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27 avril 2016

 

Bureau National du 27 avril 2016

Rapport introductif de Tonio Sanchez, Secrétaire National

 

 

 

Introduction à la discussion

Chers camarades.

Notre Bureau National est consacré essentiellement aujourd’hui à examiner notre activité, notre organisation, ce qu’il faut bouger pour transmettre notre projet politique, le mettre à la portée du plus grand nombre avec un objectif central : développer partout notre Parti, le renforcer.

Ce n’est pas une mince affaire nous le savons, la tâche est difficile mais en même temps, le champ politique est grand ouvert puisque tous les partis actuels s’inscrivent, avec des formes différentes, dans la gestion du capital.

Nous connaissons la situation économique et sociale : en un mot tout s’aggrave et ils (pouvoir et Medef) veulent aller plus loin, accélérer ce qu’ils appellent les « réformes » qui consistent essentiellement à baisser le « coût du travail » en s’attaquant aux acquis sociaux. Ils comptent aujourd’hui porter gravement atteinte au code du travail pour supprimer les obstacles à la formation du profit, mais ils ont affaire à la montée des luttes, au mécontentement profond, au rejet massif de cette politique. Rejet qui s’exprime de diverses manières, mais marqué par le manque de perspective politique claire.

Examinons les rapports de force en présence :

Sur le plan politique, le pouvoir actuel est usé, il sera utilisé jusqu’au bout pour appliquer la politique des grands groupes capitalistes. Il faut donc lui trouver une relève dans cette situation de profond mécontentement.

Sans aller trop loin dans les détails, tous les partis politiques sont occupés à construire cette relève chacun veut marquer autant que possible sa différence avec l’autre, mais tous sont d’accord pour gérer au mieux le système actuel, aucun ne le remet en cause.

Encore une fois les formes sont différentes, mais le fond politique est le même.

Macron construit son propre mouvement politique parce que « la gauche ne le satisfait pas». Macron l’homme de la finance tente de se positionner et de se démarquer du gouvernement pour poursuivre et aggraver la politique actuelle. Il bénéficie en cela de la propagande capitaliste qui lui prévoit un grand avenir politique !!

Pour la droite c’est plus simple, ils sont tous d’accord comme Macron pour aller plus vite et plus loin dans les « réformes ». Nous connaissons le sens du mot « réformes » que tout le monde emploie aujourd’hui, c’est mettre toute la société au service du capital. Avec une dizaine de candidats à l’élection présidentielle, la droite tente de faire apparaître des politiques différentes, ce qui ne trompe évidemment personne, il n’y a qu’à lire leurs programmes.

Le Front National est mis en avant dans la course à l’élection, tous les sondages le donnent présent au second tour de la présidentielle. Sans préjuger de la situation politique changeante, des magouilles en cours et à venir, on voit déjà le grand capital utiliser à la fois la droite et le PS d’un côté, le Front National de l’autre pour arriver à ses fins, mettre en place un nouveau pouvoir qui poursuivra la même politique.

C’est d’ailleurs ce qui motive le Parti Communiste Français et diverses organisations politiques qui tentent de réinventer le Front populaire. Il n’est pas question ici de nier ce mouvement inscrit dans l’histoire du mouvement ouvrier qui a permis d’arracher des acquis sociaux très important au patronat, nous en faisons souvent état dans nos écrits, mais disons aussi que le Front populaire n’a jamais eu pour objectif la suppression du capital, qui sévit d’ailleurs aujourd’hui et de plus en plus fort. Le journal « L’humanité » de lundi revient sur l’initiative du PCF à l’Agora du L’Humanité pour mettre l’accent sur, je cite : « 1936, des conquêtes sociales pour sauver la république »  «… dans une période de montée du fascisme en Europe », il faudrait préciser : organisée par le capital pour faire face aux mouvements sociaux. Voyons bien que cette résurgence de l’histoire sociale de notre pays est utilisée pour amener doucement à l’idée du vote contre l’extrême droite comme en 2002. Le PCF et ses alliés ne parlent plus depuis longtemps d’abolir le capital, il poursuit sa politique d’alliance avec le Parti Socialiste comme ce fut le cas dernièrement en Loire Atlantique ou nous avons refusé tout désistement et appelé à mettre le bulletin de notre Parti au 2ème tour. J’en profite d’ailleurs pour rappeler que nous n’appellerons jamais à voter pour un parti du capital quel qu’il soit et quelles que soient les circonstances, c’est une position constante et nous nous y tiendrons.

On le voit bien, tous les partis politiques sont d’accord pour développer ou gérer le capital. Ils se préparent pour cela.

Du point de vue des syndicats, les stratégies sont bien définies : il y a ceux qui accompagnent et quelquefois anticipent les exigences du Medef, CFDT en tête, et ceux qui sont obligés de prendre en compte le mécontentement sans rien lâcher sur le fond, la lutte des cheminots contre la privatisation de la SNCF, celle des intermittents du spectacle, ce qui va se passer demain démontre la volonté des travailleurs à ne pas se laisser faire. La CGT vient de tenir son congrès, le discours de Martinez semble plus dur pour tenir compte de cette montée des luttes mais c’est pour mieux masquer le maintien des orientations antérieures. L’analyse des votes du congrès marque sensiblement le mécontentement interne mais la centrale ne change rien sur le « partage des richesses », le « coût du capital », le « dialogue social», la « sécurité sociale professionnelle », y compris le « syndicalisme rassemblé » même s’il en a pris un coup au cours du congrès.

Voilà très rapidement tracée la situation dans laquelle les travailleurs et le peuple sont placés. Nous évoluons dans cette situation. Nous avons créé Le Parti Révolutionnaire Communistes pour en comprendre les causes et les combattre, pour porter la perspective politique révolutionnaire qui manque au peuple. Mais la question qui nous est posée est comment traduire cette perspective politique avec des mots simples, à la portée du plus grand nombre, sans rien renier de notre but : supprimer le capital par la lutte politique permanente, arracher les moyens de production et d’échange aux grands groupes capitalistes sans aucun compromis. Gestion sociale par et pour le peuple afin de satisfaire les besoins sociaux.

Nous avons créé le Parti Révolutionnaire Communistes pour cela mais avec un objectif central : développer notre Parti partout en France pour qu’il pèse plus fort sur la vie politique nationale.

C’est pour cela que notre Bureau National est réuni aujourd’hui, il est nécessaire de faire un point sur notre activité aussi précisément que possible pour mettre tout le Parti, de l’adhérent au secrétariat en capacité d’atteindre cet objectif.

Il est évident qu’il faut être d’accord sur l’objectif et la démarche à mettre en œuvre, nous le verrons dans le débat.

Nous ne partons pas de rien, notre développement et le renforcement du Parti dépendent avant tout de l’activité que nous sommes en mesure de déployer dans les départements. Distribuer un tract, c’est bien parce qu’il y a notre expression, notre avis politique et nos propositions mais. Il en faut plus que ça, disons-le franchement beaucoup plus que ça, il faut le débat, les explications pour convaincre. Une fois l’adhésion réalisée, il faut intégrer le nouvel adhérent à l’activité, lui donner une formation politique, une responsabilité. C’est une bataille politique qu’il faut mener pied à pied, jour après jour.

Ce qui se passe en Loire-Atlantique, dans le Calvados, dans l’Indre et ailleurs est significatif : lorsque l’on occupe le terrain politique, il y a des résultats, on se développe, le Parti se renforce. A cellule Université Paris- Jussieu où le débat politique est constant, la cellule se renforce, dans la Sartre ou une activité suivie se met en place, l’Aude où il y a une activité régulière, à Paris etc. Je cite ces départements mais il y en a beaucoup d’autres ou l’on n’a pas connaissance d’une activité alors que nous avons des adhérents. Il faut certainement apporter une aide régulière dans ces départements comme le font les camarades du Calvados dans la Sarthe.

Notre présence dans les luttes avec les travailleurs doit devenir un souci permanent, les rencontres régulières aux portes des entreprises, dans les quartiers pour apporter nos explications, susciter les débats. Les travailleurs en ont besoin, l’accueil de nos militants n’est plus le même, nous sommes mieux connus et reconnus là où nous sommes actifs, présents. Il faut donc multiplier les initiatives, construire des plans de travail dans les départements. En Loire-Atlantique, le porte-à-porte a été relancé à l’occasion des élections régionales de 2015 et de la législative partielle récente, les résultats sont là : tous les partis régressent, sauf le nôtre. Les camarades du département nous disent : plus on renforce le Parti (huit adhésions) et plus il faut le renforcer parce qu’on se rend compte qu’il faut multiplier l’activité, l’espace politique existe, il est à notre portée et il faut être encore plus nombreux pour l’occuper.

Répétons-le, développer notre Parti partout en France, le renforcer est la raison de notre existence, sinon nous ne serions qu’un club de réflexion inefficace et disons- le inutile, sauf à se faire plaisir.

Notre organisation doit être consacrée totalement au développement du Parti.

Nous avons un secteur organisation qui doit traiter ces questions, il le fait déjà, mais il faut établir des liens plus étroits avec les départements : combien d’adhérents? À quel endroit ? Cibler les aides à apporter, combien de cellules dans les départements ? Les initiatives etc…

De quels moyens disposons pour financer l’activité ?

Cette question a toujours fait l’objet de nombreux débats et je pense qu’on n’en a pas terminé. Les moyens financiers proviennent essentiellement des cotisations des adhérents. On pourrait croire que plus il y a d’adhérents et plus on a de moyens mais on s’aperçoit en fait que plus il y a d’adhérents et plus il faut de moyens supplémentaires C’est pour cela qu’il faut reprendre et développer la souscription nationale et en faire un objectif politique avec des rendez-vous réguliers. Cette question des moyens est très liée à l’activité dans les départements, c’est une évidence. Ne faut-il pas lancer de nouvelles initiatives publiques partout où c’est possible ?

Le renforcement du Parti implique que nous prenions soin de nos adhérents et militants. Des militants et adhérents formés et informés, c’est une nécessité absolue. L’information c’est notre presse, notre propagande en général, là non plus nous ne partons pas de rien : des tracts réguliers sont diffusés en masse, l’hebdo paraît chaque vendredi. Leur diffusion est en progression constante que ce soient les tracts avec l’activité qui augmente dans les départements ce qui nous pose d’ailleurs des difficultés d’impression, ou l’hebdo dont le nombre de destinataires ne cesse d’augmenter (environ 17 000).

Restent la presse et les sites Internet ou actuellement coexistent deux journaux et deux sites avec deux expressions différentes ce qu’il faut corriger. Le Parti ne peut pas vivre avec cette anomalie dont personne n’est responsable puisqu’elle découle de l’unification pour laquelle nous sommes battus les uns et les autres. Le Parti doit travailler à construire une presse, qui informe, analyse, qui exprime la politique du Parti sur tous les sujets. Elle doit coller le mieux possible à la réalité sociale, politique, économique et idéologique, en faire une analyse critique à la portée de tous et développer nos propositions. Ce qui est vrai pour la presse écrite, l’est également pour le site en sachant que le site est enrichi tous les jours tout au long de l’année sans interruption par des articles traitants de l’actualité quotidienne. Il faut encore améliorer notre réactivité, être plus rapide, nous pouvons le faire, nous devons et nous pouvons le faire.

Voilà camarades, ça va très vite, nous avons besoin d’être plus réactifs, je viens de le dire concernant notre presse et le site. Ça bouge beaucoup tant au plan national ou nous maîtrisons politiquement la situation qu’au plan international où la concurrence acharnée entre grands groupes capitalistes, l’affrontement inter impérialiste demande une analyse politique parfois compliquée mais qu’il faut que l’on tienne pour comprendre et faire comprendre le plus simplement et le plus largement possible afin d’aborder dans les débats ces questions qui sont souvent ignorées et négligées.

C’est pourquoi nous avons tenu un Bureau National sur l’actualité internationale, examiné les causes d’une situation qui s’aggrave, et nous nous sommes fixés des objectifs simples et clairs que nous nous attacherons à tenir. L’activité internationale dépend avant tout de notre développement national et de celui de l’ensemble des pays du monde, cela va sans dire mais cela ne nous empêche pas de renforcer les liens politiques internationaux avec les partis révolutionnaires, c’est ce que nous faisons.

J’ai parlé de formation et d’information, ces secteurs touchent la jeunesse qui a besoin comme tout un chacun d’être formé et informé comme il se doit. Les besoins de formation sont évidents, la jeunesse est en colère, elle le montre de plus en plus souvent, on a besoin de former et d’informer à partir de leurs préoccupations, il faut que l’on occupe cette place, on sait qu’elle est convoitée. Nous avons désigné des responsables politiques dans chacun des secteurs d’activité, ils sont sous la responsabilité du secrétariat, ces secteurs doivent encore évoluer mais rappelons une dernière fois que notre activité doit être consacrée essentiellement au développement du Parti, le reste suivra naturellement.

Il y a donc beaucoup de travail devant nous, profitons de cette année pour prendre soin de notre Parti, améliorer notre activité, mais faisons-le rapidement. L’année 2017 est une année d’élections, plus nous serons actifs dans les départements et mieux nous serons en capacité d’aborder les batailles politiques importantes à venir pour développer et renforcer notre Parti Révolutionnaire Communistes.

 

 

 

 

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