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N°136 Semaine du 08 au 14 février 2010

 

Jackpot avec la grippe

Le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis annonce pour 2009 un bénéfice net de 7,8 milliards d'euros (+11 %) et un chiffre d'affaires de 29,3 milliards (+6,3 %), grâce notamment à des ventes "record" de vaccins antigrippaux.    Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires des vaccins antigrippaux (H1N1 et grippe saisonnière) du groupe a crû de 46,7 %, à 1,062 milliard d’euros.

 

Le groupe évoque "une année record" pour ces ventes. Le seul vaccin contre la grippe H1N1 a généré un chiffre d'affaires de 465 millions d'euros en 2009, dont 362 millions au quatrième trimestre. "Nous prévoyons des ventes à peu près similaires de vaccins anti-H1N1 en 2010 par rapport à 2009", a estimé le directeur général de Sanofi-Aventis.

 

Dans la foulée il confirme  3000 suppressions de postes. Assurer le profit maximum en réduisant encore plus les salaires, les emplois…

 

Il n’y a pas d’autre choix que d’en finir avec ce système. Comme le confirme ce petit voyage dans le pays de la santé :

 

L’OMS : un organisme devenu privatisé

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) fait la pluie et le beau temps sur notre planète en matière de santé publique. L’OMS a mis en place un « partenariat privé » qui lui permet de recevoir des aides financières d’industries privées.

 

Mais quelles industries ?     

Les preuves scientifiques  montrent sa collusion avec les multinationales industrielles.

Alison Katz, chercheuse à l’OMS accusait en 2007 l’organisation de « corruption, népotisme, violation des statuts et inefficacité du contrôle interne. Elle dénonçait : « la commercialisation de la science et les liens étroits entre l’industrie et les institutions académiques ».

 

Des responsables interchangeables :

Exemple, le Pr. Albert Osterhaus, de l’université Erasme à Rotterdam, conseiller de l’OMS pour la grippe A. Il était bien placé à l’OMS pour faire la promotion de cette pandémie. Jugez-en, il est également le directeur de l’ESWI (Groupe scientifique européen de la grippe). Les fondateurs de l’ESWI sont les groupes Novartis, Baxter Vaccines, GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur, fabricants du vaccin, Hofmann-La Roche, distributeur du Tamiflu, et MedImmune, racheté par AstraZeneca.

 

Ces entreprises pharmaceutiques géantes vont engranger entre 7,5 et 10 milliards de dollars de bénéfices.

 

Trente pays ont commandé du Tamiflu, le plus nouveau et le plus cher des médicaments antiviraux.  Sous couvert de prévention, l’administration US avait alors réalisé des achats massifs de ce fameuse Tamiflu par l’entremise d’un bien connu Donald Rumsfeld secrétaire d’Etat. Avant sa nomination, ce Rumsfeld était président du directoire du groupe Gilead Sciences qui, avec Roche, la multinationale suisse, produit le… Tamiflu. Vu ?

 

Le chef du programme de vaccination de l’OMS est un certain Klaus Stöhr. Ce spécialiste passe à la direction du groupe Novartis et se trouve chargé aujourd’hui de la diffusion sur le marché du vaccin Optaflu contre… la grippe porcine. Il a naturellement gardé tous ses relais au sein de l’OMS.

 

Contrats et restructurations

Le laboratoire Sanofi-Pasteur, du groupe Sanofi-Aventis,  a discuté « avec les gouvernements et autorités européennes pour la production de vaccin H5N1 et d’options de production de vaccin pandémique ». Il a conclu un contrat de 100 millions de dollars avec le ministère de la santé américain pour la production d’un vaccin pré-pandémique, servant à prévenir une éventuelle grippe aviaire.

 

Pour sa part, le laboratoire suisse Novartis veut s’emparer de la firme californienne Chiron et de  ses usines. Quant à la firme britannique Glaxo-SmithKline, elle a acheté  le laboratoire canadien ID Biomedical, afin de « répondre à la demande croissante de vaccins antigrippes » et de « préparer la menace d’une pandémie ».

 

Répandre la peur pour mieux vendre

Nous l’avons sans doute oublié, mais les « experts de l’OMS » nous avaient annoncé 320 millions de morts en un an, avec la « pandémie aviaire », imputée aux oiseaux migrateurs.

 

Du point de vue des actionnaires des labos, les commandes publiques massives de vaccins sont une mine d’or.

 

L’industrie pharmaceutique a la capacité d’actionner de multiples courroies de transmissions dans le monde politique pour obtenir les décisions sur lesquelles elle va pouvoir faire jouer ses relais.

 

Avec le capitalisme, tout se vend, tout s’achète.

Il serait possible d’en finir avec tous les grands fléaux actuels à une condition. Il faut abattre ce régime une bonne fois pour toutes.

 

Tous ceux et celles qui parlent de l’ « améliorer » défendent en réalité son maintien… moyennant leur accession au pouvoir à la place des équipes actuellement en place.

 

Une fois les uns, une fois les autres, l’alternance au service du capital.

 

On vote le mois prochain, les joutes verbales vont prendre encore plus d’ampleur. Choisir entre ceux qui sont en place et une opposition feinte ? Il faut en finir avec tout ça.

 

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