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La France serait trop
administrée, l'emploi trop encadré, les droits trop
nombreux, il faut donc créer un « choc de
simplification.
Il s'agit de permettre aux
patrons d'avoir les mains libres pour exploiter les
travailleurs sans
aucune contrainte. Derrière
ce "choc de simplification", il y a donc toute
une série de mesures consistant à permettre au capital de
se développer sans contrainte.
Le « pacte de responsabilité »,
c'est le volet « baisse du coût du travail », 35 milliards
de cadeaux par la suppression des cotisations de la branche
famille sous l'habillage d'une « responsabilité partagée »
dont on sait que c'est du vent. Le Medef a d'ailleurs
refusé immédiatement toute contrepartie aux cadeaux que lui
offre le pouvoir. C'était déjà la même chose avec les 20
milliards de crédits d'impôt compétitivité emploi.
Les assises de la fiscalité,
voulues par tous, politique et centrales syndicales,
consistent également à baisser les impôts que les
entreprises paient aux collectivités locales et les impôts
sur les résultats financiers.
le terrain est bien préparé :
suppression des contraintes administratives, baisse du «
coût du travail », baisse des impôts des entreprises, c'est
ce que demandent les multinationales, c'est ce que Hollande
leur a cédé lors du « conseil stratégique d'attractivité »
(grands patrons et gouvernement) qu'il a réuni le 17
février et qu'il réunira tous les six mois pour permettre
aux multinationales de vérifier qu'il tient parole et
qu'elles peuvent venir s'installer en France pour prendre
leur part de gâteau.
La rencontre entre Gattaz et
Ulrich Grillo (le président du Medef allemand) est
éloquente. (Les Échos du 18 février). Ulrich Grillo déclare
en accord avec Gattaz que « l'avenir de l'Europe se joue au
niveau de la concurrence mondiale » et que « dans cette
optique, il faut resserrer les chaînes de valeur
franco-allemandes ». On voit de quelles valeurs il s'agit !
Et pour illustrer son propos, il précise « entre 2005 et
2012, le coût unitaire des salaires a augmenté de 8 % en
Allemagne et de 15 % en France, le problème, il est là ».
Et Gattaz ajoute concernant la fiscalité
:"aujourd'hui, en France c'est une arme de destruction
massive. Elle est totalement inversée par rapport à nos
voisins. Nous taxons faiblement la consommation, en
revanche le travail est lourdement taxé et le capital
encore plus. Cela m'effraie ! » Ce qui fait dire à
Ulrich Grillo « je pense que la convergence en matière
fiscale et sociale serait une bonne chose. En Allemagne le
poids des charges a été réduit à partir de 2003, mais ce
qui a été encore plus important que la réduction des
charges et les dépenses publiques, c'est le dialogue
social… » Et pour finir : « embaucher et débaucher du
personnel est trop compliqué en France ».
Tout est dit, on ne peut être
plus complet dans la démonstration sur la politique que
Hollande applique : baisse du « coût du travail »,
fiscalité, droit du travail, dépense publique, dialogue
social. Tout cela est dicté par les représentants des
multinationales qui dirigent de manière de plus en plus
claire la politique des pays qui constituent l'Europe.
La France et l'Allemagne de par
leur puissance économique sont à la pointe du développement
du capitalisme en Europe.
Hollande prépare un plan
d'économies sans précédent pour 2015 – 2017. Les dépenses d'assurance-maladie
représentent 185 milliards par an, c'est donc une cible
privilégiée pour le pouvoir qui prévoit une baisse de ces dépenses régulières
par la poursuite de la restructuration des hôpitaux, la
chasse aux « fraudeurs », etc.… Rappelons que
tous les ans, l'application du plan d'économies de
l'assurance-maladie atteint 2,5 milliards d'euros, il est
question de l'augmenter de 700 millions supplémentaires.
Éducation, recherche,
services publics, tout doit être source de profit, et
maîtrisé par les multinationales.
Les nations sont soumises à la
seule loi du profit, les acquis sociaux sont détruits, la
nation, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
n'existe pratiquement plus.
Le capitalisme
européen, pour accélérer son développement, va créer une «
gouvernance économique » avec l'aide des états, et une
organisation de « défense commune ». Maîtrise de l'économie, armement, ce sont les deux
piliers du capital pour son développement et la défense de
ses profits.
Cette aggravation continuelle
des conditions de vie et de travail des travailleurs et du
peuple, n'est contestée par personne.
L'UMP fait de la surenchère dans
les décisions prises et demande 130 milliards "d'économie
sur la dépense publique".
Le Front National muscle son
discours pour surfer sur le mécontentement.
Le front de gauche est englué
dans ses désaccords concernant les élections municipales.
Mélenchon et Besancenot proposent une manifestation après
les municipales, mi-avril, pour faire face à l'extrême
droite, vaste programme ! Le parti communiste français est
d'accord. Le fond même de la politique actuelle n’est
contesté par personne.
Du côté des
syndicats, les centrales sont sur la même ligne :
cogestion des mesures prises. La CFDT continue à se distinguer, elle tient à jouer
les premiers rôles dans la compromission avec le MEDEF et
le pouvoir. La CGT a plus de mal, les syndicats
d'entreprises, même s'ils sont soumis à une forte pression
de la part de la centrale, luttent et résistent autant que
faire se peut.
Toute sa
campagne actuelle sur le « coût du capital » consiste à
convaincre les travailleurs que c'est le coût du capital
qui pose problème, pas le capital lui-même. Le système serait donc aménageable, il suffit de le
revendiquer. Thierry Lepaon qui se répand dans les médias,
tente d'entrainer les travailleurs dans une impasse.
Concernant le pacte de responsabilité, il dit « il est
rentré dans les mœurs, même FO ne le conteste pas ». La suppression
des cotisations de la branche famille ne l'émeut pas. Avec
les autres centrales, il attend des"
contreparties" qui viendraient du MEDEF.
Les travailleurs luttent avec
leurs organisations de base. Ils voient de plus en plus l'écart
qui existe entre leur volonté de lutter pour leurs
revendications et les décisions prises par les dirigeants
des centrales syndicales.
Cela fait
plusieurs fois que Thierry Lepaon est obligé de reculer
face au comité confédéral national, cela fait plusieurs
fois que des syndicats CFDT refusent les décisions de
patrons contre l'avis de leur confédération. Nous devons
continuer comme nous le faisons, à soutenir ces luttes, à
éclairer sur le type de syndicalisme qu'il faut construire.
Parce qu'il y a
de quoi lutter ! !
L'indemnisation du chômage est
une nouvelle fois remise en cause, les patrons déclarent
qu'en 2014 ils n'augmenteront pas les salaires, les
conditions de vie et de travail se dégradent, l'emploi est
soumis au chantage. Pendant ce temps, les résultats financiers
des entreprises (2013) commencent à être publiés.
Total réalise un résultat net de
14,3 milliards, Renault un bénéfice net de 586 millions,
BNP 5,8 milliards, société générale 2,2 milliards (c'est
trois fois plus qu'en 2012), Crédit agricole 2,5 milliards,
EDF 3,5 milliards (plus 7,4 % par rapport à 2012). D'ici la
fin de la semaine, d'autres résultats vont paraître, ils
sont annoncés en hausse par rapport à 2012.
L'initiative de 6 février
dernier à l'appel de la seule CGT a démontré qu'il existe
une volonté de lutter. La centrale syndicale se joint à
l'initiative de FO le 18 mars sous la pression de la base,
c'était déjà le cas pour le 6 février. Mais Thierry Lepaon
a déjà annoncé qu'il n'irait pas à la manifestation contre
le pacte de responsabilité.
Le mécontentement est fort, on
le voit au travers des sondages sur la politique du
gouvernement, mais on sait bien que pour que ce
mécontentement s'exprime dans les luttes revendicatives,
les travailleurs doivent s'unir, se rassembler. Je ne développe pas si ce n'est que pour
souligner notre rôle dans le soutien que nous pouvons
apporter aux luttes.
Nous allons nous
exprimer sur les élections municipales dès la semaine
prochaine, sur notre conception de la commune, son rôle politique. La propagande du pouvoir actuel consiste à faire
croire que la commune est hors du champ politique national
et ne dépend donc pas des décisions du gouvernement. Il
faut que l'on s'exprime sur le sujet comme nous savons le
faire. Rien n'est dit sur les projets de nouveaux
transferts de compétences des communes sur les régions, sur
l'objectif de faire disparaître des dizaines de milliers de
communes, de dizaines de départements, et de transformer
les 25 régions actuelles en sept grandes régions pour
structurer le capital européen.
La commune est devenue
l'instrument de gestion des décisions prises par les
régions, on le voit en matière de transport, d'éducation,
de santé, de services publics.
Les dotations
aux collectivités locales baissent de 1,5 milliards par an,
et il est question au travers de la fiscalité locale
d'aggraver encore cette situation. Les conséquences on les
connaît, privatisation des services, moins
d'investissements.
Autre sujet sur
lequel il faut que l'on revienne régulièrement parce que là
aussi la bataille des idées et intense, c'est la question
des « charges » (cotisations sociales). Gattaz en remet une couche aujourd'hui dans « les
Échos » : « nous croyons à ce pacte (de responsabilité), la
baisse des charges est fondamentale pour avancer, mais elle
n'est pas suffisante » et il demande le maintien du Crédit
Impôt Compétitivité Emploi (20 milliards), la poursuite des
exonérations sur les bas salaires (33 milliards par an) et
la suppression des cotisations familiales (35 milliards).
On a donc besoin de revenir sur le fond, personne ne le
fait parce que tous sont d'accord, on a vu la position des
politiques et des centrales syndicales.
Cette pression des
multinationales pour accélérer la recherche de profits
nouveaux s'accompagne d'une campagne organisée par le
pouvoir socialiste pour faire croire que la crise est
derrière nous, que les décisions sont bonnes, et qu'il faut
poursuivre et accélérer cette politique. On a pu voir et
entendre toute la semaine la propagande sur la croissance
retrouvée… Je n'en dis pas plus.
Les mêmes moyens et les mêmes
arguments sont utilisés partout en Europe.
Plan d'austérité à répétition,
propagande identique sur la sortie de crise. En Italie, on
remplace un dirigeant par un autre pour restructurer en
profondeur la société italienne, autrement dit pour
poursuivre et accélérer la politique
actuelle, en Espagne, au Portugal, en Grèce, la récession
serait vaincue, partout les profits sont à la hausse.
L'austérité vécue par les peuples serait donc la seule
solution politique possible. Le capital agit partout de la
même façon, en France, en Europe, et dans le monde, rien ne
doit lui résister. En Europe, il utilise l'austérité pour
augmenter les profits, ailleurs il utilise la force, les
armes, pour exploiter les peuples et s'accaparer des
richesses. L'austérité n'existe pas dans les dépenses
militaires, elles sont en augmentation constante.
Les tensions
internationales trouvent leurs origines dans la concurrence
de plus en plus violente que mènent les multinationales,
l'impérialisme Étatsunien et européen. Des feux sont
allumés partout, sur tous les continents, en Afrique bien
sûr où le pouvoir français est à la pointe, au Mali, en
Centrafrique. Hollande a d'ailleurs reçu les félicitations
de l'impérialisme américain pour son action dans les pays
d'Afrique.
Moyen-Orient, Libye,
Afghanistan, Irak, ou des dizaines de
personnes meurent tous les jours dans des attentats. (On
remarque la discrétion des médias sur le sujet). C’est l'impasse
organisée des "négociations" entre Israël et
Palestine. C'est également la situation au Sud-Soudan. À
chaque fois les interventions étrangères se font plus
précises. C'est le cas au Venezuela où l'impérialisme
américain, n'a jamais accepté que ce pays lui échappe. Il
tente comme il l'a déjà fait, d'organiser un coup d'état
pour renverser le pouvoir actuel. C'est le cas également en
Ukraine où les intérêts russes et européens s'affrontent.
Citons encore la Corée où les manœuvres militaires menées
par la Corée du sud et les américains commencent, l'Iran,
la Chine et le Japon, partout sur la planète les tensions
s'aiguisent et peuvent dégénérer à tout moment, nous le
disons souvent.
Continuons à
dénoncer cette situation en restant bien sur les questions
de fond, sur le" pourquoi" de cette situation,
parce que là aussi la propagande fait rage. Il s'agirait de sauver les peuples menacés par des
forces obscures, de rétablir la démocratie, les droits
humanitaires. Personne
ne dira que l'objectif du capital, nous mis à part,
c’est de briser toutes résistances à sa domination. Les
partis politiques, les centrales syndicales, celles et ceux
qui se réclamaient du droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes, acceptent la domination de
l’impérialisme. Encore une fois répétons-le, on mesure
aujourd'hui les conséquences de la disparition de l'URSS.
Notre responsabilité est grande
dans cette situation nationale et internationale.
Nous le soulignons à chaque
réunion. Notre activité doit coller à cette situation.
Faire connaître
"Communiste" plus largement, c'est faire
progresser les idées révolutionnaires que nous portons,
c'est faire comprendre que la politique actuelle n'est pas
la seule possible.
Organisons-nous pour cela.
Des réunions
élargies ont eu lieu et vont avoir lieu
pour expliquer notre politique, nous renforcer. Il faut
vraiment poursuivre, faire plus dans les départements pour
nous développer.
Nous avons des outils pour cela.
Notre brochure
est prête. C'est un support politique très
important qui aidera le débat national que nous allons
engager. Un texte de présentation de la brochure est disponible.
C'est une aide pour organiser partout les rencontres.
Quelques-unes sont déjà prévues, des invitations à la
presse seront lancées. Multiplions partout ces initiatives.
Notre présence dans les luttes
avec les travailleurs et appréciée.
Concernant les
élections européennes, nous sommes en train de constituer
les listes dans toutes les régions.
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