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Chers camarades,
Notre Bureau National de
rentrée doit nous permettre d’avoir un large débat sur l’actualité
politique et surtout l’activité que nous devons mettre en œuvre face à
l’accélération de la casse économique et sociale.
Les derniers chiffres du
chômage (plus 35 000 chômeurs en juillet), démontrent l’ampleur des
conséquences sociales que cette politique génère. Un seul secteur : dans
l’industrie 530 000 emplois ont disparu en 10 ans, la production industrielle
a reculé de 10 % depuis 2007.
Rappelons que pour l’élection
de Hollande il fallait « chasser Sarkozy », et pour Macron, il fallait
battre le Front National et à chaque fois les partis politiques ont choisi
« le moindre mal » qui se traduit aujourd’hui par une austérité accrue, une
accélération des mesures prises à l’encontre des intérêts des travailleurs
et du peuple.
Macron avait annoncé son
programme : poursuite de la casse du code du travail, des services publics,
économies budgétaires, privatisation des entreprises publiques, baisse de
la fiscalité des entreprises, exonération des cotisations sociales, hausse
de la CSG, renforcement du capitalisme européen, tout cela (et j’en passe)
était au programme de Macron avant les élections, c’est ce qu’il met en
œuvre aujourd’hui. C’est le copié collé des revendications du Medef et
Gattaz se réjouit.
Le Medef tient ses «
universités d’été » jusqu’à jeudi, date à laquelle le gouvernement doit
faire connaître le contenu des ordonnances sur la casse du code du travail.
Ce n’est pas une coïncidence
si une quinzaine de ministres vont participer à ces universités d’été, ils
viennent chercher les ordres pour mettre la touche finale à la casse du
code du travail mais ils viennent aussi chercher les directives concernant
toute la politique à mettre en œuvre dans les mois qui viennent.
Cette politique est
entièrement consacrée au développement du profit capitaliste, à
l’exploitation plus dure du travail salarié : baisse constante du « coût du
travail », baisse des pensions de retraite, des allocations, remise en cause
de la protection sociale (chômage–logement–retraite–maladie). Macron donne
le ton aujourd’hui lorsqu’il déclare avec dédain : « les Français n’aiment
pas les réformes, il faut donc transformer le pays en profondeur ». C’est
ce que propose le Medef, rien ne doit échapper au profit capitaliste, après
le « j’aime l’entreprise » de Valls lorsqu’il était premier ministre de Hollande
on a droit aujourd’hui à «nous
devons être les amis de la finance » de Bruno Lemaire. Même discours, même
politique, celle du capital.
Le profond mécontentement que
nous avions constaté lors des élections présidentielles et législatives
avec leurs taux d’abstentions records, le nombre historiquement élevé de
bulletins blancs, le niveau constant des luttes sociales, est toujours bien
réel. Les sondages réalisés dernièrement sont une indication, ils notent le
rejet de la politique actuelle et à venir.
Les luttes ne peuvent que se
développer, les illusions sont de plus en plus éphémères, le pouvoir
capitaliste s’use de plus en plus vite au gré de la politique qu’il
applique.
Les manœuvres vont bon train
pour tenter de manipuler l’opinion, car il y a une chose dont le pouvoir a
peur : c’est la lutte. Il tente donc de l’éviter par des manœuvres
comme celle qui consiste à faire croire que le pouvoir d’achat va augmenter
en supprimant les cotisations sociales. Il faut que l’on s’exprime sur le
sujet, sur ses conséquences car aucun parti ne le fait. Il faut rappeler
que les cotisations sociales c’est du salaire et que ce salaire est mis
dans un pot commun qui s’appelle Sécurité Sociale avec toutes ses
protections pour faire face aux aléas de la vie et pour assurer une
retraite aux travailleurs. Si cette part de salaire est supprimée c’est toute
cette protection sociale qui va disparaître au profit d’assurances privées,
le grand rêve du Medef.
Autre manipulation du pouvoir
concernant le travail détaché : Macron déclare modifier le statut des
travailleurs détachés au nom du « travail égal–salaire égal » alors que
dans le même temps il casse le code
du travail en France et soumet le droit de négocier les salaires, le temps
de travail au seul choix des patrons. Et dernièrement Bruno Lemaire en
rajoute en faisant croire que le pouvoir d’achat des Français va augmenter
de 1 milliard grâce au crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)dont on
sait très bien que ce cadeau aux patrons ne sert qu’à gonfler les profits.
Il n’y a pas un parti politique hormis le nôtre pour dénoncer de telles
fumisteries.
Le niveau des luttes va donc
être, mais ce n’est un secret pour personne, déterminant dans la période
qui vient.
Le mécontentement est profond,
les luttes sociales doivent se développer, s’exprimer plus fort. Le pouvoir
capitaliste veut transformer le pays en profondeur, nous aussi mais on veut
en chasser le capital. Mais cette perspective doit prendre racine dans la
classe ouvrière et dans les luttes, nous connaissons les difficultés et les
obstacles à franchir. Les luttes doivent nous aider à développer les idées
révolutionnaires que nous portons. Nous savons que la droite qui a explosé
ainsi que le Parti Socialiste et ses alliés, le Front National que le
capital a rendu très discret ne peuvent le faire parce qu’ils ont soutenu
et soutiennent encore la politique d’aujourd’hui.
Le Parti Communiste Français,
également et curieusement discret cherche à nouer des « alliances
nouvelles » avec ce qu’il reste du PS, des écologistes ainsi qu’avec
la « France insoumise » que Mélenchon revendique comme étant la seule
opposition au pouvoir. L’objectif étend d’être le chef de file des
mécontents afin de maîtriser les luttes pour mieux les dévoyer à un moment
où elles vont se développer. Nous avons démontré et il faut continuer à le
faire que Mélenchon ne s’attaque pas au capital, il veut en gérer les
conséquences et négocier avec lui le « partage des richesses ». Ce que nous
proposons c’est que l’ensemble des richesses reviennent au peuple, servent
à satisfaire les énormes besoins sociaux, mais pour cela il faut qu’elles
soient gérées par le peuple, il faut la lutte pour en enlever la maîtrise
au capital.
On entend dire en ce moment
que la croissance a augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre, ce qui veut
dire que le produit intérieur brut qui représente la masse des richesses
créées à évoluer de 05 %. Ces richesses atteignent ou vont atteindre cette
année 2200 milliards d’euros, elles sont toutes accaparées par le capital alors
qu’elles sont créées par le travail.
Les profits des multinationales ont
explosé au premier semestre, les augmentations vont de 12 à 96 %. 33,5
milliards de dividendes ont déjà été distribués en six mois aux
actionnaires, c’est considérable, les journaux économiques annoncent 2017
comme étant une année record.
Les mesures Macron vont encore accentuer
cette chasse au profit. La fiscalité des entreprises va passer de 33 à 25 %
soit 11 milliards de cadeaux supplémentaires aux patrons. Les exonérations
de cotisations sociales se poursuivent, le CICE va être amélioré.
Dans le même temps nous avons
vu que l’austérité va s’aggraver, les acquis détruits, le droit du travail
supprimé, les libertés publiques attaquées. Voilà la politique du capital,
elle est inconciliable avec les intérêts du peuple. Il ne peut y avoir
d’arrangement, de partage, d’entente, de compromis avec le capital. Il faut
que l’on continue à en faire la démonstration partout où nous sommes, dans
tous nos débats.
Plus nous serons présents dans
les luttes avec les travailleurs, plus nous avancerons nos propositions et
plus la perspective révolutionnaire sera comprise.
Voyons bien que déjà, la
bourgeoisie prépare la relève à Macron et son équipe car ils sont déjà en
difficulté pour appliquer les directives du capital. La recomposition
politique bat son plein, à droite, le PS, le Front National, les Verts, le
Parti Communiste Français, Mélenchon, tout ce petit monde réfléchit déjà
trois mois après les élections à construire une nouvelle équipe pour servir
les intérêts du capital.
Du côté des syndicats, la CFDT
est égale à elle-même, championne des « réformes » prônées par le patronat
dont elle est la fidèle courroie de transmission. FO déclare attendre le
contenu des ordonnances pour décider d’actions possibles. La CGC se
prononce contre les ordonnances, les catégories de salariés qu’elle défend
sont visées au même titre que l’ensemble des travailleurs. Seule la CGT
rejette toute nouvelle attaque contre le droit du travail, elle a appelé
dès le mois de juin à une journée interprofessionnelle de grèves et de
manifestations le 12 septembre.
Une réunion de l’organisation
doit avoir lieu cette semaine pour décider de la suite à donner au 12
septembre. Philippe Martinez le reconnaît, le mécontentement est profond il
faut en tenir compte…
Vu l’ampleur de l’attaque
généralisée du capital dans tous les secteurs, les luttes vont s’amplifier,
nous devons être présents partout pour apporter nos explications, nos
solutions politiques, démontrer que l’argent existe pour faire une autre
politique au service du peuple. Nous le faisons déjà bien sûr mais en cercle
encore trop restreint. Il ne faut pas hésiter à élargir nos réunions,
inviter largement. Cette rentrée politique est inédite : trois mois après
son élection Macron est en chute libre dans les sondages, les luttes n’ont
pas cessé depuis le début de l’année et il y a longtemps qu’une initiative
de grèves et de manifestations a été prise dès la rentrée.
Les conditions d’une
mobilisation importante des travailleurs existent, nous allons y prendre
toute notre part mais il faut y apporter nos positions politiques parce
qu’elles vont être déterminantes. Croire au partage des richesses est un
leurre, un piège qu’il faut déjouer. C’est pour cela qu’il faut débattre
dans les départements, développer nos propositions, tenir des réunions avec
toutes celles et ceux qui nous écoutent, les adhérents bien sûrs mais aussi
celles et ceux avec qui nous avons des contacts réguliers. La période qui
vient peut-être le début d’une mobilisation plus importante, il faut y
engager toutes nos forces.
Le secrétariat propose que des
réunions aient lieu dans tous les départements où nous sommes présents car
il est essentiel de faire de la politique pour bien comprendre la situation
actuelle et les moyens d’en sortir. Aller à l’essentiel ne pas se laisser
entraîner dans les détails de telle ou telle mesure. Le capitalisme c’est
la politique à combattre, il faut démontrer sa cohérence pour mieux la
comprendre et marteler nos propositions. Nous disons souvent, les luttes
sociales sont importantes car elles freinent le capital mais ne le suppriment
pas. La lutte politique, l’engagement politique est indispensable pour changer
la société.
Pour faire comprendre cela, il
faut le débat politique. C’est pour cette raison que des rencontres, des
réunions régulières doivent avoir lieu, rien ne remplacera l’engagement
militant. Le frémissement de la mobilisation que nous percevons doit nous
permettre d’engager ce débat : quelle perspective politique ? Quelle
société pour demain ? Comment y parvenir ?
On a vu les partis qui veulent
récupérer le mécontentement, mener le peuple dans une impasse en créant des
illusions, c’est pour cela qu’il ne faut rien lâcher sur le fond de nos
explications, aller à l’essentiel. Nous ne savons pas ce que peut devenir
le mouvement social qui s’annonce, mais ce que nous savons c’est que la
mobilisation de toutes nos forces va être déterminante.
Nous avons du matériel pour
aborder cette rentrée. Le tract est prêt, il a été envoyé aux membres du
Comité National, il faut pousser à une diffusion de masse de ce tract qui
va nous permettre de reprendre contact avec les travailleurs. Notre journal
va paraître après notre Comité National du 23 septembre, cela va nous
permettre de faire le point sur la mobilisation sociale et notre activité
dans les départements. N’oublions pas notre objectif de renforcement, il ne
faut pas hésiter à poser la question de l’adhésion, nous le faisons tous
mais trop rarement.
Nous avons tenu le site de
notre parti pendant toute la période des congés en essayant de coller au
mieux à l’actualité, et nous avons également notre initiative en novembre
sur l’anniversaire de la révolution russe. Nous publions maintenant toutes
les semaines un article sur le sujet et on se rend bien compte de la
pertinence de ces articles vu la vague d’anticommunisme qui se développe à
l’approche de cet anniversaire.
On se rend mieux compte
aujourd’hui de l’importance de l’existence de partis révolutionnaires dans
le monde, la situation internationale ne cesse de se dégrader,
l’impérialisme, ses concurrences internes génèrent des tensions, des
conflits et des guerres dont le niveau n’a jamais été atteint puisque tous
les continents y sont confrontés.
On ne sait pas ce que peut
devenir la situation au Venezuela mais il est clair que le pouvoir
américain veut reprendre la main sur tous les pays d’Amérique latine qui
lui échappent. La situation en Asie s’aggrave également, les manœuvres
militaires entre l’armée américaine, le Japon, la Corée du Sud dirigées
contre la Corée du Nord génère année après année des tensions de plus en
plus vives et met en danger les peuples de la région. Ces tensions existent
partout, le continent africain dont les perspectives de développement sont
énormes fait l’objet d’une concurrence inter impérialiste acharnée. La
situation au proche et Moyen-Orient également, bref, on assiste à un
redécoupage du monde et de ses frontières au nom du profit capitaliste et
ce sont les peuples qui souffrent. Nous voyons bien toute l’importance et
l’influence qu’a eue URSS en son temps et les partis révolutionnaires
disparus en même temps.
Bien sûr nous évoqueront toute
cette période à l’occasion de l’anniversaire de la révolution russe pour
bien faire comprendre la situation internationale d’aujourd’hui. Quelles en
sont les causes et les conséquences.
Pour terminer sur le sujet de
la révolution russe, notre affiche est sur le site, elle est disponible à
la vente (10 €), les réunions dans les départements vont permettre sa
diffusion, n’attendons pas le mois de novembre pour la proposer aux
adhérents et sympathisants.
Ce mois de rentrée va donc
être riche du point de vue de notre activité. Le prochain Comité National
du 23 septembre fera le point sur notre état de mobilisation, d’ici là il
ne faut rien manquer des luttes, réunir nos forces dans les départements,
diffuser massivement le tract, faire connaître notre initiative de novembre
sur l’anniversaire de la révolution russe. Beaucoup de travail en
perspective, mais la situation politique l’exige.
° ° °
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