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Avant d'aborder les
questions liées à notre activité d'ici le prochain
congrès, il convient d'examiner l'actualité politique,
économique, sociale et autant dire qu'elle est chargée.
Ces dernières semaines
sont marquées par des luttes puissantes dans différents
secteurs :
– celle des cheminots
contre la privatisation de la SNCF a duré près de trois
semaines. Elle a fait l'objet d'une violente campagne de
propagande capitaliste pour masquer l'objectif :
l'ouverture à la concurrence, autrement dit la
privatisation de la SNCF, que veulent imposer des états
européens.
Pour cela, le pouvoir
socialiste a pesé de tout son poids en employant ses
armes, en premier lieu les médias, en faisant croire que
la SNCF restait entreprise publique et en dénigrant la
lutte des cheminots devenue « inutile ». Une fois de plus
il a utilisé la CFDT qui s'est prononcée pour la réforme,
et qui a condamné la grève en utilisant les mêmes
arguments que le pouvoir Il a utilisé le Front de Gauche
relayé par la centrale CGT qui ont fait croire que les
revendications des cheminots étaient satisfaites par le
vote d'amendements au Parlement.
Le secrétaire CGT des
cheminots a montré son désaccord en déclarant que « ces
amendements, c'est de l’enfumage ».
En ce qui concerne la
vente organisée d’Alstom par le pouvoir socialiste, c'est
la même chose. Le front de gauche, la centrale CGT, la
fédération CGT des métaux demandent que l'État devienne
majoritaire dans le capital d'Alstom alors que les
syndicats de l'entreprise, dans une déclaration commune
revendiquent l'unité et le maintien du groupe et non son
démantèlement.
Le délégué syndical
central CGT du groupe Alstom déclare « on ne veut pas de
capitaliste, qu'il soit américain, japonais ou martien,
on n'en veut pas. Il ne s'agit pas de choisir entre tel
ou tel prédateur. »
Même constat que pour
les cheminots : du parti socialiste à la droite, ils sont
tous d'accord. Le Front National qui a condamné la grève des cheminots,
évite tout débat de fond à propos de l’avenir d’Alstom
L'écart entre les
centrales syndicales et les syndicats d'entreprise se
confirme, ce que nous signalons depuis des années.
Dans une interview au
Figaro de mercredi 14 dernier Lepaon assume : « c'est
vrai nous somme bousculé » dit-il. Il assume également «
l'autonomie » laissée aux sections au « nom du
respect du débat démocratique » pour justifier l'absence
totale de coordination des luttes et leur pourrissement.
Le Figaro s'inquiète de
cet écart grandissant en titrant : « dépassée par sa
base, la CGT navigue à vue » ce qui naturellement peut
être dangereux pour le « dialogue social » souhaité par
le pouvoir et le Medef. Quelques structures
départementales, des organisations de base, expriment
maintenant de sérieux désaccords avec la centrale.
Les luttes sont nombreuses,
le mécontentement profond. Les intermittents du spectacle
annoncent des initiatives pendant tout le mois de
juillet. Les salariés de la Seita sont toujours en lutte
contre la délocalisation du site de Carquefou.
Les travailleurs de la
SNCM ont déposé un préavis de grève la semaine dernière
contre les menaces qui pèsent sur l'entreprise. Les
contrôleurs aériens ont débrayé la semaine dernière
contre la déréglementation en cours. Il y a eu également
la journée d'action du 26 à l'initiative de la CGT.
Malgré ses apparitions
dans les journaux nationaux (Le Figaro du 14, l’Humanité
du 15) Lepaon n’a pas dit un mot de cette journée d’action. Par
contre, il a parlé du « sommet social » et de
sa participation alors que les syndicats contestent la
présence CGT à ce sommet.
D’autant plus que la
situation économique et sociale s'aggrave : la casse de
l'emploi se poursuit : les 800 magasins Dia sont
rachetés par Carrefour, des suppressions d'emplois se
profilent.
L'entreprise Caddie
dépose le bilan, 400 salariés sont menacés. Cette
entreprise a touché des fonds publics.
Bouygues confirme la
suppression de 1500 à 2000 emplois, soit 30 % de ses
effectifs en France.
4500 emplois ont été
supprimés en 2013 à La Poste (ex entreprise nationale),
en 2012 elle en avait déjà supprimé 5000. L'entreprise a
reçu 297 millions d'euros au titre du CICE, en quelque
sorte une prime pour liquider les effectifs…
Les chiffres du chômage
viennent d'être publiés : la France compte plus de 6
millions de chômeurs. Le chômage a augmenté de 4,1 % en
un an pour atteindre officiellement 3 388 900
chômeurs catégorie 1 dont les 24 800 du mois de mai.
3,5 millions sont en dehors des statistiques. En mai,
294 000 salariés privés d'emploi ont été radiés.
Tout cela a naturellement des conséquences dans l'emploi
direct mais aussi dans l'intérim, 22 000 emplois ont
été détruits depuis le début de l'année dans ce secteur.
Un rapport dévoile que
le pacte de responsabilité du gouvernement (50 milliards)
va entraîner la suppression de 250 000 emplois d'ici
2017.
La Cour des Comptes en
rajoute. Dans un rapport publié mardi 17, elle préconise
la suppression de 30 000 postes de fonctionnaires
par an dans les hôpitaux, les collectivités
territoriales, et l'augmentation du temps de travail.
Mais ils en veulent
toujours plus : Fabius veut étendre l'ouverture des
magasins le dimanche sous prétexte de développer le
tourisme.
Fillon fait dans la
surenchère, pour reconstruire la droite en pleine
déliquescence, il demande 50 milliards de cadeaux
supplémentaires pour les entreprises, l'augmentation de 3
points de TVA, le retour aux 39 heures payées 35,10 % de
fonctionnaires en moins, 100 milliards d'économies sur
les dépenses publiques et la suppression du code du
travail qui serait remplacé par des accords d'entreprises.
Le journal l'Humanité
vient de dévoiler la négociation depuis deux ans d'un
accord entre des multinationales dont des françaises
comme Orange, Veolia et le Medef avec Deutsche Telecom,
Siemens etc. pour l'Allemagne, Vodafone, Thompson etc.
pour le Royaume-Uni et 49 états dont les États-Unis,
visant à supprimer les services publics.
Cela concerne 70 % des
échanges de services dans le monde. Le parti socialiste,
la droite et ses alliés, ont voté pour la négociation de
cet accord qui prévoit l'interdiction des
nationalisations, même partielles.
On sait maintenant
pourquoi Veolia participe aux négociations, la
multinationale est confrontée au retour de gestion
publique de l'eau dans des grandes villes et des régions
entières.
L'éducation, la santé,
les transports, rien n'échapperait à l'appétit du privé.
On sait aussi mieux pourquoi la lutte des cheminots
contre la privatisation de la SNCF a fait l'objet d'une
telle haine, pourquoi les autoroutes qui devaient
retrouver une gestion publique au terme d'un accord qui
arrive à échéance resteront du domaine du privé.
Cet accord (ACS)
négocié dans le plus grand secret à Genève ouvre la voie
à l'accord transatlantique entre les USA et l'Europe.
Nous aurons l'occasion d’y revenir au fur et à mesure que
nous aurons connaissance du contenu.
Du côté des profits, le
pillage continue : les actifs financiers détenus par
les multinationales dans le monde atteignent 46 400
milliards de dollars en 2013.
Par comparaison, c'est
l'équivalent du produit intérieur brut de l'ensemble des
pays de l'OCDE (47 200 milliards de dollars). Le
taux de rentabilité de ces actifs atteint 13,8%. Plus 13%
par rapport à 2013.
Autres chiffres : les fonds
souverains (dont disposent les états) atteignent
6 605 milliards de dollars. Cela concerne notamment
les pays du golfe et les revenus du pétrole, du gaz et
des matières premières en général. On voit pourquoi les
états sont au service des multinationales.
En France, au-delà des
cadeaux aux entreprises (230 millions d'euros par an)
dont nous avons déjà parlé, le journal Les Echos publie :
« le nouveau palmarès des niches fiscales » les 460
niches fiscales représentent 70,2 milliards d'euros hors
crédit d'impôt (10 milliards d'euros).
Les 100 plus grands groupes
capitalistes mondiaux pèsent 15 000 milliards de
dollars en bourse, 47 sont américains huit européens. La
capitalisation du « top 100 » a doublé 5 ans.
C'est l'équivalent du
produit intérieur brut américain, six fois le PIB
français.
Les entreprises
françaises pèsent 590 milliards de dollars, les Allemandes
660 milliards de dollars.
Pour terminer sur le
chapitre des moyens disponibles, un mot sur les valeurs
boursières : les cinq plus fortes hausses du CAC40 en
2013,
– Alcatel Lucent :
plus 242,2%
- Airbus Group (ADS)
plus 89,2 %
– EDF plus 83 %
– Safran plus 55 %
– Crédit Agricole plus
52,9 %
La bourse de Paris a
gagné 18% en 2013
A noter que toutes ces
entreprises procèdent ou vont procéder à des suppressions
d’emplois.
Il y a donc de quoi
satisfaire les revendications des travailleurs,
développer les services publics, l'industrie, la
recherche, la santé etc.…
Les partis politiques
ne disent rien ou peu de choses sur la politique menée.
C'est soit la surenchère, soit la gestion des décisions,
on l'a vu avec la SNCF, Alstom etc., rien sur le fond.
Cela se ressent dans
les résultats électoraux. La législative partielle à
Valenciennes (remplacement de Borloo) en est une
démonstration, l’abstention atteint 74,2 %, l’UDI arrive
en tête suivie par le Front National et le parti
socialiste en troisième position. Le front de gauche a
réalisé 10,3 % alors qu'en 2012 son score était de 24,3
%. Il appelle d'ailleurs à voter pour l’UDI pour faire
barrage à l'extrême droite cela ne surprend plus personne
aujourd'hui.
Sur la situation
internationale :
En Ukraine c'est la
guerre civile, il y a des morts tous les jours mais il est
impossible de faire le bilan des victimes ou connaître la
situation. La manipulation, les mensonges de la presse
capitaliste sont utilisés pour masquer la réalité. Nos
camarades du parti communiste ukrainien sont agressés
physiquement, leurs bureaux dévastés.
N'oublions pas que le
gouvernement en place et de type fasciste soutenu, armé,
financé par l'Europe et les USA.
Le fascisme est utilisé
pour satisfaire l'appétit des multinationales
européennes.
L'Ukraine possède
d'immenses richesses dont 165 milliards de mètres cubes
de gaz, et entre 44 et 47 millions de tonnes de pétrole.
Voilà de quoi faire des profits considérables, voilà les
vraies raisons, au-delà de la géopolitique, du conflit actuel.
Poutine il veut
préserver les intérêts de l'oligarchie russe. On
assiste à une
guerre de conquête de matières premières entre l'impérialisme
US et européen et l'impérialisme russe. Tous les moyens
sont bons, nous en avons un exemple supplémentaire à nos
portes. Insistons bien sur le fait que le gouvernement
socialiste et ses alliés, la droite, soutiennent le
gouvernement fasciste de Kiev.
Le front de gauche
appelle à la négociation, c'est ce que fait Poutine qui reconnaît
le gouvernement de Kiev en négociant avec lui un
cessez-le-feu qui n'existe d'ailleurs pas. Le peuple
ukrainien est en train de payer le prix d'une concurrence
pour le profit.
Cette situation
s'aggrave tous les jours et peut déboucher sur un conflit
de plus grande envergure.
Nous apportons notre soutien
au peuple ukrainien, au parti communiste ukrainien qui
demande l'arrêt immédiat des ingérences étrangères. Le
parti communiste ukrainien ne reconnait pas le
gouvernement actuel, il n'a pas participé aux élections
présidentielles, mais il continue à siéger au parlement pour
éviter l’isolement qui aggraverait encore les agressions
des fascistes dont il fait les frais.
En Irak c'est la guerre
totale. Ceux que les idéologues appellent «
les terroristes » sont en fait bien identifiés. Ces
groupes armés sont des mercenaires payés, armés, équipés
par le Qatar et l’Arabie Saoudite pour s'accaparer les
richesses immenses de ce pays. Ces milices se sont
d’ailleurs précipitées sur les puits de pétrole et les
raffineries les plus importantes. Les USA et l’Europe
interviennent pour les mêmes raisons. Les peuples paient.
Entre la Chine et le
Vietnam, la situation est toujours très tendue. Là aussi
cela peut dégénérer en conflit plus important. Et là
encore il s'agit de concurrence internationale entre deux
pays qui revendiquent les réserves de pétrole et le
contrôle des routes maritimes, indispensables au
commerce.
Actuellement, des
manœuvres militaires de l’OTAN ont lieu sur la mer
Baltique : 100 navires, porte-avions, porte-hélicoptères,
10 000 hommes sans compter ce que l’on ne voit pas,
sous- marins, chalutiers espions etc.
Les pays de l'OTAN d'un
côté, les Russes de l'autre. Avant les russes étaient
invités à procéder à ces manœuvres, aujourd'hui ils sont
évités mais présents et ils effectuent leurs propres
manœuvres.
La Chine investit tous
azimuts en Amérique latine dans le cadre des accords
commerciaux (BRICS), elle a prêté entre 2005 et 2013, 102
milliards de dollars pour exploiter le pétrole et les
minerais en Amérique latine. C'est également le premier
partenaire commercial du Brésil et du Pérou.
La concurrence internationale
s’intensifie, les impérialismes s’affrontent pour le
profit capitaliste.
On commence d’ailleurs
à entendre de la part de plusieurs pays dont notamment
Israël qui continue à coloniser la Palestine en toute
impunité, qu'il faudrait redessiner un certain nombre de
frontières notamment au Moyen-Orient.
En Libye les élections
ont eu lieu alors que c’est la guerre partout, personne
n'a condamné ces élections. En Syrie elles ont eu lieu
dans les mêmes conditions mais là, elles ont été
condamnées et non reconnues par les pays de l’OTAN. Il y
a vraiment deux poids deux mesures.
Black-out total sur la
situation au Mali et en Centrafrique, c'est le chaos dans
ces pays, nous y reviendrons également.
Au Venezuela les
Etats-Unis interviennent directement pour renverser le
gouvernement, comme ils l’ont fait en Ukraine et partout
ailleurs.
L’impérialisme
américain est dangereux pour les peuples, il faut
l'abattre et pour cela soutenir les peuples qui luttent,
renforcer la solidité solidarité internationale pour le
combattre partout où il sévit.
Nous avons participé à
un séminaire international communiste à Bruxelles pendant
trois jours. Cette question de l'impérialisme et de son
évolution était au centre des débats.
Cela nous a permis de
prendre de nombreux contacts avec des partis dont
l'opinion, l'orientation se rapproche de la nôtre. Nous
sommes intervenus dans les débats. Nous ferons un compte
rendu de l'intervention de notre parti qui figurera sur
notre site.
Les élections
européennes ont démontré les possibilités de notre
développement. Nous allons faire un travail précis d'analyse
des résultats si possible par bureau de vote là où nous
avons progressé. Nous préparons des initiatives dans les
départements et les régions où nous avons fortement
augmenté nos voix pour parvenir à prendre contact avec
nos électeurs.
Rappelons que le vote
pour notre parti dans cette élection était sans
ambiguïté, il s'agit d'un vote révolutionnaire. Nous
ferons des propositions
précises au comité national du 20 septembre prochain.
Renforcement des
collectifs orga, propa et finances, des propositions
seront faites après consultation des camarades.
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