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Chers camarades.
Au Bureau National du 13 juillet dernier, nous avons
analysé l’État du rapport des forces à la veille des
congés d’été après quatre mois de mobilisation syndicale
marquée par un profond mécontentement vis-à-vis de la
politique menée.
Ce
mécontentement n’est pas tombé, il n’a pas disparu
pendant les congés. Les luttes reprennent :
mobilisation des agriculteurs, des travailleurs de Free,
demain les enseignants, le 15 septembre journée d’action
à l’appel de 7 organisations syndicales.
Les
sondages politiques démontrent également le profond rejet
de la politique actuelle.
Le capital
poursuit sa politique, casse industrielle, baisse du
pouvoir d’achat, casse des acquis et des droits des
travailleurs, il veut
aller plus loin. Les exigences du Medef sont déjà
dans les programmes des candidats aux élections, c’est à
celui qui sera le plus complaisant envers la politique
qu’il propose.
Tout cela
s’accompagne d’une campagne de restriction des libertés,
d’une répression syndicale qui s’aggrave. Tous les moyens
sont bons pour réprimer ceux qui luttent, nous les
soutenons comme nous l’avons toujours fait, mais nous avons une explication
à donner sur l’objectif de cette répression. Elle
est exercée
individuellement, mais elle a un but collectif, il s’agit
d’empêcher les travailleurs de lutter, de contester la
politique du capital.
Dans le
même temps une campagne médiatique concernant la
« baisse » du chômage, la « baisse »
des impôts, la « hausse » du pouvoir d’achat
est en œuvre. Cette campagne de manipulation de l’opinion
vise à faire croire que la « crise » du capitalisme
est terminée, que des jours meilleurs sont devant
nous, que le
capitalisme est la solution universelle.
Pour
les partis politiques, il s’agit de trouver le meilleur
moyen de faire face à ce mécontentement sans changer de
politique. Trouver des remplaçants
à ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui pour poursuivre la
politique du capital n’est pas simple.
Les
opérations politiques, les diversions se multiplient pour
tromper, manipuler l’opinion et ainsi éviter le débat sur
les causes, l’origine, les raisons des décisions prises à
l’encontre des travailleurs.
La droite
et ses alliés dénoncent la politique actuelle en disant
qu’elle ne va pas assez loin dans les réformes, ils
proposent de réformer en profondeur la société française,
ce qui est déjà bien entamé. La droite présente 12 candidats aux
fameuses « primaires » summum de la démocratie
capitaliste qui consiste à faire croire que les candidats
sont différents pour une même politique.
Le Front
National compte les points, il s’appuie sur le
mécontentement pour le dévoyer, s’adresse habilement aux
travailleurs et au peuple, sa ligne politique est
essentiellement dirigée contre l’Europe, contre
l’immigration qui serait à l’origine de tous les maux. En bon défenseur du capital, il propose de
développer l’aide aux entreprises qualifiées de «
nationales », n’a jamais dénoncé les cadeaux fiscaux, les
exonérations. Il condamne les luttes des travailleurs et
approuve toutes les mesures de restriction des libertés
imposées par le pouvoir.
Le Parti
Socialiste termine son mandat, la politique qu’il mène
depuis 2012 a été entièrement consacrée à satisfaire les
intérêts du capital en France et à l’international,
casser les acquis des travailleurs, aggraver les
conditions de vie dans tous les secteurs, c’est la raison
de la faiblesse des sondages le concernant. Les
tentatives d’expliquer la politique qu’il applique est un
échec .Il faut donc
trouver des moyens pour la poursuivre et l’aggraver, ce
sont les opérations diversion actuelles : Macron,
Montebourg, Hamont et consorts… alors qu’ils ont gouverné
ensemble !!
Dans ces
grenouillages politiques multiples, le Parti Communiste
Français veut rassembler «largement à gauche », « il faut
oublier ce qui nous divise (on se demande quoi ?) Pour
travailler sur ce qui nous rassemble » déclare P.
Laurent. Mélenchon poursuit sa ligne politique, il a la
faveur des médias dans son rôle de « gauche
radicale » type Syriza en Grèce Podemos en Espagne
ou Die Linke en Allemagne, il soutien tous ces mouvements
parce qu’ils captent le mécontentement pour le maîtriser,
l’étouffer et ainsi préserver le capital.
Dans
cette situation politique, les partis ont tous des points
communs : aucun ne combat le capital, tous le soutiennent
ou l’aménagent. Ce n’est
pas sans difficultés parce qu’il faut faire croire qu’une
autre politique est possible sans la changer, ils créent
des illusions. Deuxième point commun, tous parlent déjà
du deuxième tour de la présidentielle et du rassemblement
nécessaire contre le Front National, en clair ils prônent
tous « l’union nationale » sauvegardant ainsi le
capitalisme.
Notre rôle
de parti révolutionnaire est donc essentiel, la bataille
politique qui s’annonce va être intense, il faut et faudra toujours revenir
à la cause des difficultés imposées au peuple, ne pas se
laisser entraîner dans des débats qui n’en sont pas
conduisant à éviter les vrais sujets (burkini…). Tous les
prétextes sont bons pour détourner, éviter la
condamnation de la politique du capital, par exemple, les
états capitalistes se disputent la gestion des réfugiés
alors qu’ils en sont la cause.
Il faut que
nous soyons le parti politique qui éclaire la situation
et qui propose une politique, une perspective qu’aucun ne
défend. Les propositions que l’on porte doivent être au
centre des débats que nous allons avoir dans nos
réunions, nos rencontres. Il n’y a pas « des » solutions pour combattre le capital. Il n’y a
qu’une : lui arracher les moyens de production et
d’échange sans compromis par la lutte politique. Personne
ne le propose nous sommes les seuls. Les porteurs
d’illusions qui
s’affichent comme étant des révolutionnaires n’ont qu’un
but : préserver le capital
Croire
également que la lutte syndicale suffit est une illusion,
le capital a toujours résisté aux luttes sociales,
elles l’ont
contraint à reculer mais pas à disparaître. On voit le
rôle d’accompagnement que joue le syndicalisme français
aujourd’hui avec en en particulier la CFDT.
Pour
autant, 7 organisations syndicales tiennent un meeting
aujourd’hui à Nantes pour préparer l’initiative du 15
septembre prochain. Les assemblées de rentrée syndicales
ont lieu dans les départements, il faut soutenir autant
que l’on peut les luttes actuelles, continuer à peser pour
qu’elles s’amplifient.
Nos
tâches, notre activité est et va donc être d’une grande
importance dans la période.
Notre
Bureau National d’aujourd’hui est le point de départ de
cette intense activité que nous devons mener. Prendre ou
reprendre contact avec nos adhérents dans les
départements, faire de la politique, éclairer sur la
situation, faire tomber les illusions, développer nos
propositions, les faire partager dans les rencontres avec
les travailleurs, dans les réunions publiques, être
présents dans les luttes. C’est le seul moyen à notre
portée pour nous développer, rien ne remplace le contact,
le débat. Certes, nous avons notre propagande, notre site,
nos tracts, notre journal, ils sont de qualité, mais ils
ne sont pas assez largement connus ;
Notre
développement dépend essentiellement de notre activité
dans les départements, les adhésions sont réalisées à
partir d’initiatives locales, nous pouvons les
multiplier. Les campagnes électorales sont lancées c’est
un moment politique important, pas pour ce que les
élections représentent, mais pour le débat politique
qu’elles suscitent.
Nous avons
un candidat à la présidentielle, comment fait-on dans les
départements pour faire connaître la politique qu’il
porte, quelles initiatives prendre ?
Les
législatives vont nous permettre également une présence
plus concrète dans les départements, plus tôt on aura
désigné nos candidats, et les possibilités sont nombreuses,
mieux nous serons à même de mener une campagne politique
de haut niveau pour développer nos propositions
révolutionnaires. Le plan de travail national que nous
avons décidé à notre Comité National du 18 juin dernier
doit prendre toute son ampleur :
• organiser des
réunions publiques partout où c’est possible, voir
comment le Bureau, le Comité National peuvent aider.
• Développer notre
activité de propagande,
• Lancer une
souscription nationale à l’occasion des élections,
• Organiser une
grande campagne d’adhésions,
• Développer notre
formation politique,
• Améliorer encore
notre presse, sa diffusion. Nous avons beaucoup de
travail politique à faire, il faut tout de suite s’y
mettre, réfléchir aux moyens à mettre en œuvre en
particulier dans l’aide aux départements. Editer des
tracts, une
affiche etc.
Cette
campagne politique permettra également, et là aussi nous
serons les seuls, à éclairer sur la politique
internationale, le rôle de l’impérialisme, la concurrence
internationale et ses conséquences dramatiques pour les
peuples, les propositions de notre parti pour en sortir.
Nous
développerons à notre Comité National du 24 septembre
prochain l’ensemble de ces questions.
Consacrons-nous
aujourd’hui à examiner les conditions de la mise en œuvre
de notre activité parce qu’il n’y a pas de temps à
perdre.
Chers
camarades,
Notre
Comité National du 24 sera un moment important pour le
lancement de notre campagne nationale. Il serait
intéressant que chaque membre du Bureau prenne contact
avec les membres du Comité National les plus proches pour
faire part de la discussion.
Place au
débat.
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