|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
COMMUNISTES |
|
|
|
Hebdo |
|
||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
N°118 Semaine du
28 septembre au 04 octobre 2009 La
grève du lait, parlons-en Après l’accord honteux
passé au printemps entre la FNSEA et le gouvernement qui
bradait les intérêts des producteurs laitiers, ces derniers ont organisé
l’action. Début septembre après de très nombreux avertissements, ils déclenchaient la grève du lait.
Rapidement la forme d’action
qu’ils avaient retenue a fait la une de tous les médias. Une marée blanche au
Mont st Michel ça choque ! En passant, ce que ces
médias ne disent pas c’est que depuis le début des années 80 avec la mise en
place des quotas ce sont des millions de litres de lait qui sont détruits. Les
quotas, c’est cela. Tant de litres de lait par jour et par vache pour
l’industrie agro alimentaire, au-dessus de cette quantité, on jette le lait
dans le caniveau. Mais de cet immense gaspillage, on n’a jamais parlé ! La raison essentielle de
ce mouvement de grève c’est la chute du prix du lait de près d’un tiers en un an. Pour vivre
décemment de sa production, il faudrait qu’elle soit achetée 400 euros la
tonne au producteur. On la lui paie seulement 280 euros (base de l’accord
gouvernement – FNSEA). Ce vol est responsable en France de la disparition de dizaines de
milliers d’exploitations qui sont passées de 427 000 en 1984 à 90 000
aujourd’hui. Les responsables de
cette situation ce sont les industriels de l’agroalimentaire qui sont des
multinationales imposant leur loi et surtout leurs prix avec la complicité de
l’Europe capitaliste. Un salarié de l’agroalimentaire est le plus mal payé de
l’industrie, seulement 7% du prix d’un yaourt lui reviennent ! C’est à
peu près la même chose pour la caissière d’un hyper ou super marché… le reste
fait la fortune des industriels du secteur ou des grands distributeurs. En
France, on compte 5 gros transformateurs et 5 grands distributeurs. Et le mal s’est aggravé
avec la mise en place de la loi de modernisation de l’économie (LME) votée
par la majorité, qui a fait baisser tous les prix à la production des
produits agricoles de 15% en un an. Une baisse dont les consommateurs n’ont
pas vu la couleur. Alors producteurs et
consommateurs même combat, oui ! Et même intérêts contre un ennemi de
classe commun, le capitalisme. Ensemble, le pas a été vite franchi puisque cette grève, au-delà de la
destruction du lait, a vu des producteurs de plus en plus nombreux qui se sont organisés pour vendre le lait
directement aux consommateurs.
Ces derniers en donnant 0.50 euros par litre de lait (moins cher que dans les
grandes surfaces) payaient ainsi le double de ce que paient les laiteries aux
producteurs. Alors n’en déplaise à la
FNSEA syndicat majoritaire hostile à ce mouvement, cette grève a rencontré un
réel soutien populaire, un soutien de ceux qui souffrent aussi des méfaits du
capitalisme et ils sont la majorité dans notre pays. Les laitiers français ne
sont pas seuls dans ce mouvement, les Allemands, Belges, Hollandais, Italiens
sont aussi dans l’action. Aujourd’hui la grève est
suspendue jusqu’au 5 octobre. Cette décision de la Confédération Européenne
des Producteurs Laitiers (EMB) fait suite à la convocation
d’une réunion extraordinaire de l’Union Européenne sur la crise du secteur.
Cette convocation est une première victoire. D’autant que la suspension de la
grève est assortie de la détermination des laitiers à reprendre le mouvement
si rien ne sort de cette réunion de la commission européenne. Une fois de plus le
capitalisme montre son pouvoir de nuisance. Les conséquences des choix qu’il
impose aux peuples sont là : pendant que certains sont obligés de
détruire le fruit de leur travail, du lait, des fruits des légumes, des
centaines de milliers d’êtres humains à quelques heures d’avion meurent de
faim.
http://www.sitecommunistes.org |