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Introduction à la réunion du
Bureau national du 23 mars - Extraits
…Avec les échéances électorales des prochaines
semaines, de la droite la plus réactionnaire aux démocrates-chrétiens, en
passant par les sociaux-démocrates dans leur diversité et autres réformistes de
tous ordres, le capital travaille à l’adaptation de la société aux impératifs
qu’imposent son évolution, sa
construction européenne.
Bayrou explique que les délocalisations sont fatales, que
« l’état ne doit pas tout régler…
Fillon, le conseiller politique de Sarkozy, considère que « la
négociation d’entreprise doit être libérée … qu’il faut bousculer un peu les
partenaires sociaux pour qu’ils bougent »…
Royal en appelle au compromis social à la
négociation. « Partout le donnant–donnant doit prévaloir », plaide pour une institutionnalisation du
syndicalisme en remettant en cause le principe de la liberté syndicale qui dans
son histoire ne le fut qu’avec la charte du travail de Pétain…
…Il n’y a pas parmi les 12 candidats à l’élection
présidentielle, un candidat qui porte une politique qui ne soit pas ancrée dans
la logique du capital sous une forme ou une autre.
… La question d’un autre ordre économique est absente de la campagne. L’ordre social qui se dessine vise à gagner l’intégration de
la classe ouvrière à la logique du capital, vise l’association capital –travail.
…Le sommet européen de Berlin du 25
mars a convenu de trouver une issue à l’actuelle crise institutionnelle d’ici
aux prochaines élections européennes, juin 2009. L’enjeu étant de construire
vite sans le dire l’Europe Politique.
Par
ailleurs, si pour les salariés
chaque jour porte son lot de recul social, le capital poursuit ses
restructurations.
…Dans le secteur bancaire, une éventuelle fusion
Barclays/ABN AMRO donnerait naissance à la deuxième banque d’Europe d’un poids
de 120 milliards d’euros. Restructurations dans l’aéronautique avec AIRBUS,
dans l’automobile avec 3000à 4000 suppressions d’emplois par an sur les quatre
prochaines années en France, dans la métallurgie avec 30 000 à 50 000 suppressions d’emplois pas an sur les 5 ans à venir.
Partout, on est au cœur de
stratégies du capital avec en résultante des profits qui se portent de mieux en
mieux.
Les bénéfices de LVMH ont grimpé de 30% en 2006,
avec 1.9 milliards d’euros.
Ceux de la Société Générale franchissent le cap des
5 milliards d’euros.
Total
a engendré un profit net à 11.8 milliards d’euros, avec un résultat en progression de 5% par rapport à
2005.
BNP a annoncé une progression de 25% de son
résultat net à 7.3 milliards d’euros pour 2006.
AXA a fait un bénéfice de 5 milliards d’euros et
Allianz (un assureur aussi) a
dégagé 7 milliards d’euros de résultats nets et a déposé son projet d’offres
sur AGF.
Les 40 plus grosses sociétés françaises devraient
verser 31.6 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2007, en
progression de 23.5% par rapport à 2006, soit une croissance plus rapide que
celle du CAC 40 ou des profits.
Nestlé lui, le N°1 de l’agroalimentaire, a dégagé
sa plus forte marge bénéficiaire depuis la création du groupe il y a 140 ans,
son résultat net grimpant de 14% pour atteindre 9 milliards de francs suisses.
« Le Monde » commente
les suppressions sur 4 ans de 10 000 emplois chez Airbus.
Il s’agit d’unifier la production, de mieux
l’organiser et d’augmenter le recours à
la sous-traitance comme l’a fait Boeing pour se concentrer sur son métier de base : la conception,
l’assemblage et la vente d’avions. Ainsi Boeing, qui de 1998 à 2005 a supprimé
50 000 emplois sur les 100 000 qu’il comptait, n’a plus aujourd’hui
que 9000 emplois directs, le reste étant relégué chez une kyrielle de sous
traitants qu’il presse comme des citrons. Le journal « Le
Monde » poursuit « Si Boeing fait fabriquer 70% de
son 787, Dreamliner hors de ses murs, l’objectif d’Airbus est de monter de 30% à 50% pour le futur A350. » A quand une entreprise sans
usine ?
Une entreprise sans usine, c’est le modèle
industriel économique et social
que travaille le capitaliste, un modèle où tout acte de production est externalisé, transféré chez une
myriade de sous-traitants concurrents et assujettis, qui pousse l’exploitation
et transforme le paysage social. Aujourd’hui, le stade d’évolution que connaît
Airbus, le plan « Power 8 » trouve son origine dans ces visées. EADS n’a été que la résultante
de la privatisation de l’aérospatiale sous le gouvernement Jospin.
Airbus, le plan Power 8 d’aujourd’hui, c’est la
poursuite de la privatisation de 95. Une privatisation n’appelle qu’à de
nouvelles restructurations adaptant l’outil au capital. Plus que jamais sont posées la question de la maîtrise par
la nation des grands moyens de production et d’échange, celle des
nationalisations, celle de la sortie de la sphère concurrentielle des
secteurs-clefs de l’économie et de la coopération sur ces bases des Etats
Nations souverains.
Ce n’est pas cette dimension que porte la CGT quand
elle déclare : « la reprise d’actions peut se faire à la fois par
la puissance publique, par des institutions financières parapubliques et par
des collectivités territoriales ».
Là nous sommes devant une
logique de composition avec le capital, de mixité du capital, de luttes qui
s’inscrivent dans l’ordre établi.
C’est la même logique qui anime le PS quand Royal en appelle à l’entrée de 8 régions
au capital d’EADS.
Mieux, l’entrée de régions française au capital d’une entreprise
privée, (impossible actuellement,
contrairement aux Lander allemands, aux communautés autonomes espagnoles, aux
régions belges), pose la question du pouvoir économique des régions, en appelle
à de nouvelles réformes faisant des régions des vecteurs de mise en œuvre des
politiques économiques européennes, poussant ainsi encore davantage
l’intégration européenne.
Ne perdons pas de vue que région et régionalisation
sont autant d’outils structurels de l’Europe, de l’organisation d’un vaste
espace supranational fonctionnant à partir du principe de subsidiarité.
…Le climat, c’est aussi des
luttes, entre autres sur les salaires
et l’emploi, qui se développent, même si elles sont tues par les médias, de
Citroën Aulnay à Poissy en passant par Peugeot Mulhouse, Ikéa, Renault Le
Mans, les fonderies du Poitou, Alcatel à Lannion, le groupe Faurecia , Monoprix
Paris, le port de Marseille et d’autres. Face à l’arrogance et aux pressions de
toutes sortes du patronat, face aux idées martelées par les économistes,
experts de tout poil et journalistes qui expliquent que la concurrence ne
permet pas d’augmenter les salaires, les salariés ont décidé de relever la tête
et d’exiger leur dû. Pour faire céder le patronat et le
gouvernement, rien ne remplacera l’action unie et déterminée des salariés.
En face du capital, il n’y a que
la lutte, elle est incontournable et,
nous devons nous saisir de la campagne électorale pour en faire un instrument
de lutte, un instrument pour nous
exprimer, nous faire connaître, faire grandir notre parti, faire avancer les
consciences, travailler l’idée qu’il existe une autre logique, d’autres choix.
Remettre en cause la logique du capital ne peut que
passer par la maîtrise des moyens de production et d’échange par la nation, des
choix et des orientations qui visent à répondre aux besoins du peuple.
...Autant d’éléments qui
expliquent que
« Communistes » ne soutiendra aucun candidat au premier comme au
second tour des présidentielles. Autant d’éléments, qui appellent
à faire des élections présidentielles un temps fort de notre activité pour nous
exprimer et préparer une présence forte, que nul ne pourra ignorer, de
candidats de « Communistes » aux législatives Les législatives sont
un enjeu de taille. Etre présents, actifs dans les échéances électorales c’est
lutter, c’est mener le combat de classe…
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ces extraits à un(e) ami(e)
http://www.sitecommunistes.org