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N°104 Semaine du 04 au 10 mai 2009

 

Collaboration de classe ou lutte de classe : un choix stratégique

 Dans la lettre du CESR (conseil économique et social régional d’Ile de France) de mars 2009, son Président, J.C. Boucharat, représentant du MEDEF livre un éditorial tout à fait intéressant des préoccupations profondes du grand patronat. Dans cet éditorial intitulé : « positiver la crise », il pose d’emblée la question de comment répondre à cette crise qu’il qualifie de financière, économique, sociale et politique. Pour lui, il s’agit bien d’une crise structurelle qui « a bousculé les fondements de notre société au niveau mondial ». Il n’est pas osé de penser que l’auteur parlant des fondements de la société ait en vue la société capitaliste.

Pour redonner un sens à la vie sociale, il jure que l’essentiel est de  « renouer avec l’économie réelle au sein de laquelle le « capital humain » pourra trouver les conditions de son développement et de son épanouissement ». Il n’est pas sans intérêt de noter que cette préoccupation s’accompagne d’une volonté de renforcer et reconstruire : « certains pans de l’économie francilienne…. », sans oublier, ajoute l’auteur, que 39% des commandes des travaux publics sont le fait des collectivités territoriales. Il approuve donc totalement les opérations structurantes qui se profilent dans la région Ile de France avec les ONI (opérations d’intérêt national). Ainsi dans une crise du capitalisme parfaitement assumée le représentant du MEDEF pose les jalons d’une politique qui ne met surtout pas en péril le système mais qui au contraire en assure la pérennité.

Nous sommes bien loin de l’image d’un patronat dans un bateau ivre. A ses yeux, faire payer la crise au peuple est devenu un enjeu politique majeur.

 Cela  incite à la réflexion quant à la nature de la réponse des forces politiques et sociales. La ligne de partage étant bien située entre ceux qui veulent une issue capitaliste avec  de nouveaux modes d’exploitation et ceux qui luttent pour abattre ce système archaïque de rapports sociaux afin de donner un nouvel élan aux forces productives sur la base de la satisfaction des besoins humains.

La fin de l’article renvoie d’ailleurs bien à cette question puisque l’on pourrait le désigner comme un appel à une collaboration de classe renouvelée et modernisée pour préserver l’essentiel : le système capitaliste lui-même. « Dans cette crise » (écrit l’auteur) les solutions ne seront pas que techniques et économiques pour permettre la refondation du contrat social… Il est donc plus que nécessaire de « positiver » la crise d’aujourd’hui en favorisant les changements dans les pratiques politiques et les relations sociales ».

 Lutte de classe ou collaboration de classe,  le choix est stratégique et n’a jamais été autant d’actualité car il dessine les capacités des salariés et du peuple à peser sur l’issue.   

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