur l’histoire des
religions qui s’inscrit dans le communautarisme entretenu
de la société pour mieux diviser les travailleurs tout en
prônant l’ « unité nationale » et les
prétendus intérêts communs Capital/Travail.
Sur toutes
ces questions nous avons maintes preuves que le système
capitaliste ne peut plus assurer les besoins vitaux même
élémentaires, que l’écart entre les privilégiés de la
fortune et la majorité des travailleurs ne cesse de s’agrandir.
Pour assurer le progrès social, il faudra abattre le capitalisme.
Dans
l’immédiat, il est urgent que s’engagent les luttes, seul
moyen de faire reculer le Capital pour la hausse des
salaires, la défense des emplois, la défense des services
publics (santé, éducation, logement, transports, énergie,
recherche).
La politique
du gouvernement social-démocrate en raison de son
caractère antisocial et antipopulaire revêt aussi un
caractère antidémocratique portant atteinte aux libertés
individuelles et collectives.
La loi dite
« Renseignement » est un projet gravissime, un
« Patriot Act » à la française. C’est la
légalisation du « tout surveillance » existant
depuis 2007 et révélé récemment par « Le Monde ». Toutes les
conversations téléphoniques, internet etc. seront
enregistrées et conservées. Les prétextes à ces écoutes
constituent clairement une criminalisation du mouvement
social, anticapitaliste et anti-guerre. Seront surveillés
ceux qui menacent « l’indépendance nationale et les
intérêts économiques du pays ». Bien sûr dans
l’esprit des législateurs c’est le Capital et ses Partis
qui décident de ce que sont l’indépendance et les intérêts économiques
du pays.
Nous,
révolutionnaires affirmons à juste titre que c’est la
classe capitaliste française qui, par son insertion dans
l’Europe capitaliste, sa défense de l’austérité brade
l’indépendance. Ici les « intérêts
économiques » sont identifiés au pillage de l’argent
public et des pays dominés par les multinationales.
Seront
surveillés ceux qui portent atteinte à la
« politique étrangère de la France ». On sait
que l’impérialisme français est engagé sur plusieurs
fronts en Afrique et au Moyen-Orient. Il est clair que tous
les opposants à la guerre, les partisans de la paix et de
la coopération entre les peuples seront dans le
collimateur du pouvoir d’État.
Les
syndicalistes et les associatifs auront droit aussi à la surveillance
avec le concept passe-partout d’ « atteintes à la
sécurité nationale ». La première mouture
sécurité « publique » a été débaptisée
car elle était trop transparente. Mais le changement de
terme ne masque pas l’objectif. Les grèves avec
occupation d’usine, les piquets de grève et autres formes
de luttes ne seront-ils pas visés par les
« atteintes » à la sécurité nationale et aux
intérêts économiques ? (C’est à dire, ceux du Capital).
Poser la question, c’est y répondre.
Ces mesures
anti-démocratiques ont un lien étroit avec la politique
de guerre du capitalisme français avec les autres États
de l’OTAN, pour un nouveau repartage du monde au service
de leurs monopoles. Voyons la tragédie des migrants (tiens
on ne dit pas « boat-people ») en Méditerranée
avec des milliers de morts et 500 000 réfugiés qui
veulent quitter la guerre, les persécutions et la misère.
Hollande déclare la « guerre aux passeurs »
dans le cadre de la « lutte anti-terroriste »
et propose de bombarder les navires, quel cynisme !
Les
véritables responsables ne sont pas les passeurs qui ne
sont que des hommes de main scandaleusement rémunérés,
mais les multinationales et les dirigeants des Etats
capitalistes. Les véritables responsables ce sont les
fauteurs de guerre qui ont déstabilisé plusieurs États
d’Afrique et du Moyen-Orient par leurs interventions
militaires et le pillage des multinationales.
Prenons la
Libye, après avoir détruit l’État, livré des armes à
toutes sortes de groupes terroristes, les autorités
françaises évoquent une possible intervention pour
restaurer l’ordre ! Bernard-Henry Lévy un des relais
des intérêts impérialistes estime ne rien regretter en
Libye car « le chaos est préférable à la dictature »,
quelle survivance de l’esprit colonialiste ! Les « interventions
humanitaires » sont le prétexte au déchaînement de
violence capitaliste. La France, sous la direction de la
social-démocratie, est un des État les plus bellicistes.
Elle attise le conflit entre sunnites et chiites au
Yémen, s’ingère dans les affaires de l’Ukraine y compris
avec le soutien aux fascistes, ne renonce pas à
l’agression possible contre la Syrie et multiplie les
pressions sur l’Iran.
Avec
Hollande, la France est vouée à servir de marchand de
canons. Après l’Égypte, le Qatar a acheté 24 rafales. On
connaît les liens de ce pays avec le fondamentalisme
islamiste et certains groupes terroristes agissant
notamment contre l’Etat syrien. Vente qui va affaiblir
Air-France puisque des contreparties porteraient sur les
correspondances par Qatar Airways vers Lyon et Nice. Une ligne perdue c’est 300
emplois de moins !
Il est
indispensable que les travailleurs opèrent le lien entre
le combat pour la défense des libertés démocratiques et
la lutte pour la paix. Lutter contre la guerre c’est aussi
combattre également pour ses revendications sociales.
« Pas
un sou pour la guerre, de l’argent pour nos
revendications » disait justement le vieil adage du
mouvement ouvrier.
2/ - Amplifier
la résistance
Votre Comité
National et notre Comité Central ont fait ce constat
commun : il ne faut pas sous-estimer les progrès
de la résistance des travailleurs à la politique
d’austérité, qui s’est traduite par la mobilisation et le
succès de la journée d’actions et de grèves du 9 avril.
Il faut valoriser les luttes existantes en les
popularisant et en développant la solidarité.
D’un côté
pour les capitalistes, il y a les profits des grands
groupes renforcés par la surexploitation grâce à l’austérité
salariale et le pillage de l’argent public ; les
dividendes des actionnaires ; les « parachutes
dorés » ; de l’autre l’appauvrissement de la
majorité de la population. Les moyens financiers existent
pour satisfaire les revendications mais l’histoire nous
enseigne que seules les luttes et les grèves peuvent
faire reculer le Capital.
Rappelons
quelques unes des luttes qui posent les questions vitales
pour les salariés :
-
Radio-France, grève de plus d’un mois pour sauver
les emplois et refuser les « départs
volontaires »
-
Banque Populaire et Caisse d’Épargne : contre
l’austérité et pour la défense des emplois
-
PSA à St-Amand (59) pour la hausse des salaires
-
Carrefour : lutte exemplaire contre la perte
d’acquis sociaux pour les nouvelles embauches
Pour
renforcer la mobilisation populaire il faut mettre en
avant les grèves et luttes ainsi que les revendications
pour les salaires et la défense de l’emploi, d’autant
plus que les médias ignorent ces luttes.
Il faut
mettre à nu et dénoncer haut et fort le rôle de la CFDT
véritable courroie de transmission du MEDEF, les propos
de Berger affirmant : « Il n’y a pas
d’austérité en France » sont scandaleux.
Le 1er
mai pour des raisons diverses, la mobilisation a été
insuffisante. Certains mettent en avant la division des
centrales syndicales. Bernard Thibault intervient pour
voler au secours des orientations réformistes de la
direction CGT et du « syndicalisme rassemblé »,
c'est-à-dire, la recherche de l’unité avec la CFDT.
Il va même
plus loin et déplore l’existence de plusieurs centrales. Pourtant une unification
mécanique fortement appuyée par la CES (relais des
directives capitalistes européennes) engendrerait une
seule centrale d’accompagnement de la politique du
Capital.
La question
de l’unité des travailleurs, a fortiori de l’unification
en une seule centrale, ne peut être dissociée des
orientations de classe ou pas. Ce qui fait défaut pour
davantage de mobilisation pour faire reculer le patronat,
c’est une stratégie nationale de luttes ciblant la
politique du Capital et de son gouvernement, popularisant
les axes revendicatifs (salaires, emplois, défense des
services publics, temps de travail, retraite à 60 ans).
Sur toutes
ces questions, cela exige la clarté vis-à-vis des
positions collaboratrices de classe de la CFDT.
Nous savons
que beaucoup de syndiqués et de syndicats CGT aspirent à
une centrale orientée vers la lutte de classe. Les
révolutionnaires communistes doivent agir pour développer
les solidarités avec les luttes. Il nous faut vaincre le
scepticisme légitime engendré par des journées d’action
et de grèves trop espacées les unes des autres. Nous
rencontrons tous des salariés qui nous disent : « cela
ne sert à rien, ce n’est pas efficace », « il
faut taper plus fort ».
Si nous pouvons
comprendre leurs doutes, nous ne saurions en rester là.
La condition pour des luttes continues c’est d’agir pour
mobiliser fortement comme nous l’avons fait le 9
avril ! Plus nous serons nombreux, plus la voix des
partisans de l’affrontement avec la politique du
gouvernement et du Capital sera forte, plus la nécessité
de luttes continues grandira.
3/ - Vers
le congrès d’unification le 20 juin.
C’est avec
émotion et satisfaction que j’aborde cette question.
Nous avons
franchi ensemble une étape décisive avec l’adoption du
Programme révolutionnaire orienté vers la seule
alternative au capitalisme, le socialisme et l’adoption des statuts.
Je voudrais remercier les camarades de Communistes pour l’accueil
fraternel à votre Congrès, vos B.N. et C.N. On se sentait
chez nous dans vos réunions et la réciproque est vraie.
Les discussions durant ces mois du processus
d’unification nous permettent de conclure que nous
pouvons nous unir dans un seul Parti des communistes
révolutionnaires. Nous tiendrons ensemble un Congrès
d’unification le 20 juin prochain à Paris.
Un Parti
marxiste-léniniste, surmontant les divisions et
l’affaiblissement des idées révolutionnaires liées à la
destruction de l’URSS et à la liquidation de nombreux
Partis du mouvement communiste international, est la
marque de la prise en compte que l’unité de nos rangs correspond
aux intérêts supérieurs de la classe ouvrière et des
travailleurs. Notre Parti sera à leur service.
Le 20 juin
sera créé dans la continuité de l’histoire de « Communistes »
et de l’URCF, un Parti plus fort, plus influent, implanté
dans tout le pays, mieux capable d’action. Le
renforcement continu du Parti sera l’une de nos
priorités.
Nous
marcherons sur nos deux jambes, par le travail militant à
l’entreprise pour les transformer en citadelle de la
lutte contre le capitalisme, par le travail politique sur
le terrain électoral en direction des masses populaires
aux élections régionales.
L’objectif
étant de faire grandir la nécessité des luttes
quotidiennes pour se défendre et la compréhension que la
seule alternative politique est celle de travailler à un changement
révolutionnaire de
société : le socialisme
Dès maintenant,
avant même le Congrès, nous allons travailler ensemble
afin d’être opérationnels dès le 20 juin. Enfin le
secteur « propagande » et partout les militants
du Parti vont jouer un rôle important pour faire connaître
et populariser cet événement que constituera le Congrès
d’unité des révolutionnaires en un seul Parti.
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