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N°120 Semaine du 12 au 18
octobre 2009 Communistes 44 nous
communique La lutte
continue au CHU de Nantes Fillon et Bachelot
devaient inaugurer, le samedi 3
octobre, l’extension du Centre Régional de Lutte contre le Cancer (C.R.L.C.)
de l’hôpital-Nord de Nantes. La veille, la presse annonçait l’annulation de
la visite des deux ministres. Ont-ils eu peur d’affronter les hospitaliers en
grève et les usagers qui les soutiennent? La CGT et Sud les avaient
appelés à venir manifester leur colère contre les mesures prises par la mise
en œuvre du « Plan de Gestion des Ressources Humaines »
(GRH). Point de Ministres mais deux compagnies de CRS étaient là pour
« contenir » les manifestants… Les militants de
Communistes étaient présents à cette journée pour soutenir les salariés. Au début de l’année, la
« Cérémonie des vœux » du CHU avait déjà été annulée à la suite de
la demande de la CGT de s’exprimer à cette occasion. Décidemment d’annulation
en annulation… La CGT du CHU fait
peur, c’est bon signe. Depuis plus d’un an, les
grèves se succèdent, ce qu’ils craignent par-dessus tout c’est la lutte des
salariés. Le CHU de Nantes
présentait fin 2007 un déficit de 31,5millions d’euros. Situation
conforme à celle de 21 CHU sur
31, ce n’est pas la réforme dite
T2A (détermination du budget alloué en fonction de l’activité générée par
l’hôpital et non plus par une dotation globale) qui réduira les déficits. Les
cliniques privées raflent les opérations rentables et laissent les opérations
lourdes et difficiles aux hôpitaux. Les CHU doivent assurer les soins,
l’enseignement et la recherche avec des crédits en baisse. En juin 2008, le Conseil
d’Administration de l’hôpital - dont J.-M. Ayrault socialiste est le
président - votait un Plan de redressement, de modernisation et de
retour à l’équilibre de l’établissement ; seuls les représentants du
personnel ont voté contre. Christine Coudrier, nouvelle directrice nommée en
septembre 2008, est chargée d’appliquer ce plan. Dans le cadre d’une
logique financière et comptable soucieuse de rentabilité imposée aux HP, la
seule variable d’ajustement c’est l’emploi. Le plan d’action GRH le traduit
concrètement : í Suppressions d’emplois. Suppression pour
commencer de 400 CDD et départs à la retraite non remplacés (environ 350 par
an). La nouvelle directrice générale innove en mettant en place une mesure
peu usitée dans le monde hospitalier appelé « le guichet
départ » : un chèque, qui peut aller jusqu’à 41 800 euros nets
est versé en contrepartie d’un départ volontaire sous forme de démission. 183
agents ont demandé à bénéficier de cette disposition. Le montant des
indemnités qui leur ont été versées se situe entre 6 et 8 millions d’euros. Comme
dans le privé la direction du CHU est prête à verser des millions, il faut
absolument supprimer massivement des emplois. Cette opération est financée
par les pouvoirs publics, l’aide financière est intégrée au fonds pour la modernisation des établissements de
santé (FMES), géré par la Caisse des dépôts. Voilà le sens que l’ARH (Agence Régionale de
l’Hospitalisation) et Coudrier et Ayrault donnent à modernisation ! Cette réduction de
personnel n’est pas suffisante. En 2010 le gouvernement prévoit la suppression
de 2.200 postes dans treize hôpitaux dont 200 de plus au CHU de Nantes. L’hôpital de Nantes sert
de laboratoire d’essai, Ariane Bénard (directrice des ressources humaines au
CHU) le dit clairement : « le dispositif nantais constitue une
première en France au sein des CHU, nous avons été contactés par
d'autres établissements. Ceux-ci cherchent à mesurer les effets d'un tel
plan » (Ouest France). í Pour les personnels : - remise en cause des
acquis, des droits statutaires et non respect du code du travail. Suppression de quatre
jours de congés annuels (congés supplémentaires en compensation du temps
d’habillage et de déshabillage, considéré comme temps de travail, disposition
prévue dans le Code du Travail). Décompte des jours de RTT dès le 1er
jour d’arrêt maladie, d’accident du travail ou de congés maternité. Réduction
du nombre de jours des repos compensateurs. Rappel du
personnel en repos, en RTT ou en vacances pour pallier les sous-effectifs.
Quatre à cinq week-ends travaillés d’affilés, amplitude horaire non respectée
en violation de la législation sur le temps de travail, etc. Ces mesures sont censées générer des économies qui permettraient de
« dégager » 200 ETP (équivalents temps plein). - révision des avancements de carrière. La direction veut faire des
économies sur les déroulements de carrière qui seraient trop « avantageux »
et trop « onéreux ». Le plan d’action GRH prévoit un étalement de
l’évolution de la carrière et l’avancement au mérite, mesures applicables dès
2010. C’est toute la politique d’évaluation-notation qui est remise en cause
et revue dans le sens d’une pression toujours accrue sur le personnelle. La dictatrice générale,
fidèle serviteur du pouvoir, soutenu par le député-maire PS Jean-Marc Ayrault
est en train de mettre en œuvre la casse du service public hospitalier. La
première étape est l’application du plan GRH suivie par la mise en place de
la loi Hôpital, Patient, Santé et Territoire. Les sous-effectifs, la
dégradation généralisée des conditions de travail, le sous-financement
organisé des HP remet en cause les missions du service public. Le
gouvernement trouve des milliards pour venir en « aide » aux
groupes capitalistes, aux actionnaires, aux spéculateurs et refuse d’accorder
aux hôpitaux les moyens financiers nécessaires pour fonctionner. A l’inverse,
les patients doivent payer toujours plus. Le forfait hospitalier qui passe de
16 à 20 euros, c’est 556% d’augmentation depuis 1983. La lutte continue et se développe Depuis le début de
l’année, ces mesures ont provoqué de nombreux mouvements de grève : en
pédiatrie, en gériatrie, à l’institut du thorax et des soins intensifs, etc…
Le dernier en date, commencé le 10 septembre s’est poursuivi jusqu’au 13
octobre. A l’appel de la CGT, FO et Sud les services du pôle logistique en
grève, rejoints par le personnel soignant, ont organisé jour et nuit des
barrages filtrants sur le CHU (1). Les mots d’ordre de la
CGT-CHU sont clairs : Retrait du plan GRH, lutte pour l’amélioration
des conditions de travail, pour la défense du service public hospitalier,
pour la création de postes et pour la titularisation des contractuels. Les seules réponses de
la Directrice Générale, de l’ARH et de la Préfecture a été l’envoi des forces
de l’ordre pour assurer l’évacuation des déchets… et l’assignation des
responsables syndicaux en référé pour entrave au bon fonctionnement des
services. Pour madame Coudrier, qui ne respecte ni le code du travail ni le
droit de grève, rien n’est négociable dans le Plan GRH. Les seuls points
susceptibles de discussion sont les conditions d’application du plan, oui au
« dialogue social » mais pour appliquer le plan de la direction! FO
s’est engouffré dans cette brèche et a obtenu une « grande
victoire », la révision des déroulements de carrière ne se fera pas en
2010 mais en 2011 !!! Prétexte qui lui a permis de quitter le
mouvement ; ça sert madame Coudrier d’avoir des employés affiliés au
même syndicat que vous ! FO sera rapidement rejoint par Sud. La CGT reste seule mobilisée,
le personnel aussi. Il n’est pas prêt à se laisser faire, il se bat pour
assurer la continuité et l’égalité des soins de qualité pour tous. Les luttes se
développent à Nantes comme dans d’autres CHU : Caen, Nice, Nîmes,
Rennes, etc… L’Hôpital Public est
en danger. Seule la lutte les fera reculer. Pour les vaincre il faut que les
luttes se développent à un autre niveau, encore plus élevé. (1) Voir Communistes hebdo n°118
http://www.sitecommunistes.org |