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A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle,
c’est le moment pour nous de tirer les premiers enseignements de notre
campagne qui va très vite s’enchaîner avec celle des élections
législatives.
Nous devons mettre à profit les derniers jours qui restent pour
affirmer qu’il n’y a qu’un seul vote possible pour changer de politique, c’est
le vote pour notre Parti Révolutionnaire Communistes.
Pourquoi ?
Nous le disons depuis le début, aucun des candidats « qualifiés »
ne propose de sortir du capitalisme. Cette campagne électorale commencée il
y a plus d’un an fait l’objet d’un matraquage médiatique jamais vu qui
consiste à masquer, camoufler, détourner le débat sur les vraies questions
politiques qui sont posées en France et dans le monde.
Nous savons pourquoi : le capitalisme qui est en crise permanente poursuit sa politique d’accumulation de
profits, et pour cela trouver les meilleurs serviteurs en fonction des pays
où il sévit.
La France évidemment n’y échappe pas, c’est la raison de cette
campagne électorale imposée par les médias capitalistes dont on sait qu’ils
sont maîtrisés à 90 % par les grands groupes industriels et financiers.
Je passe rapidement sur ces fameuses « primaires » qui ont occupé tout
l’espace médiatique pendant huit mois dans un bla-bla continuel ponctué par
les «affaires » multiples pour ajouter à la diversion, le but
étant le même : ne pas parler des programmes politiques des uns des autres.
Depuis, le débat a un peu évolué ce qui ne change rien à notre
opinion de départ : aucun ne veut changer de politique, le capitalisme
reste le cadre dans lequel les candidats se situent sauf notre parti, nous
le savions au départ, c’est une confirmation aujourd’hui.
Certes, il y a des différences mais ça aussi nous l’avons souligné,
pour donner une « caution » démocratique à l’élection, il faut des idées
nouvelles, pourvu que la politique ne change pas.
En partant de ceux qui veulent développer encore plus le profit
comme le réclame le Medef, et en passant par ceux qui veulent aménager,
accompagner la politique du capital, on a fait le tour de la campagne.
La mise en scène médiatique des 11 candidats dans l’émission de
BFM TV était éclairante de ce point de vue.
Rien n’a été dit sur qui domine la France et le monde, rien sur le
pouvoir économique et financier dont disposent les multinationales
industrielles et financières, rien sur le pouvoir politique qu’elles
exercent au travers des gouvernements qu’elles mettent en place, et pour
cause, tous les candidats sont prêts à servir les intérêts du capital.
Rien sur l’Europe capitaliste qu’aucun ne dénonce, au contraire,
ils veulent tous l’aménager.
Rien sur les origines de la situation mondiale, la concurrence
inter impérialiste, la domination des multinationales mondiales et le
besoin de lutter contre.
Rien sur les conséquences criminelles de cette politique, si ce
n’est des lamentations et des propositions pour en gérer les effets. De
plus, le pouvoir utilise la situation qu’il a lui-même créée pour
restreindre les libertés.
Notre campagne électorale se déroule donc dans ce contexte.
Notre analyse, nos propositions, la perspective politique que nous
portons rencontre un écho de plus en plus partagé par celles et ceux que
nous rencontrons lors des distributions de tracts, des rencontres, des
réunions publiques. Des adhésions sont réalisées ce qui est remarquable du
fait du contenu de la campagne qui génère son flot d’illusions.
Nos explications, nos propositions sont comprises et appréciées.
Il faut poursuivre dans ce sens, les questions concernant le
changement de société, les moyens pour y parvenir et comment faire sont au
centre des débats. Les questions internationales prennent également une part
importante dans les discussions.
Les rencontres que nous avons démontrent le besoin de débat
politique, l’espace que nous pouvons occuper si nous mettons en cohérence
notre politique.
Cette campagne électorale démontre aussi une nouvelle phase de la
recomposition politique française en cours. Le capital a besoin de donner
une autre image de sa politique pour l’imposer. Pour cela il lui faut trouver
une relève à sa botte.
La droite et le Front
National sont d’accord sur l’essentiel : il faut taper plus fort sur les
acquis des travailleurs, favoriser les entreprises. C’est également le
discours de Macron et du Parti Socialiste : «
Il faut remettre l’industrie au cœur de notre économie et l’homme au cœur
de l’industrie » autrement dit : favoriser le développement du capital,
aggraver l’exploitation du travail. Gattaz vient d’ailleurs de répéter ses
exigences dans le journal « les Échos » d’aujourd’hui, il étale ses
revendications comme il l’a fait tout au long de la campagne électorale.
Rappelons l’examen de passage récent des candidats devant les dirigeants
des grands groupes capitalistes. C’est une preuve supplémentaire que c’est
capital qui fait son choix en fonction des rapports de forces en présence.
Mélenchon quant à lui représente la « caution » de gauche dans
cette élection, il bénéficie d’une promotion médiatique jamais vue, mais il
capte également le mécontentement, le rejet de la politique actuelle sans
remettre en cause le capitalisme. Il propose de le rendre «
moins dur », de le « moraliser », de « partager les
richesses produite » avec lui mais sans y toucher.
Le Parti Communiste Français est absent de cette campagne, comme
le Parti Socialiste, il est confronté à un mécontentement interne, l’approche des élections
législatives va encore modifier la recomposition politique en cours.
Ces élections ne vont donc rien modifier, on s’y attendait, encore
une fois nos propositions rencontrent dans cette situation un écho
favorable, une écoute attentive et donc un espace politique à investir,
continuons dans cette voie, la campagne se poursuit, mettre le vote de
notre parti à disposition au premier et deuxième tour est apprécié et
constitue pour nos adhérents et sympathisants le seul vote utile dans la
situation politique actuelle.
D’autant que d’après les enquêtes d’opinion le niveau d’abstention
risque de battre des records pour ce type d’élection ce qui confirme le
rejet de la politique actuelle. Le mécontentement est également ressenti au
travers des luttes actuelles et ceci dans de nombreux secteurs. Ces luttes
font l’objet d’un black-out total, on comprend pourquoi. Il faut souligner
qu’aucun candidat n’en fait état malgré les heures d’antenne dont ils
bénéficient.
À EDF, après le refus massif des travailleurs de l’accord de
compétitivité que CFDT et les autres syndicats réformiste avaient accepté
(sauf la CGT), c’est un nouveau revers que l’entreprise et le gouvernement
viennent de subir avec le « report » de la fermeture de la
centrale électrique de Fessenheim, la direction de l’entreprise a pourtant
tout tenté pour imposer ses objectifs.
Dans la santé, le textile, le commerce, la métallurgie, dans les
collectivités territoriales, la restauration, dans les transports aériens
et routiers, bref les luttes sont nombreuses et nous devons comme nous le
faisons régulièrement les encourager.
Les luttes sont appelées à se développer compte tenu des projets
portés par les candidats tous dirigés contre les travailleurs et leurs
acquis, tous favorisant l’entreprise.
Ces luttes sociales sont un obstacle essentiel aux objectifs du
patronat, mais répétons-le, elles ne le privent pas du pouvoir économique.
Cette question est de première importance, continuons à nous expliquer sur
la nécessité de prendre, maîtriser les moyens de production et d’échange.
Le développement des luttes dans cette période sur les salaires,
l’emploi, les conditions de travail démontrent que les travailleurs ne
veulent pas se laisser faire. D’autant plus que la période électorale, si
elle masque l’aspect revendicatif des luttes, masque également les mauvais
coups qui se poursuivent : la production industrielle continue de chuter
(-1,6 %) en mars après le mois de janvier et février également en baisse
sensible. La casse industrielle ne s’arrête pas, les chantiers STX viennent
d’être vendus avec la bénédiction du pouvoir, toujours présent pour aider
les multinationales dans leur projet, peu importe les conséquences
sociales.
Les fusions-acquisitions se poursuivent dans tous les secteurs
avec leur lot de remises en cause d’acquis, de menaces sur l’emploi, bref
le capital continue à sévir, la lutte est la seule voie à suivre pour le
stopper, il faut l’encourager, et y participer autant que nous le pouvons.
La situation politique en France, la campagne électorale, ne
doivent pas faire oublier la situation internationale qui prend, sous l’impulsion
de l’impérialisme américain un virage extrêmement dangereux.
Mais tout d’abord il nous faut évoquer la situation en Guyane ou
la politique coloniale de la France a des conséquences dramatiques pour les
Guyanais. Ces conséquences, révélées par le mouvement social d’un niveau jamais
connu jusqu’ici, touchent tous les secteurs de la vie dans ce « département
français ». Tous les services publics sont démantelés, santé, éducation,
transports sont réduits à leur plus simple expression. Salaires, pouvoir d’achat
en baisse continuelle. Pourtant la Guyane est un territoire plein de
richesses mais comme d’habitude en régime capitaliste, elles sont
accaparées par les multinationales présentes avec l’aval des gouvernements successifs.
Face à ce mouvement que nous soutenons, l’État français joue la montre et
agit pour diviser les acteurs du mouvement. C’est bien connu, les armes
utilisées contre le mouvement social sont toujours les mêmes :
pourrissement, division et répression, les Guyanais ont besoin de tout notre
soutien. Nous avons envoyé des messages en ce sens aux animateurs du
mouvement.
La situation internationale est marquée actuellement par
l’agressivité dangereuse de l’impérialisme US qui veut réaffirmer son
hégémonie mondiale en utilisant des moyens qui peuvent déboucher sur un
conflit majeur.
Nous sommes, disons-le avec lucidité, au bord d’un conflit mondial
généré par une concurrence inter impérialiste dont nous avons déjà dénoncé
les effets.
Nous avons consacré un Bureau National en début d’année 2016 sur
les questions internationales parce qu’il nous semblait important, et l’actualité
nous donne raison, d’avoir une analyse la plus juste possible sur
l’impérialisme, ses contradictions et ses affrontements de plus en plus
nombreux et violents qui se sont multipliés depuis la chute de l’URSS.
Les USA tentent de maintenir leur hégémonie face à l’émergence
d’impérialismes concurrents tels que la Chine, l’Inde, la Russie, tout cela
se confronte avec les enjeux régionaux, les intérêts du capital de pays
tels que la Turquie, Israël, l’Afrique du Sud, le Brésil…
Les alliances de circonstance et affrontements sont devenus le lot
quotidien des rapports internationaux.
Cette réalité existe y compris au sein de l’union européenne comme
le montre si bien le Brexit voulu par une partie importante des monopoles
britanniques, financiers en particulier. Cette réalité existe au sein de
l’alliance militaire impérialiste qu’est l’OTAN, où les USA entendent continuer
à dicter leur stratégie en imposant de nouvelles dépenses militaires à
leurs alliés.
Cette réalité existe également dans la volonté des USA de rompre
les accords commerciaux internationaux pour mieux imposer leurs
multinationales.
La guerre est le moyen suprême pour imposer la domination et se
partager les territoires, leurs hommes et leurs ressources.
En Syrie, en Irak, en Libye, en Afghanistan, au Yémen, en Afrique
du Sud, au Mali, en Centrafrique, en Ukraine les peuples payent le prix de
ses affrontements impérialistes.
Ils en payent deux fois le prix : celui des destructions et des
morts mais aussi celui de la liquidation de leurs acquis économiques et
politiques dus aux luttes sociales comme ce fut le cas en Yougoslavie et
plus récemment en Syrie où les privatisations s’accélèrent au bénéfice de
l’oligarchie au pouvoir.
Chaque État impérialiste tente évidemment de convaincre les
travailleurs et le peuple dans sa stratégie d’affrontements en jouant sur
le nationalisme.
La lutte contre le terrorisme lui-même généré par les puissances
impérialistes est devenue le prétexte à l’union nationale, on le voit en
France.
Les travailleurs et les peuples ne doivent pas se laisser enfermer
dans cette logique d’affrontement. Leur ennemi commun ce sont les
bourgeoisies qui les exploitent.
Depuis une semaine, la situation déjà tendue au proche et
Moyen-Orient s’est encore aggravée de manière significative avec l’attaque
délibérée des USA contre un État souverain qu’est la Syrie. Notre parti a
réagi immédiatement par un communiqué sur notre site.
Nous y soulignions deux choses : la violation du droit
international par l’impérialisme US et le message clair qu’il envoie : les
USA se réservent le droit majeur de faire la guerre contre quiconque
mettant en cause les intérêts de ses monopoles capitalistes.
Immédiatement après l’attaque contre la Syrie, une armada est
dirigée en direction de la Corée du Nord, elle est prête à intervenir
militairement contre la république populaire de la Corée-du-Nord.
Nous le disons avec gravité : la paix du monde est en jeu.
Face à cette situation, acceptée par la grande majorité des hommes
politiques en France et par le pouvoir socialiste, comme par les dirigeants
des états européens et de l’union européenne, il nous faut réfléchir à une
riposte populaire. Cette riposte ne peut en rester à l’aspect moral, il
faut qu’elle s’attaque à la racine de l’impérialisme.
Nous devons mettre la bataille pour la paix, contre les
interventions militaires au cœur de notre action en apportant les
explications politiques permettant de comprendre la situation et permettant
de rassembler largement les travailleurs et le peuple, autour du refus de
la guerre impérialiste, du respect de l’indépendance et de la souveraineté
des Nations, de l’utilisation des moyens considérables existants pour
répondre aux besoins sociaux et non pas pour faire la guerre.
Réfléchir à une initiative publique pour donner un coup d’arrêt au
silence complice des forces politiques de ce pays.
Voilà chers camarades ce que j’étais chargé de vous transmettre,
beaucoup de travail en perspective, nous avons également discuté de la
poursuite de la campagne présidentielle, nous allons mettre le bulletin de
vote du parti à disposition sur le site car la proposition concernant
l’utilisation du bulletin de notre parti au 1er et 2ème tour est appréciée.
Ne perdons pas de temps pour lancer, dans la dynamique de la
campagne de la présidentielle, celle des élections législatives à venir,
des décisions sont déjà prises dans les circonscriptions, nous aurons bien
sûr l’occasion d’y revenir.
Nous avons également commencé à envisager le contenu de notre
initiative concernant la commémoration du 100ème anniversaire de la
révolution russe qui aura lieu le 18 novembre prochain, des propositions
seront faites prochainement.
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