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N°104
Semaine du 04 au 10 mai 2009 Le gouvernement passe en force dans l’Enseignement Supérieur
et la Recherche Malgré une importante mobilisation qui dure depuis plus
de dix semaines dans les Universités contre les réformes de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche, le gouvernement ne cède pas. Il paraît bien
décidé à imposer ses réformes qui visent à soumettre, la formation
supérieure, les laboratoires et les personnels aux objectifs du Capital. Ce
choix n’est pas un effet de la crise actuelle. Il est annoncé de longue date. C’est un choix
fondamental des forces du Capital face à l’accélération de la mondialisation
des échanges. De plus, il faut dire que sur le plan proprement politique, le
gouvernement ne craint rien actuellement. Le
système d’enseignement et de recherche est sommé de s’adapter aux demandes
des entreprises. Pour cela, la communauté scientifique et notamment les
personnels ne doivent plus être en mesure d’influencer la politique
scientifique. Ils doivent être à la botte. Plus question de liberté de
recherches. Les jeunes salariés doivent enchaîner des CDD le plus longtemps
possible, l’idéal pour le pouvoir et les notables qui partagent ses vues ce
serait ainsi jusqu’à l’âge de 40 ans au moins avant d’en recruter
quelques-uns sur postes stables. Tous les autres seraient jetés comme des
kleenex. Les
chercheurs en place sont contraints pour survivre professionnellement de
demander des créations de CDD pour les jeunes chercheurs et techniciens via
l’Agence gouvernementale (l’ANR) qui finance les laboratoires
sur les thèmes qu’elle sélectionne au préalable. La carrière à venir des chercheurs en place dépendra
beaucoup de leur capacité à recruter plusieurs CDD, c’est-à-dire à se couler
dans un rôle d’exploiteur. Pour que les chercheurs n’échappent pas à cette
logique, l’évaluation des équipes a été transférée des organismes de
recherche à une seconde agence gouvernementale qui applique des critères qui
correspondent à la logique d’attribution du financement. Et
pourtant le gouvernement craint encore que la résistance continue. Il veut
donc réduire fortement dans les années qui viennent le nombre de chercheurs
et techniciens sur postes stables
et soumettre les enseignants-chercheurs à la pression clientéliste des
Présidents d’Universités qui vont être amenés à « vendre » leurs
établissements aux entreprises et aux pouvoirs locaux pour trouver des moyens
financiers. Tout cela, c’est la logique profonde
de la LRU (Loi sur les Responsabilités des Universités) et de la loi dite
« Pacte pour la recherche ». Il n’y
a pas d’autre issue que le développement de la lutte des salariés. Mais si la
mobilisation se cantonne dans quelques secteurs, il sera difficile de faire
reculer le pouvoir. Il faut donc que les luttes prennent de l’ampleur dans
tous les secteurs de la Société. Il faut donc que les Confédérations
syndicales mettent la barre plus haut pour leurs appels à l’action et en
particulier la CGT. De nombreux salariés ne demandent qu’à être encouragés.
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