---

 

 

 

 

COMMUNISTES

 

Hebdo

 

---

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

 

 

 

N°11 Semaine du 30 avril au 06 mai 2007

L’élection présidentielle en France

Du 3 au 5 mai se tient à Bruxelles un Séminaire Communiste International. Le représentant de notre parti y prononcera l’intervention suivante :                        

Examinés d’un point de vue de classe, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle française ne sont pas surprenants : La disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est européen a amené un changement énorme du rapport des forces dans le monde entier qui s’est traduit dans notre pays en particulier, par la disparition du PCF comme parti révolutionnaire et par celle de la CGT comme syndicat révolutionnaire de classe. Les conséquences de la disparition de l’URSS continuent de peser très lourdement sur notre lutte.

 Nous savons tous ici qu’il ne peut y avoir de solution définitive en dehors de l’abolition du capitalisme et l’édification d’une société socialiste, propriétaire des grands moyens de production et d’échange, débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme. La différence fondamentale entre un parti révolutionnaire et tous les autres est là.

 Mais pour autant il ne sera jamais question de nous réfugier derrière un « grand soir » mythique qui règlerait d’un coup tous les problèmes. C’est tous les jours que les questions politiques se posent, c’est au quotidien que l’exploitation capitaliste est vécue…  Nous ne serons jamais des pseudos – doctrinaires abstraits, coupés du monde réel.

 Où en sommes-nous en France aujourd’hui ?

En mai 2005, le vote NON au référendum sur la Constitution européenne a été un vote de classe, l’occasion de dire tout d’abord NON au gouvernement français et à sa politique intérieure. 2006 a connu un grand mouvement social, avec les jeunes en tête, qui a contraint le gouvernement à retirer un projet extrêmement dangereux contre le premier emploi des jeunes. Et l’année 2007 s’annonce déjà comme une grande année de luttes.  La liste des grèves et manifestations s’est allongée, la riposte à l’exploitation patronale s’est étendue. Grève pour les salaires à Citroën-Aulnay et à Poissy, à Peugeot Mulhouse, à Renault Le Mans, aux fonderies du Poitou, grève des dockers de Marseille, à France-Télécoms. En février, plus de la moitié des enseignants ont fait  grève. Le quotidien financier « Les Echos » sous le titre « Accès de tension sociale » écrit « Tandis que les plans sociaux continuent, une accumulation de conflits, de nature très différente, fait brusquement changer le climat de la campagne ».

 Ces actions doivent d’autant plus être mises en relief que les centrales syndicales françaises, la CGT y compris, s’efforcent de freiner les luttes. L’exploitation accrue de la classe ouvrière et de la masse des salariés de notre pays rencontre une résistance qui s’élargit. Cette accentuation de la lutte est la caractéristique dominante de la situation, élection ou pas.

 L’antagonisme entre le capital et le travail grandit rapidement .

En dix ans, les profits capitalistes ont progressé de 74%, la hausse des prix (officielle) a été de 30% mais celle des salaires seulement de 8%.

Les entreprises industrielles à elles seules ( en dehors des banques et des assurances) ont disposé en 2005 de 567 milliards d’euros. C’est une somme supérieure au budget de l’Etat et des collectivités territoriales confondus (360 milliards pour l’Etat + 180 pour les collectivités territoriales). Comment ces ressources sont-elles utilisées ? Voilà une question importante pour le mouvement social.

Les profits des 40 plus grosses firmes du CAC 40 ont crû de 71% en cinq ans pendant que leurs investissements chutaient de 42%. Où sont passés ces centaines de milliards ? Dans les poches des actionnaires. Plutôt que d’investir dans l’appareil productif français, ils préfèrent aller au plus sûr en achetant des concurrents, ou en investissant là où les profits sont les plus élevés. C’est cette course capitaliste aux profits qui sacrifie l’emploi et le développement national. C’est elle qui est la cause de la désindustrialisation de notre pays, des « délocalisations » vers des pays où le prix de la force de travail qu’ils appellent « le coût du travail » est encore plus bas qu’en France. C’est elle qui est la cause de centaines de milliers de suppressions d’emplois chaque année.

 Il y a trois mois, 2400 participants au forum économique mondial de Davos (en Suisse) constataient que « l’économie internationale n’a jamais été aussi prospère dans un monde aussi dangereux ». A une majorité de 92%, 1094 patrons de multinationales s’y sont déclarés « confiants » ou « très confiants » sur leurs perspectives 2007, au plus haut depuis dix ans.

A Davos, les multinationales ont étalé leur confiance dans l’avenir du capitalisme surtout depuis qu’il domine le monde mais aussi leur préoccupation quant à l’avenir. Car ces multinationales sont bien placées pour juger des ravages de plus en plus graves que l’exploitation capitaliste cause dans le monde entier. Elles savent comme nous que la disparition du socialisme existant, grave défaite pour le mouvement révolutionnaire mondial n’a jamais signifié la fin de la lutte des classes. Cette lutte continue dans le monde entier, elle a déjà obtenu des conquêtes remarquables en Amérique du Sud où les peuples, à Cuba, au Vénézuela, en Bolivie, au Nicaragua et ailleurs luttent aujourd’hui avec succès contre l’impérialisme US. Pensons aussi aux contradictions entre les groupes impérialistes qui se disputent férocement l’accès aux profits, la mainmise sur les zones qui leur apparaissent décisives, au prix de millions de vies humaines.

 L’allemande Angela Merkel dont le pays assure la présidence de l’Union Européenne a déclaré : « Avec les règles actuelles, nous savons que l’Union Européenne n’a pas la possibilité de prendre les décisions nécessaires ». S. Royal et Sarkozy sont d’accord. Normal puisque les deux soutenaient le OUI au référendum. Que dit S. Royal ? « Il faut un traité qui permette aux institutions de fonctionner », jugeant indispensable que « des solutions soient trouvées » au premier semestre 2008 alors que la France assurera la présidence de l’Union Européenne. La candidate socialiste a même ajouté qu’elle ne souhaitait pas « voir les Français pénaliser les pays européens qui se sont prononcés ».

 Nous disons à celles et ceux qui ont voté NON au référendum : « Ne votez pas pour la candidate socialiste à la présidentielle ». On peut nous répondre : le socialiste Fabius lui a bien voté NON. Certes mais pourquoi ? « Il faut réorienter le projet européen » a-t-il déclaré à la presse : « concernant l’intégration économique, la renégociation du budget de l’Union en 2008 devra être mise à profit pour le muscler, rouvrir le financement, l’orienter vraiment vers la préparation de l’avenir. Enfin la défense européenne doit sortir du virtuel en progressant vers la standardisation des équipements, l’harmonisation des formations et la création d’unités communes. La France et l’Allemagne devraient montrer le chemin en lançant le projet ambitieux d’une armée commune. Pour rendre ces avancées possibles, le moment est venu de redéfinir l’organisation interne de l’union ».

S. Royal et Sarkozy se félicitent que la France ait réduit sa dette publique à moins de 3% et rentre ainsi totalement dans les clous européens. Qu’en est-il de notre indépendance nationale, de l’existence de la nation française ?

 Que préparent les grandes sociétés capitalistes et leur syndicat le MEDEF pour les mois qui viennent ?

Un sondage IPSOS paru récemment est éclairant. Le patronat juge nécessaire la diminution des charges sociales, l’augmentation du temps de travail, l’assouplissement du droit du travail pour l’embauche et le licenciement, l’augmentation du nombre d’années de travail pour financer les retraites. Suivent la diminution des allocations chômage, la baisse du niveau des retraites et la possibilité d’embaucher au-dessous du SMIC.

« Etre compétitifs », c’et le mot d’ordre des groupes dirigeants de l’économie, les Renault, Total, Airbus-EADS, EGF, la BNP-ParisBas etc… La représentante de leur syndicat s’est félicité que des pas importants aient été réalisés dans cette voie mais on doit maintenant aller plus loin et plus vite a-t-elle déclaré. On devine où.

 Le syndicat patronal s’est lancé dans la bataille électorale, pour dire : en France ça ne va pas. Il faut redresser la situation, répondre aux défis de notre époque. Comment ? En donnant aux entreprises, elles qui sont le centre nerveux du pays, les moyens d’intervenir de façon décisive dans la vie économique nationale, dans tous les secteurs qui comptent. Ce qui signifie qu’il faut donner au capitalisme encore plus de pouvoirs qu’aujourd’hui. Le MEDEF a réuni à PARIS 6000 chefs d’entreprises, il leur a demandé de participer partout au débat électoral. Dans un livre à grand tirage du syndicat patronal intitulé « Besoin d’Air » on peut lire : « la définition même de l’entreprise est d’être une association pour le profit. C’est sa nature, c’est son but, c’est même son honneur ».

 Il y a encore quelques années, le patronat n’aurait jamais osé faire de telles proclamations. On mesure à travers ce genre de phrases les changements intervenus dans notre pays.

 C’est dans ce contexte que se déroulent l’élection présidentielle et les élections législatives qui vont suivre. Sarkozy le représentant de la droite classique est en tête avec 31,2% des voix. Il est suivi par la socialiste S. Royal avec 25,9%. Le centriste Bayrou obtient 18,8% devant l’extrême droite Le Pen qui est en recul avec 10,5%. Un trotskiste (LCR) recueille 4,1%.

Sarkozy, Royal, Bayrou, Le Pen etc… tous nous enferment dans un seul choix de société : le capitalisme, horizon indépassable.

 Sarkozy c’est la liberté totale pour les entreprises, la liberté individuelle est présentée comme la seule manière de se faire une place dans la société. En découle la liquidation de ce qui reste d’acquis sociaux collectifs. Avec en plus des formules démagogiques comme « travailler plus pour gagner plus ». La situation de chacun étant évidemment de sa seule responsabilité, ce qui blanchit le capitalisme de toute exploitation et renforce l’individualisme.

 S. Royal veut battre Sarkozy. Pour faire quoi ? C’est la vraie question, mais c’est justement celle que le PS et sa candidate se gardent bien d’aborder. Aucune proposition pour changer la société française en profondeur et pour cause puisque le PS ne veut pas la changer. Elle n’envisage nullement de frapper les grands groupes industriels qui règnent sur notre pays. Au contraire, elle veut « donner de l’agilité aux entreprises, notamment celles qui sont confrontées à la concurrence mondiale » et « réconcilier les Français et l’entreprise ». Elle aussi poursuivra sans relâche la réduction de la dette publique.

Le capital peut être tranquille, avec S. Royal comme avec Sarkozy il sera assuré d’une équipe au pouvoir qui continuera à servir ses intérêts.

 Ajoutons  rapidement que  Bayrou  le 3ème homme, veut rassembler la droite et la gauche qui « arriveront ensemble à relancer l’économie nationale et à améliorer la situation sociale ». L’exemple à suivre serait celui de l’Allemagne où socialistes et droite gouvernent ensemble, le résultat est paraît-il très positif ! S. Royal envisage même de confier à Bayrou des postes ministériels !

Une chose est sûre : Avec Sarkozy ou avec S. Royal comme président (e) les attaques contre les salariés et le peuple vont se multiplier. Malheureusement les travailleurs ne sont pas en mesure aujourd’hui d’en arriver à cette conclusion. La disparition de ce grand parti révolutionnaire d’avant-garde qu’était le PCF se fait cruellement sentir dans notre pays.  Ce type de parti, il faut le reconstruire, un grand parti de la classe ouvrière et du salariat, un parti qui base toute son activité sur une analyse de classe de la société et qui se détermine en toutes circonstances à partir de là.

C’est ce que nous efforçons de faire avec COMMUNISTES.

 Tous les partis à la gauche du PS, les centrales syndicales (plus ou moins clairement) appellent à voter socialiste pour battre Sarkozy. Nous pas !

Nous savons que notre position est loin d’être approuvée actuellement mais nous savons avant tout que le rôle d’une avant-garde révolutionnaire est de montrer le chemin de la lutte contre le capital quelles qu’en soient les difficultés. Nous ne cautionnerons jamais une union sans principe tournant le dos à la lutte de classe. Un parti se structurant autour du Marxisme-léninisme, un parti de classe uni dans la lutte contre l’ennemi de classe, voilà le type de  parti qui répondra aux défis du 21ème siècle ! C’est ce parti que nous construisons dans notre pays.

 Le 6 mai, comme nous l’avons fait au premier tour, nous appelons à déposer dans l’urne un bulletin intitulé « COMMUNISTES » appelant à balayer tout ça. Il va falloir agir, lutter, se rassembler, pour bloquer ce qui se prépare et imposer la satisfaction de nos revendications. De grands changements, comme ceux du Front populaire, de la Libération et dans une moindre mesure celui de 1968, ont résulté de l’action des grandes masses populaires, unies pour faire aboutir leurs revendications.

Bien entendu nous n’en sommes pas là aujourd’hui, mais il reste que la seule force qui dans les conditions actuelles empêchera la progression de la politique capitaliste c’est comme par le passé, celle des travailleurs et du peuple. Nous le vivons d’ailleurs tous les jours quand nous apprenons que dans telle entreprise, sur tel chantier, dans tel établissement scolaire, des revendications ont été arrachées et des attaques patronales tenues en échec.

 Aux élections législatives du mois prochain nous aurons pour la première fois des candidats dans 70 circonscriptions. Chaque candidat disposera d’une circulaire officielle expédiée à tous les électeurs, ce qui nous permettra de nous adresser officiellement à plus de quatre millions de foyers. Dans les circonscriptions où nous n’aurons pas de candidats nous mettrons à la disposition des camarades un bulletin de vote « COMMUNISTES » avec un texte, qui pourra être distribué partout.

Cette période politique est favorable aux prises de contacts que nous organisons dans les entreprises, les quartiers, les établissements scolaires, sur les marchés etc… Nous avons des points de rencontre où l’on discute et diffuse notre matériel de propagande, où l’on propose l’adhésion.

Le combat continue.

  Envoyer cet article à un(e) ami(e)

Haut de page

 

http://www.sitecommunistes.org