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Introduction à la discussion
Chers camarades.
Notre
Bureau National est consacré essentiellement aujourd’hui
à examiner notre activité, notre organisation, ce qu’il faut
bouger pour transmettre notre projet politique, le mettre
à la portée du plus grand nombre avec un objectif central
: développer
partout notre Parti, le renforcer.
Ce n’est
pas une mince affaire nous le savons, la tâche est
difficile mais en même temps, le champ politique est
grand ouvert puisque tous les partis actuels
s’inscrivent, avec des formes différentes, dans la
gestion du capital.
Nous
connaissons la situation économique et sociale : en un
mot tout s’aggrave et ils (pouvoir et Medef) veulent aller
plus loin, accélérer ce qu’ils appellent les « réformes »
qui consistent essentiellement à baisser le « coût du
travail » en s’attaquant aux acquis sociaux. Ils comptent
aujourd’hui porter gravement atteinte au code du travail
pour supprimer les obstacles à la formation du profit,
mais ils ont affaire à la montée des luttes, au
mécontentement profond, au rejet massif de cette
politique. Rejet qui s’exprime de diverses manières, mais
marqué par le manque de perspective politique claire.
Examinons
les rapports de force en présence :
Sur le plan
politique, le pouvoir actuel est usé, il sera utilisé
jusqu’au bout pour appliquer la politique des grands
groupes capitalistes. Il faut donc lui trouver une relève
dans cette situation de profond mécontentement.
Sans aller
trop loin dans les détails, tous les partis politiques
sont occupés à construire cette relève chacun veut
marquer autant que possible sa différence avec l’autre,
mais tous sont d’accord pour gérer au mieux le système
actuel, aucun ne le remet en cause.
Encore une
fois les formes sont différentes, mais le fond politique
est le même.
• Macron construit son propre mouvement politique parce que
« la gauche ne le satisfait pas». Macron l’homme de la
finance tente de se positionner et de se démarquer du
gouvernement pour poursuivre et aggraver la politique
actuelle. Il bénéficie en cela de la propagande
capitaliste qui lui prévoit un grand avenir
politique !!
• Pour la droite c’est plus simple, ils sont tous d’accord comme
Macron pour aller plus vite et plus loin dans les «
réformes ». Nous connaissons le sens du mot « réformes »
que tout le monde emploie aujourd’hui, c’est mettre toute
la société au service du capital. Avec une dizaine de
candidats à l’élection présidentielle, la droite tente de
faire apparaître des politiques différentes, ce qui ne
trompe évidemment personne, il n’y a qu’à lire leurs
programmes.
• Le Front National est mis en avant dans la course à l’élection, tous
les sondages le donnent présent au second tour de la
présidentielle. Sans préjuger de la situation politique
changeante, des magouilles en cours et à venir, on voit
déjà le grand capital utiliser à la fois la droite et le
PS d’un côté, le Front National de l’autre pour arriver à
ses fins, mettre en place un nouveau pouvoir qui poursuivra
la même politique.
• C’est d’ailleurs ce
qui motive le Parti
Communiste Français et
diverses organisations politiques qui tentent de
réinventer le Front populaire. Il n’est pas question ici
de nier ce mouvement inscrit dans l’histoire du mouvement
ouvrier qui a permis d’arracher des acquis sociaux très
important au patronat, nous en faisons souvent état dans
nos écrits, mais disons aussi que le Front populaire n’a
jamais eu pour objectif la suppression du capital, qui
sévit d’ailleurs aujourd’hui et de plus en plus fort. Le
journal « L’humanité » de lundi revient sur
l’initiative du PCF à l’Agora du L’Humanité pour mettre
l’accent sur, je cite : « 1936, des conquêtes
sociales pour sauver la
république » «… dans une période de
montée du fascisme en Europe », il faudrait
préciser : organisée par le capital pour faire face
aux mouvements sociaux. Voyons bien que cette résurgence
de l’histoire sociale de notre pays est utilisée pour
amener doucement à l’idée du vote contre l’extrême droite
comme en 2002. Le PCF et ses alliés ne parlent plus
depuis longtemps d’abolir le capital, il poursuit sa
politique d’alliance avec le Parti Socialiste comme ce
fut le cas dernièrement en Loire Atlantique ou nous avons
refusé tout désistement et appelé à mettre le bulletin de
notre Parti au 2ème tour. J’en profite
d’ailleurs pour rappeler que nous n’appellerons jamais à
voter pour un parti du capital quel qu’il soit et quelles
que soient les circonstances, c’est une position
constante et nous nous y tiendrons.
On le voit
bien, tous les partis politiques sont d’accord pour
développer ou gérer le capital. Ils se préparent pour
cela.
Du
point de vue des syndicats, les stratégies sont bien définies : il y a ceux
qui accompagnent et quelquefois anticipent les exigences
du Medef, CFDT en tête, et ceux qui sont obligés de
prendre en compte le mécontentement sans rien lâcher sur
le fond, la lutte des cheminots contre la privatisation
de la SNCF, celle des intermittents du spectacle, ce qui
va se passer demain démontre la volonté des travailleurs
à ne pas se laisser faire. La CGT vient de tenir son
congrès, le discours de Martinez semble plus dur pour
tenir compte de cette montée des luttes mais c’est pour
mieux masquer le maintien des orientations antérieures.
L’analyse des votes du congrès marque sensiblement le
mécontentement interne mais la centrale ne change rien
sur le « partage des richesses », le « coût du capital »,
le « dialogue social», la « sécurité sociale
professionnelle », y compris le « syndicalisme rassemblé
» même s’il en a pris un coup au cours du congrès.
Voilà très
rapidement tracée la situation dans laquelle les
travailleurs et le peuple sont placés. Nous évoluons dans
cette situation. Nous avons créé Le Parti Révolutionnaire
Communistes pour en comprendre les causes et les
combattre, pour porter la perspective politique
révolutionnaire qui manque au peuple. Mais la question
qui nous est posée est comment traduire cette perspective
politique avec des mots simples, à la portée du plus
grand nombre, sans rien renier de notre but :
supprimer le capital par la lutte politique permanente,
arracher les moyens de production et d’échange aux grands
groupes capitalistes sans aucun compromis. Gestion
sociale par et pour le peuple afin de satisfaire les
besoins sociaux.
Nous
avons créé le Parti Révolutionnaire Communistes pour cela
mais avec un objectif central : développer notre Parti
partout en France pour qu’il pèse plus fort sur la vie
politique nationale.
C’est pour
cela que notre Bureau National est réuni aujourd’hui, il
est nécessaire de faire un point sur notre activité aussi
précisément que possible pour mettre tout le Parti, de
l’adhérent au secrétariat en capacité d’atteindre cet
objectif.
Il est
évident qu’il faut être d’accord sur l’objectif et la
démarche à mettre en œuvre, nous le verrons dans le
débat.
Nous ne
partons pas de rien, notre développement et le
renforcement du Parti dépendent avant tout de l’activité
que nous sommes en mesure de déployer dans les
départements. Distribuer un tract, c’est bien parce qu’il
y a notre expression, notre avis politique et nos
propositions mais. Il en faut plus que ça, disons-le
franchement beaucoup plus que ça, il faut le débat, les
explications pour convaincre. Une fois l’adhésion
réalisée, il faut intégrer le nouvel adhérent à
l’activité, lui donner une formation politique, une
responsabilité. C’est une bataille politique qu’il faut
mener pied à pied, jour après jour.
Ce qui se
passe en Loire-Atlantique, dans le Calvados, dans l’Indre
et ailleurs est significatif : lorsque l’on occupe le
terrain politique, il y a des résultats, on se développe,
le Parti se renforce. A cellule Université Paris- Jussieu
où le débat politique est constant, la cellule se
renforce, dans la Sartre ou une activité suivie se met en
place, l’Aude où il y a une activité régulière, à Paris
etc. Je cite ces départements mais il y en a beaucoup
d’autres ou l’on n’a pas connaissance d’une activité
alors que nous avons des adhérents. Il faut certainement
apporter une aide régulière dans ces départements comme
le font les camarades du Calvados dans la Sarthe.
Notre
présence dans les luttes avec les travailleurs doit
devenir un souci permanent, les rencontres régulières aux portes des
entreprises, dans les quartiers pour apporter nos
explications, susciter les débats. Les travailleurs en ont besoin,
l’accueil de nos militants n’est plus le même, nous
sommes mieux connus et reconnus là où nous sommes actifs,
présents. Il faut donc
multiplier les initiatives, construire des plans de
travail dans les départements. En Loire-Atlantique, le
porte-à-porte a été relancé à l’occasion des élections
régionales de 2015 et de la législative partielle
récente, les résultats sont là : tous les partis
régressent, sauf le nôtre. Les camarades du département
nous disent : plus
on renforce le Parti (huit adhésions) et plus il faut le
renforcer parce qu’on se rend compte qu’il faut
multiplier l’activité, l’espace politique existe, il est
à notre portée et il faut être encore plus nombreux pour
l’occuper.
Répétons-le,
développer notre Parti partout en France, le renforcer
est la raison de notre existence, sinon nous ne serions
qu’un club de réflexion inefficace et disons- le inutile,
sauf à se faire plaisir.
Notre
organisation doit être consacrée totalement au
développement du Parti.
Nous avons
un secteur organisation qui doit traiter ces questions,
il le fait déjà, mais il faut établir des liens plus
étroits avec les départements : combien d’adhérents? À
quel endroit ? Cibler les aides à apporter, combien de
cellules dans les départements ? Les initiatives etc…
De
quels moyens disposons pour financer l’activité ?
Cette
question a toujours fait l’objet de nombreux débats et je
pense qu’on n’en a pas terminé. Les moyens financiers
proviennent essentiellement des cotisations des adhérents.
On pourrait croire que plus il y a d’adhérents et plus on
a de moyens mais on s’aperçoit en fait que plus il y a
d’adhérents et plus il faut de moyens supplémentaires C’est pour cela qu’il faut reprendre
et développer la souscription nationale et en faire un
objectif politique avec des rendez-vous réguliers. Cette question des moyens est très liée à
l’activité dans les départements, c’est une évidence. Ne
faut-il pas lancer de nouvelles initiatives publiques
partout où c’est possible ?
Le
renforcement du Parti implique que nous prenions soin de
nos adhérents et militants. Des militants et adhérents formés et
informés, c’est une nécessité
absolue. L’information c’est notre presse, notre
propagande en général, là non plus nous ne partons pas de
rien : des tracts réguliers sont diffusés en masse,
l’hebdo paraît chaque vendredi. Leur diffusion est en
progression constante que ce soient les tracts avec
l’activité qui augmente dans les départements ce qui nous
pose d’ailleurs des difficultés d’impression, ou l’hebdo
dont le nombre de destinataires ne cesse d’augmenter
(environ 17 000).
Restent la
presse et les sites Internet ou actuellement coexistent
deux journaux et deux sites avec deux expressions
différentes ce qu’il faut corriger. Le Parti ne peut pas
vivre avec cette anomalie dont personne n’est responsable
puisqu’elle découle de l’unification pour laquelle nous
sommes battus les uns et les autres. Le Parti doit
travailler à construire une presse, qui informe, analyse,
qui exprime la politique du Parti sur tous les sujets.
Elle doit coller le mieux possible à la réalité sociale,
politique, économique et idéologique, en faire une
analyse critique à la portée de tous et développer nos
propositions. Ce qui est vrai pour la presse écrite,
l’est également pour le site en sachant que le site est
enrichi tous les jours tout au long de l’année sans
interruption par des articles traitants de l’actualité
quotidienne. Il
faut encore améliorer notre réactivité, être plus rapide,
nous pouvons le faire, nous devons et nous pouvons le
faire.
Voilà
camarades, ça va très vite, nous avons besoin d’être plus
réactifs, je viens de le dire concernant notre presse et
le site. Ça bouge beaucoup tant au plan national ou nous
maîtrisons politiquement la situation qu’au plan
international où la concurrence acharnée entre grands
groupes capitalistes, l’affrontement inter impérialiste
demande une analyse politique parfois compliquée mais
qu’il faut que l’on tienne pour comprendre et faire
comprendre le plus simplement et le plus largement
possible afin d’aborder dans les débats ces questions qui
sont souvent ignorées et négligées.
C’est
pourquoi nous avons tenu un Bureau National sur
l’actualité internationale, examiné les causes d’une
situation qui s’aggrave, et nous nous sommes fixés des
objectifs simples et clairs que nous nous attacherons à
tenir. L’activité
internationale dépend avant tout de notre développement
national et de celui de l’ensemble des pays du monde,
cela va sans dire mais cela ne nous empêche pas de
renforcer les liens politiques internationaux avec les
partis révolutionnaires, c’est ce que nous faisons.
J’ai parlé
de formation et d’information, ces secteurs touchent la
jeunesse qui a besoin comme tout un chacun d’être formé
et informé comme il se doit. Les besoins de formation
sont évidents, la jeunesse est en colère, elle le montre
de plus en plus souvent, on a besoin de former et
d’informer à partir de leurs préoccupations, il faut que
l’on occupe cette place, on sait qu’elle est convoitée.
Nous avons désigné des responsables politiques dans
chacun des secteurs d’activité, ils sont sous la
responsabilité du secrétariat, ces secteurs doivent
encore évoluer mais
rappelons une dernière fois que notre activité doit être
consacrée essentiellement au développement du Parti, le
reste suivra naturellement.
Il y a donc
beaucoup de travail devant nous, profitons de cette année
pour prendre soin de notre Parti, améliorer notre
activité, mais faisons-le rapidement. L’année 2017 est
une année d’élections, plus nous serons actifs dans les
départements et mieux nous serons en capacité d’aborder
les batailles politiques importantes à venir pour
développer et renforcer notre Parti Révolutionnaire
Communistes.
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