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N°132
Semaine du 11 au 17 janvier 2010 Etats
Généraux de l’Industrie Depuis novembre 2009, ils regroupent aux côtés du
gouvernement, le patronat, des
experts et les "partenaires sociaux". Ils viennent de publier un
rapport d’étape, comme ils
disent. Sans surprise ils
déplorent la situation catastrophique de l’industrie française, en oubliant
volontairement, et pour cause, d’en désigner les responsables. Nous en avons souvent parlé en donnant de multiples exemples.
Inutile d’y revenir. Une fois de plus ils
avancent le même remède : pour maintenir l’industrie en France, il faut
inscrire les évolutions du coût du travail dans une perspective de
compétitivité. La messe est dite. Diminution des
salaires et du pouvoir d’achat (le gouvernement vient de donner l’exemple
avec la hausse de 0,5% du SMIC), encore plus de productivité, plus de cadeaux
fiscaux pour le patronat. Le patronat vient de
recevoir un encouragement de poids, celui de Sarkozy à Cholet lors de sa
présentation des vœux aux "forces de l’économie". Celui-ci l’a
invité à accélérer les délocalisations vers la zone dollar au prétexte de la
faiblesse du dollar face à l’euro. L’intérêt national, le patronat et son pouvoir
politique ne connaissent pas. Que font les syndicats
« partenaires sociaux »
dans une telle assemblée, alors que sur le terrain les salariés sont
en lutte pour l’emploi et les salaires. Ce sont eux qui ont raison. On ne
discute pas avec les naufrageurs de l’industrie. On les combat pour imposer
une autre politique industrielle. Dernier exemple en date.
Renault présente un nouveau modèle de berline baptisée Fluence concurrente
directe de la Laguna, fabriquée en Turquie. L’usine de Sandouville,
parfaitement capable de la fabriquer, chôme depuis un an et demi. Ce
n’est pas une erreur de la
direction c’est la recherche du profit maximum. A propos de la Clio Grand remue ménage
autour du lieu de la production de la future Renault Clio. A quelques
semaines des élections régionales, il est toujours bon de faire semblant pour
le pouvoir de se préoccuper de l’emploi en France. Des gesticulations à
la réalité. L’état est toujours
actionnaire de Renault. A ce titre il est présent au Conseil
d’Administration, parfaitement informé des orientations, des décisions de
l’entreprise, mais n’a jamais élevé la moindre objection à la politique de
délocalisation menée depuis des années par la direction qui a implanté des
usines aux quatre coins du monde, ceci au détriment de la production et de la recherche en France, avec aussi
la délocalisation des sous traitants et fournisseurs. Des chiffres
accablants
pour le patronat. Médias et gouvernants se
sont félicités de la progression du marché automobile français en 2009. Plus
10,7% avec en tête Renault (+
7,4%) et Peugeot. Mais personne n’a dit que cette même année la production
des usines françaises avait
diminué de 4,4%. La différence entre les deux chiffres est le résultat des
réimportations massives en provenance des pays à bas coût de main d’œuvre
(Roumanie, Slovaquie, République Tchèque, Espagne, Turquie, Corée du Sud). La Clio est fabriquée
aujourd’hui dans trois pays. En 2009 la Turquie en a fabriqué 180000, la
France 125000, l’Espagne 25000. Entre 2006 et 2009 l’usine de Flins où sont
fabriquées les Clio a perdu la moitié de sa production. La raison en est
simple. Une Clio fabriquée en Turquie coûte quatre fois moins cher en main
d’œuvre qu’en France. Sans aucun avantage pour l’acheteur mais avec tous les
avantages pour le profit capitaliste et les actionnaires. Ajoutons qu’au cours des
six premiers mois de 2009 alors que le chômage grimpait à toute vitesse 4000
emplois ont été délocalisés, profit oblige. Faire pression sur
les salaires. Avec raison la CGT Renault
dénonce le chantage que la direction entend exercer aux cours des
négociations qui vont s’ouvrir sur la flexibilité, l’organisation du travail,
les risques psychosociaux, en poursuivant le blocage des salaires (+ 0,7%
pour 2010). En Espagne, la direction Renault a
réussi à obtenir des syndicats
un accord qui prévoit 8000 suppressions d’emplois, le blocage des
salaires sur trois ans, la perte de quatre jours de congé qui seront
travaillés. C’est aussi son objectif
en France. En échange d’une vague promesse de ne pas fermer d’usines, elle
veut obtenir des syndicats et du personnel qu’il accepte de voir laminer ses
salaires, ses conquêtes sociales. Continental, Bosch et
d’autres ont proposé ce marché de dupes. Après quelques mois, les fermetures
ont été réalisées. On ne compose pas avec
le capital. Il ne comprend que le rapport de force, que l’action unie des
salariés. Souvenons nous du mot
d’ordre de nos manifestations : ce n’est pas à l’Elysée/ ce n’est pas à
Matignon/ que nous aurons satisfaction/ il faut lutter.
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