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La période électorale démontre clairement les enjeux de classe qu’elle recouvre.
La multitude de
candidats déclarés, ceux encore à venir, fait état des difficultés de la
bourgeoisie à trouver la relève à la politique du capital.
Nous l’avons noté
à plusieurs reprises, le profond mécontentement dû à la politique menée
depuis des années, les luttes des travailleurs, les taux d’abstention
relevés lors des élections sont un vrai problème pour le capital. Comment
trouver un candidat susceptible de mener une politique répondant aux
exigences du capital avec sa recherche permanente d’accumulation toujours
plus forte de profit avec son lot de conséquences sociales qu’il est obligé
d’aggraver pour y parvenir ?
L’équation n’est
pas si facile à résoudre d’autant plus qu’elle comporte plusieurs
inconnues.
• Comment va se traduire le mécontentement
?
La lutte contre
la loi El Khomri, les luttes actuelles notamment sur les salaires et
l’emploi montrent que les travailleurs ne se laissent pas faire malgré les
obstacles et les freins à l’action de toute sorte développés par des
confédérations syndicales comme la CFDT et la répression syndicale.
La principale
crainte du patronat c’est le développement des luttes sociales car il sait
que c’est le seul et unique moyen pour stopper ses exigences.
• Ce mécontentement social dû à la suppression
successive d’acquis sociaux, de droits élémentaires d’accès aux services
publics, de pressions continuelles sur le pouvoir d’achat par ce qu’ils
appellent « la baisse du coût du travail », se traduit par les
luttes mais également par un rejet politique, c’est ce qu’on constate au
travers des chiffres de l’abstention lors des élections.
• Pour parvenir à poursuivre cette
politique, le capital a besoin de construire une nouvelle équipe à son
entier service. On constate d’ailleurs que les gouvernements mis en place
sont de plus en plus éphémères, très rapidement contestés et usés par la
politique qu’ils appliquent.
Il lui faut donc
donner une « image nouvelle » pour appliquer la même politique d’autant
plus que le capital a besoin d’accélérer les mesures qu’il préconise pour
accumuler toujours plus de profits. On le voit avec le programme présenté
par le Medef à l’occasion des élections.
Donner cette
image nouvelle, créer des illusions, c’est l’objet de la multitude de
candidats à l’élection Présidentielle, chacun a « ses solutions » sans
sortir du cadre du capital, ce n’est pas un exercice facile.
La propagande
capitaliste joue à plein le rôle idéologique indispensable pour détourner,
dévoyer le débat politique, pourvu qu’on reste dans le cadre fixé.
Les partis
politiques sont le relais de cette politique, aucun de la remet en cause
nous le savons mais des illusions persistent.
Dans cette
bataille politique, le Front National compte les points. Les médias qui
font sa promotion mettent en avant la possibilité pour ce parti de prendre
le pouvoir.
Tous les sondages
placent le Front National au deuxième tour, la possibilité de gagner les
élections est de plus en plus évoquée et déjà des appels à l’union
nationale sont lancés pour faire face à cette éventualité déjà utilisée en
2002.
Comme on le voit,
toute la campagne actuelle consiste à enfermer le débat pour qu’il n’en
sorte rien, sinon une austérité renforcée et de nouveaux coups portés
contre les travailleurs.
Nous ne sommes
pas au bout de nos surprises, tout est utilisé pour éviter le vrai débat
sur les causes des difficultés économiques et sociales. Le Front National
qui est présenté aujourd’hui comme un parti de pouvoir et qui se présente
lui-même comme « le parti du peuple et des travailleurs » est de plus en
plus le parti d’une relève possible pour le capital.
La droite et ses
alliés, le Parti Socialiste et les siens restent aujourd’hui les fers de
lance du capital mais le recours au Front National est de plus en plus à
l’ordre du jour.
L’opération
Macron consiste à donner cette « nouvelle image de la politique » moderne,
jeune, différente etc. pour satisfaire les appétits de la grande
bourgeoisie. Macron est lui aussi un recours possible, cela suscite
quelques convoitises de la part de Bayrou qui rejoint Macron, ancien dirigeant de la Banque
Rothchild.
Mélenchon et son
allié du Parti Communiste Français (qui fait face à un mécontentement
grandissant dans ses rangs), tient de grands et longs discours pour
présenter son programme dont on voit mieux la finalité : ne pas toucher aux
fondements du capitalisme, le rendre plus acceptable mais incontournable.
Il suffit d’examiner les propositions contenues dans son programme pour
s’en convaincre.
À la question
d’un journaliste sur la radio RTL, Éric Coquerel numéro deux de la « France
insoumise » de Mélenchon, est interrogé sur la proposition phare du
programme de Mélenchon, Coquerel répond sans hésiter : « la sixième
république ». Changer les institutions serait ainsi la panacée pour changer
de société. Le pouvoir du peuple ne peut être que l’œuvre du peuple
lui-même.
Ce petit tour
rapide sur l’actualité politique confirme bien que quels que soient les
partis ou le nombre de candidats, personne ne remet en cause le capitalisme
en tant que système politique. Tous veulent soit le
« développer », soit « l’aménager », disons-le,
répétons-le, démontrons-le à chaque occasion qui nous est donnée.
S’il fallait une
démonstration supplémentaire, c’est le silence pesant observé par tous les
candidats sur les profits capitalistes, ces masses énormes d’argent
détournées par le capital, qui pourraient être utilisées pour satisfaire
les revendications, les besoins sociaux considérables à résoudre.
Un seul exemple :
le débat sur l’assurance-maladie, le rôle des mutuelles santé. Tous les
candidats ont défilé devant les représentants de la Mutualité française et
tous ont fait des propositions notamment sur le remboursement des lunettes,
des soins dentaires, de la prise en charge de la dépendance, tous ont fait
des propositions de financement de ces mesures en prônant de « nouvelles
économies » aucun n’a parlé des profits pour les financer.
C’est normal
parce que lorsque l’on s’attaque au profit on s’attaque au capital et aucun
ne se présente pour cela.
L’idée du partage
des richesses n’a même pas été évoquée, c’est tout dire…!
Nos propositions
prennent donc tout leur sens dans cette campagne politique.
Oui l’argent
existe pour satisfaire les besoins sociaux, il faut que l’on rappelle les
chiffres :
• 2185 milliards de richesses ont été
créés en 2016 en France,
• Les 20 premières multinationales
françaises ont réalisé un chiffre d’affaires de 1250 milliards en 2016,
• Les entreprises du CAC 40 ont
engrangé 85 milliards de profits en 2016,56 milliards d’étés versés aux
actionnaires,
• 275 milliards d’exonérations fiscales
et sociales ont été attribuées aux entreprises,
• La fraude fiscale organisée permet
d’échapper à l’impôt, cela représente 80 milliards par an en France
• 44 milliards par an sont dépensés
pour faire la guerre, le budget de la défense augmente, le gouvernement
prévoit de porter ce budget à 2 % du produit intérieur brut français.
• Et s’il fallait en rajouter :
• La capitalisation boursière de Paris
s’élève à 1362 milliards (chiffre du 11 janvier 2017) soit trois fois le
budget de l’État (368 milliards).
De ces chiffres,
personne ne parle, aucun candidat ne met en avant les énormes moyens
accaparés par le capital au détriment des besoins sociaux à satisfaire.
À nous de le
faire à toutes occasions, mais ce n’est pas suffisant. Il faut dire comment
faire pour que ces moyens soient utilisés par le peuple, comment faire pour
que ces richesses lui reviennent ?
Il ne se passera
rien sans lutte.
La lutte est la
condition essentielle pour prendre ces richesses au capital. La source
unique du profit, c’est l’exploitation du travail. Il est donc
indispensable que les travailleurs par la lutte s’approprient et maîtrisent
les moyens de production et les moyens d’échange. C’est primordial, nous le
savons mais là aussi il faut le répéter sans retenue d’autant que nous
sommes de plus en plus écoutés lorsque nous développons ces idées.
Chasser le
capital, c’est lui prendre par la lutte ses moyens d’existence.
Soyons plus clair
également sur la question des luttes.
Les luttes
revendicatives sont indispensables pour faire reculer le capital et
satisfaire les revendications, mais le capital n’a jamais disparu, il
s’adapte en fonction des rapports de force.
La lutte
politique est essentielle pour chasser le capital, lui prendre le pouvoir
pour construire une société socialiste dirigée par le peuple pour le
peuple.
Nous avons besoin
de nous expliquer sur cette question. De tous les candidats aux élections,
aucun ne l’aborde (et pour cause) elle est pourtant la condition centrale
pour un changement de société.
Notre conception
de l’union.
Il n’est pas
question pour ce qui nous concerne de nous allier à tel ou tel autre parti
politique pour donner l’illusion d’être plus fort et pour ne rien changer,
nous en avons vécu l’expérience. L’union ne peut être que le rassemblement
des travailleurs et du peuple autour d’un objectif commun : organiser
la lutte quotidienne jusqu’à l’abolition du capital et la construction
d’une société socialiste.
Nous avons
beaucoup à débattre, mais nous avons des arguments de poids pour aller au
débat. Nous serons les seuls à les développer, tant sur les questions
nationales qu’internationales, d’autant que la casse de l’industrie
continue, que l’agriculture française est dépecée, que les salaires sont
bloqués, les pensions les allocations sociales également, chacun a pu
entendre les propositions des partis sur la santé, le logement, le chômage.
Tous se dirigent vers une austérité renforcée.
Sur les questions
internationales, qui sont très liées aux questions nationales, c’est la
même chose. Les impérialismes s’affrontent, la concurrence internationale
entre multinationales, les tensions entre grandes puissances dont les
budgets militaires explosent génèrent des guerres qui peuvent se
généraliser.
Tout cela au nom
du profit, au détriment des peuples qui sont massacrés, déplacés, et qui
sont utilisés par ces mêmes grandes puissances pour réprimer, restreindre
les libertés dans les pays dirigés par les états agresseurs, au nom de la
lutte contre le terrorisme.
En France, la
répression se fait de plus en plus dure, les syndicalistes sont
pourchassés, condamnés à de la prison ferme parce qu’ils luttent, les
jeunes des quartiers populaires où le chômage atteint 45 % sont violemment
et de plus en plus souvent agressés sans aucune raison.
Cette violence
d’État, cette répression vise à intimider, elle a toujours été utilisée en
tout temps pour annihiler toute forme de révolte.
Comme on le voit,
le capital dispose d’outils à son service : un appareil d’État, une
propagande dirigée par les multinationales, un appareil répressif pour
imposer sa politique. C’est à cela que nous nous attaquons, et lorsque nous
parlons de lutte pour changer de société, soyons clairs sur les moyens à
mettre en œuvre.
Il faut un parti
révolutionnaire fort et influent, c’est le but que nous poursuivons.
Notre
développement ne dépend que de notre action, de notre activité dans les départements,
de nos rencontres aux portes des usines, de notre présence dans les luttes
avec les travailleurs, des débats que nous pouvons avoir dans les réunions
publiques etc., bref tout dépend de notre travail militant.
L’actualité
politique, les échéances électorales nous permettent d’avoir une activité
plus soutenue mais il faut gagner en régularité dans nos initiatives,
multiplier les rencontres, les débats partout où nous sommes et où nous
pouvons être. C’est indispensable pour renforcer notre parti, lui donner
une autre dimension. Posons partout la question des moyens financiers.
Nous sommes je l’ai déjà dit, mieux
écoutés, appréciés, nous nous renforçons, nous sommes de plus en plus
interrogés sur des questions ou des aspects liés à notre politique, c’est
nouveaux et très intéressant, nous allons
répondre aux interrogations qui nous sont posées.
Nous avons donc
beaucoup de travail, l’élection présidentielle nous permet de mieux
préparer les élections législatives.
Le secrétariat va vous faire part d’une première approche des
candidatures dans les circonscriptions afin de ne pas perdre de temps, de nous mettre
tout de suite au travail, de décider
des initiatives.
Nous allons bien
entendu utiliser les réseaux sociaux pour développer nos idées, les mettre
à la portée du plus grand nombre.
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