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N°125  Semaine du 23 au 29 novembre 2009

 

Paris-Saclay : Une opération d’intérêt national ?

Pôles de compétitivité, pôles de recherche et d’enseignement supérieur, autonomie des Universités, découpage du CNRS en instituts, agence nationale pour la recherche, agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, alliance nationale des sciences de la vie et de la santé…

 

Les structures nouvelles et les réformes ne manquent pas pour développer une stratégie qui vise à intégrer encore plus les activités de recherche aux stratégies des entreprises. Cette situation n’est pas entièrement nouvelle car recherche et production sont des activités humaines intimement liées concourant à la production. Marx avait déjà noté que si la recherche a une influence sur la production la réciproque est vraie. Le problème n’est donc pas ce lien objectif, il est que cette relation s’exerce dans un système de rapports sociaux déterminés : en l’occurrence celui de l’exploitation capitaliste dont le moteur est la réalisation du profit au détriment des salariés. Aujourd’hui les investissements de recherche sont de plus en plus nécessaires au développement économique. Les grandes entreprises capitalistes ont besoin de la recherche pour s’imposer sur les marchés. Cependant, elles entendent diminuer leur propre contribution pour espérer améliorer les taux de profits. Elles entendent ainsi libérer plus de moyens pour la spéculation financière. Il s’agit donc de socialiser l’effort de recherche, c’est-à-dire le faire peser sur tous les citoyens, tout en contrôlant les orientations et les résultats.

 

Prenons un exemple précis. Sanofi-Aventis réorganise son secteur recherche développement en programmant 1200 suppressions d’emplois (10% des effectifs nationaux). Cela représente 2 milliards d’euros qui se traduiront en nouveaux profits. Son directeur de recherche et développement affirme haut et fort qu’il faut transférer l’effort de recherche sur le secteur public en créant des laboratoires et structures communs. Bien entendu pour être profitable, cette stratégie implique le contrôle strict par les capitalistes des orientations de recherche et de ses résultats. Cette démarche n’est pas propre à Sanofi-Aventis, les grands groupes capitalistes réduisent  systématiquement leurs investissements  de recherche et développement en s’associant à des opérations qui mêlent public et privé.

 

 Jusqu’à ces dernières années, tout cela était resté au stade « artisanal ». Avec la concurrence acharnée qui se développe avec la crise en toile de fond, il s’agit de passer à un stade plus avancé du processus. Outre  la déstructuration des établissements publics de recherche et  la liquidation des statuts des personnels, il implique aussi la construction de vastes ensembles appelés « clusters » dans lesquels les entreprises capitalistes orienteront et dirigeront la recherche à leur profit exclusif.

 

L’opération Paris-Saclay s’inscrit dans cette stratégie. Il s’agit de regrouper plusieurs dizaines d’établissements de recherche publique et privée ainsi que des établissements d’enseignement supérieur sur un périmètre réduit. Cet ensemble devrait représenter à terme 25% de la recherche française et plus de 60.000 étudiants. Il serait  dirigé par une fondation privée dotée en capital par l’État, gérerait le « cluster» et embaucherait les personnels. Situé sur la rocade ferroviaire du plan du « Grand Paris » voulu par le gouvernement ce cluster devrait être un des fers de lance des multinationales à base française engagées dans la compétition capitaliste mondiale. Autant dire que la recherche qui s’y effectuera sera strictement soumise aux aléas des stratégies des multinationales.

 

Un tel pôle, d’une telle dimension, sous une telle influence des marchés financiers va créer un véritable ghetto scientifique, éloignant encore plus la recherche de la population et de ses besoins. Loin de conforter une recherche libérée des contraintes financières et idéologiques le capitalisme l’enferme dans la contrainte du secret de ses seuls objectifs. Il est donc devenu un frein énorme au développement des forces productives et humaines. Il est temps de s’en débarrasser et de le remplacer par une société d’hommes libres et solidaires : la société socialiste.          

 

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