---

 

 

 

 

COMMUNISTES

 

Hebdo

 

---

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

 

 

 

N°134 Semaine du 25 au 31 janvier 2010

 

Réforme territoriale : ce qu’elle camoufle

La mondialisation capitaliste, sous le contrôle des grands groupes bancaires et industriels, met en concurrence exacerbée les territoires et les populations. Ces groupes jouent un rôle décisif et structurant au niveau de l’organisation territoriale du pays et de la fiscalité.

 

Si l’on examine les restructurations profondes de la région capitale, on voit qu’il y a  un changement d’échelle dans l’adaptation du territoire francilien  à la mondialisation capitaliste. Le fil conducteur en est une rentabilité élevée des capitaux investis. Cette  région capitale est conçue comme une zone de haute profitabilité, en particulier financière, reliée à un réseau européen de mégapoles. Le gouvernement Sarkozy à leur service utilise les institutions et la fiscalité.

 

Ainsi les huit Opérations d’Intérêt National (OIN) qui dessinent le « Grand Paris » donnent à l’État un pouvoir d’aménagement décisif. Ces huit OIN concernent en effet trois millions d’habitants et environ un million et demi de salariés, sur les onze millions d’habitants  de la région Ile de France. L’orientation de ces OIN est claire, relier entre elles et vers l’extérieur par le maritime, l’aérien, le ferroviaire et le routier des zones de haute rentabilité capitaliste spécialisées dans la finance, la recherche, les hautes technologies, les loisirs…. Le système interne de liaison sera une grande boucle ferroviaire faisant peu de cas des besoins criants de transports de la population francilienne. C’est ainsi que l’aménagement autour des gares prévues sera aux mains de l’État sur une périphérie d’un kilomètre et demi. Autant dire que les communes verront leur capacité en matière d’urbanisme, en particulier, sociale réduite à néant.

 

Ces mesures structurantes de l’espace sont accompagnées de réformes fiscales et territoriales qui visent à liquider les ressources autonomes des communes et départements pour les mettre sous le contrôle des entreprises capitalistes et de l’État. C’est le cas avec la suppression de la taxe professionnelle et son remplacement incomplet par un retour fiscal de l’État vers les communes.

 

Pour l’essentiel les forces politiques comme celles de gauche ne remettent pas en cause ces choix stratégiques de très haute portée.

 

Du « grand Paris » du pouvoir au « Paris capitale » de Delanoë, la différence est si mince que des compromis sont en cours. Le contrat État Région 2007-2013 est éclairant à ce sujet. Il voit la région impliquée dans de nombreux projets portés par  celui du « grand Paris ». Les élus socialistes et communistes du 93 (Seine-Saint-Denis) et les maires de l’Est Parisien, majoritairement de « l’opposition », y sont tous favorables.

 

Ce constat est aussi vrai en Province où les socialistes, Fabius qui est à la tête de l’agglomération de Rouen et des 450.000 habitants, ou  J.M. Airault qui préside la communauté nantaise avec ses 600.000 habitants (J.M. Ayrault est aussi président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale) ou d’autres encore, mettent en œuvre ces choix. 

 

 

 

Envoyer cet article à un(e) ami(e)

Haut de page

 

http://www.sitecommunistes.org