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Les annonces du
gouvernement sont sans surprise, il s'agit d'accélérer le
développement du capital en France, les mesures prises
consistent à s'attaquer aux acquis sociaux, au
« coût du travail » dans le seul but
d'accumuler du profit et faire payer la facture au
peuple.
Nous le disons
souvent, les pouvoirs en place que ce soit en France ou
ailleurs sont à la solde des multinationales, ce sont
elles qui dirigent, qui dictent les mesures à prendre. Ces mesures sont plus ou moins de violentes selon
les rapports de force et le niveau des luttes, mais force
est de constater que la bataille idéologique, en
l'absence de parti révolutionnaire est difficile. Le
capital marque des points dans cette bataille ce qui pose
bien sûr la question de notre développement.
Aller plus vite et plus
loin et donc l'objectif poursuivi par Hollande et ses
alliés dont le camp s'élargit, on le voit avec l’UDI et ses
propositions.
Cet énième plan
d'austérité attaque
de plus en plus précisément les structures de la
société française.
Les 18 milliards «d'économies
» sur les dépenses de l'État consistent à poursuivre le
blocage des salaires des fonctionnaires (gelé depuis
quatre ans) jusqu'en 2017 et à poursuivre la baisse des effectifs
de la fonction publique.
Les attaques sont plus
précises et plus profondes, les pensions de retraite sont
gelées jusqu'à la fin 2015 ainsi que les prestations
sociales.
11 milliards concernent
les collectivités territoriales déjà atteintes par la diminution
de 1,5 milliards de dotations par an. Il est question de
réduire le nombre de communes, de départements, de
communautés de communes, de diviser par deux le nombre de
régions, et surtout de redéfinir les missions de service
public, de transférer les compétences sur les régions, de
poursuivre la privatisation des services publics que l'on
constate déjà surtout au niveau des communes.
Cette
déstructuration de la société n'en est qu'au début, elle est accompagnée d'attaques permanentes
contre les acquis sociaux tels que les salaires, on l'a
vu avec la poursuite des exonérations de cotisations
sociales au profit du capital mais ce n'est pas
suffisant.
Le socialiste Pascal
Lamy donne le ton en proposant d'instaurer plusieurs
niveaux de SMIC, proposition reprise immédiatement par le
Medef qui n'a jamais supporté la création d'un salaire
minimum garanti, rappelons-nous les grandes luttes menées
à ce sujet
Une étude du journal
les Échos révèle que 40% de ceux qui ont un travail sont
endettés, 28 % des plus de 55 ans le sont
également. Elle nous apprend aussi que l'épargne
salariale est de plus en plus axée vers la retraite, 60 %
des salariés épargnent pour un complément de retraite,
ils étaient 48 % en 2011. La casse du système de retraite
produit ses effets : recours à l'assurance privée,
système de retraite à deux vitesses.
Tous les repères
collectifs sont attaqués, les retraites, les salaires, et
dans le même ordre d'idées la sécurité sociale et les
dépenses de santé dont les ressources vont être diminuées
de 21 milliards (10 pour la sécu, 11 pour les dépenses de
santé).
En parallèle
ce sont des dizaines de milliards de cadeaux (entre 30 et
48) qui sont octroyés aux patrons. Outre les exonérations de cotisations sociales (30
milliards par an aujourd'hui), le gouvernement veut
exonérer totalement les salaires au SMIC ce qui va
multiplier le nombre de smicards, c'est aussi l'extension
des exonérations de cotisations sociales de la branche
famille, les nouveaux cadeaux fiscaux (suppression de la
taxe sur les chiffres d’affaires en attendant la suite
des négociations), le crédit impôt recherche (cinq à 6
milliards par an), le crédit impôt compétitivité (20 à 30
milliards par an). L'addition était de 220 milliards en 2013,
elle va exploser en 2014. Ce dont on est sûr, c'est
qu'elle va être présentée aux travailleurs.
Pendant ce
temps-là, les profits sont au plus haut niveau depuis la
« crise » de 2008, nous avons
publié les résultats les plus significatifs sur notre site.
Les
fusions-acquisitions reprennent de plus belle,
dernièrement Vivendi dans la téléphonie ainsi que SFR, Holcim
dans les cimenteries, Peugeot dans l'automobile.
La casse de l'industrie
se poursuit, la Seita et délocalisée en Pologne, Fagor-
Brandt a reçu 47 millions de fonds publics pour supprimer
400 emplois.
La seule industrie
pharmaceutique met en œuvre 54 plans de licenciements
pour supprimer 12 000 emplois malgré un chiffre
d'affaires en hausse de 5,5 % et des taux de marge dont
on nous parle
souvent de 28 %.
Au niveau
mondial, même constatation, les « hedge-funds » autrement
dit les fonds spéculatifs qui réalisent leurs profits sur
la dette des états n'ont jamais été aussi élevés. 2628,3 milliards de
dollars fin 2013 soit une hausse de 16,7 % en un an. Ces fonds spéculatifs agissent directement sur la
dette des états avec leur complaisance et engrangent des
profits énormes.
Voilà à quoi servent
les états en place : servir le mieux possible le
capital pour ses profits.
Changer
l'équipe en place ne change rien à cette politique, au
contraire, à chaque changement quand le pouvoir est usé
et il s'use de plus en plus rapidement, de nouveaux coups
sont déjà prévus.
La droite s'agite mais
ne dit pas grand-chose, les socialistes ont dépassé leurs
propres objectifs. L’UDI fait de la surenchère (il demande
80 milliards d'économies, le rétablissement des 39 heures
payées 35), tout en se déclarant d'accord avec la
direction prise par le pouvoir.
Le Front National se
déclare « le parti des plus pauvres » alors qu'il se
prononce contre l'action syndicale, pour l'économie de
marché, et en faveur du resserrement des liens entre
l'État et l'entreprise. Il faut que l'on continue à dénoncer
le positionnement de ce parti entièrement dévoué au
capitalisme, son accord avec une société dominée par le
capital.
Quant aux partis dits «
de gauche » ou « à gauche de la gauche », ou qui se
disent anticapitalistes, ils sont tous sur la même
longueur d'onde. Sous l'apparence d'un discours sans
concession, ils sont tous pour le partage des richesses,
autrement dit pour la rémunération du capital, en réalité
ils camouflent leur choix de gestion du capital sous un
discours révolutionnaire.
Non, on ne partage pas
les richesses avec le capital, elles reviennent au peuple
et à lui seul.
Que dire des centrales
syndicales ?
C'est le
silence total, les acquis sociaux sont malmenés, détruits
les uns après les autres,
les centrales syndicales ne bougent pas, elles ont
fait le choix politique d'accompagner les décisions des
multinationales. Le « dialogue social » ça marche à tous
les coups, à chaque rencontre c'est un nouveau recul.
La CFDT, à la pointe de
la complaisance avec le Medef, voudrait aller encore plus
loin. Elle déclare que « même si nous partageons le même
constat avec la CGT (confédération), nous ne sommes pas
d'accord avec ce syndicalisme qui consiste à multiplier
des grèves ».
Tout est dit, la CFDT
considère que les luttes ne servent à rien, rien ne vaut
une bonne réunion avec les patrons !!
Elle montre d'ailleurs
toute sa volonté de poursuivre dans cette voie en
refusant de participer aux manifestations du 1er mai.
Malgré cela les luttes
dont nous vous avons souligné la fréquence depuis quelque
temps, notamment sur les salaires s’élargissent.
Il est donc possible et
il y a surtout beaucoup de raisons de les développer, les
organiser, les coordonner, ce qui n'est pas le choix des
confédérations, nous savons.
La CGT est
obligée de tenir compte du mécontentement, c’était le cas
pour l’organisation du 18 mars dernier, mais elle laisse
volontairement les syndicats, les fédérations se débattre
seuls avec leurs revendications ce qui est loin du niveau
à atteindre pour faire reculer le capital.
Trois journées
d'actions sont prévues en mai, le 1er mai, le 15 mai dans
la fonction publique et le 22 mai chez les cheminots. On
voit bien que ces initiatives sont séparées les unes des
autres, sans cohérence entre elles, elles ont un
caractère essentiellement professionnel alors qu'il
faudrait leur donner une dimension nationale.
Ce qui se passe dans la
fonction publique avec le gel des salaires, la baisse
programmée des effectifs n'est-ce pas un enjeu
national ?
Ce qui se passe à la
SNCF avec la privatisation des lignes, la politique
globale des transports ferroviaires, n'est-ce pas
également un enjeu national ? On pourrait développer sur
la santé, les retraites, l'industrie, la recherche,
l'enseignement etc.
Il faut donc que l'on
continue avec nos moyens de pousser aux luttes, à être
présent chaque fois que nous pouvons avec les
travailleurs en lutte pour éclairer sur la situation,
faire part de nos propositions.
Les dernières
élections municipales ont démontré le rejet profond de la
politique qui est menée, mais qu'existe-t-il comme
perspectives pour les travailleurs ?
Changer les
dirigeants ne sert à rien, les électeurs en ont fait
l’expérience. Les luttes sont le seul recours pour faire
reculer le capital et le supprimer, c’est le chemin que nous avons
choisi.
Les luttes ne peuvent
que s'amplifier, nous avons un vaste champ d'action à
investir, à occuper.
Les élections
européennes peuvent aider à mieux nous faire connaître, à
franchir une nouvelle étape, à nous renforcer. Prenons
toutes les dispositions, utilisons tous nos outils, la
brochure, le site, les affiches, organisons dans les départements
des conférence de presse ouvertes aux sympathisants pour
démontrer qu'il n'y aura qu'un seul vote communiste aux
élections, qu'un seul vote révolutionnaire, qu'un seul
vote de lutte à la disposition des travailleurs, qu'un
seul vote qui ne trompera personne.
Nous sommes les seuls à
avoir une position claire sur l'Europe. Non à l'Europe
capitaliste, oui à l'Europe des peuples, à la
souveraineté nationale, aux coopérations et non à la
domination, sortir immédiatement de l'OTAN et de toute
organisation supranationale, voilà notre position, il y a
de quoi débattre !
Surtout aujourd'hui,
depuis la défaite de l'URSS et le développement du
capitalisme mondial, jamais les conflits n'ont été aussi
nombreux que ce soit en Europe, que l'on nous présentait comme
un havre de paix, ou ailleurs dans le monde.
La concurrence
acharnée que se livrent les multinationales pour
s'accaparer les richesses n'a pas de limites.
Aucun continent n'est
épargné et c'est loin d'être terminé.
L'exemple de l'Afrique
est éclairant parce que les pays qui la composent font
l'objet de convoitises de la part des multinationales qui
pressent les états à agir vite, les richesses sont
considérables.
L'Afrique possède près
des deux tiers des réserves minérales de la planète, plus
de la moitié des réserves d'or, de platine et de
palladium, de cobalt et de diamants, ainsi que de
l'uranium, du manganèse et du chrome en très grande
quantité. 17 % des dépenses d'exploration ont été réalisées
sur ce continent en 2012 contre 5 % en 1990. Ce n'est
donc pas d'aujourd'hui que les multinationales ont l'œil
rivé sur les richesses de ce continent. 330 nouveaux
projets d'exploitation sont en cours. Ajoutons à cela,
l'infrastructure à construire, les routes, les réseaux électriques,
chemin de fer etc. Les multinationales ont de beaux
jours devant elles.
En même temps elles
sont prêtes à se livrer une guerre sans merci entre elles
dans cette course au profit. On est très loin de la
coopération entre les peuples c'est la domination qui
règne quel qu'en soit le prix.
On comprend
mieux les interventions militaires françaises ou
étrangères pour préparer le terrain aux multinationales.
Dans cette situation
internationale, les tensions restent très vives en
Ukraine. Nous en avons beaucoup parlé sur notre site et
dans nos journaux. Un accord bidon a été signé entre les
USA, l'Europe et la Russie, chacun aujourd'hui se renvoie
la balle sur le non-respect de cet accord. Les tensions
demeurent, la position des partis communiste ukrainien et
russe sur l'indépendance des peuples est la plus juste,
nous la soutenons.
On peut remarquer la
propagande utilisée ici en France et partout ailleurs
faisant croire à un retour de l'URSS, à une situation
ressemblant à l'époque du Potemkine, ce qui n'a
évidemment rien à voir avec la révolution russe.
Mais cette propagande
démontre la crainte du capital en Russie comme ailleurs
face aux luttes possibles des peuples.
Un mot encore sur la
lutte des salariés chinois pour de meilleurs salaires,
40 000 salariés se sont mis en grève, les
multinationales Nike, Adidas, ASIC tentent de bloquer les
négociations ce qui fait dire avec regret au journal les
Échos que « la hausse des salaires et la modification des
rapports entre employés et patronat remet en cause le
développement de la Chine ». On remarque la haine de ces
journaux au service exclusif des multinationales à
l'encontre des peuples qui luttent.
Il y a eu 30 % de grève
en plus sur les salaires depuis le début de l'année 2014
en Chine. Les travailleurs chinois ont arraché
d'importantes augmentations de salaire depuis quelques
années, entre 15 % et 35 %. C'est le cas également en
Inde, notamment dans le textile, et en Afrique du Sud
dans le secteur minier. Mais qui en parle ? Les
luttes se poursuivent en Grèce, au Portugal, en Italie,
en Espagne, et elles ont repris de plus belle au Brésil.
Là encore qui en parle ?
Comme on le
voit, la lutte des classes est internationale, ce qui manque
ce sont des partis révolutionnaires suffisamment forts
pour balayer le capital.
Un mot sur les
élections présidentielles en Algérie, le peuple algérien
s'est massivement abstenu, l'absence de perspectives
politiques, un taux de chômage record malgré les énormes
richesses du pays, une population très jeune (25 ans de
moyenne d'âge), la domination en sous-main de l'armée sur
le pays, l'utilisation de la religion, la corruption sont
des obstacles au développement des luttes. Ici également
l'absence de parti révolutionnaire pèse sur la société
algérienne.
Il faut noter
l'augmentation importante des dépenses d'armement dans le
monde, elles atteignent 270 milliards d'euros en 2013, ce
n'est certainement pas pour collectionner des armes, mais
pour faire face à la concurrence internationale acharnée
dont nous avons déjà parlé.
La plupart des grandes
puissances ont augmenté leur budget militaire et en
parallèle le commerce des armes est florissant : les
États-Unis vendent 29,2 % de leur production d'armement,
la Russie 27,1 %, l’Europe avec l'Allemagne 6,6 %, la
France 5,4 %.
Les transferts d'armes
chinois ont augmenté de 212 % entre 2009 et 2013, la
Chine avec 5,5% est passée devant la France parmi les
pays exportateurs d'armes.
Des masses d'argent
considérables existent pour préparer la guerre, l’argent
ne manque pas, il n’a jamais manqué, il faut l’arracher
au capital pour satisfaire les revendications des
peuples.
Pour y parvenir il faut
développer les luttes en France et dans le monde nous
aurons à le dire fortement à l'occasion des élections
européennes qui se profilent.
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