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N°137
Semaine du 15 au 21 février 2010 LES
VRAIS FAUX BILANS DE PEUGEOT RENAULT Les bilans publiés par le
patronat sont autant d’armes politiques pour se justifier. Peugeot et Renault affichent 1,161 milliard
de pertes pour le premier, 3,1 milliards pour le second. Ces chiffres ont été
repris tels quels, sans aucune
analyse, par les grands médias. Il fallait que les
deux constructeurs affichent des pertes. -Pour justifier les
suppressions d’emplois, le blocage des salaires, les délocalisations et les
pressions sur les fournisseurs et sous traitants avec à la clé faillites et
disparition d’emplois industriels. -Pour justifier le
cadeau de 6 milliards que l’Etat leur a fait, plus les 2 milliards pour leurs
filiales financières. -Pour justifier enfin la
poursuite du blocage des salaires et la baisse de ce qu’ils appellent les
taux fixes (salaire, emplois, achats) en un mot l’aggravation de leur
politique. Quelques chiffres. *1,161 milliard de
pertes pour Peugeot mais dans ce même bilan, il annonce une trésorerie
positive de 809 millions et une réduction de sa dette de 913 millions dans
l’année. Présenté autrement le bilan aurait donc été positif. Ce qui n’était
pas le but recherché. *3,1 milliards de pertes
pour Renault qui ne dit rien de sa trésorerie disponible à la fin de l’année, mais qui avait annoncé 810
millions pour les six premiers mois de 2009. Il a réduit son endettement de 2
milliards et l’essentiel de ses pertes provient de ses filiales étrangères.
902 millions pour Nissan, 370 millions pour Lada, 301 millions pour Volvo. En
clair les pertes de Renault viennent de sa volonté de globalisation de sa
production, de sa recherche effrénée de profits partout et le plus vite
possible. 1,6 milliard de perte dans ces trois filiales mais 2 milliards de
désendettement, d’où une trésorerie positive. Là aussi le bilan aurait pu
être différent. Leurs perspectives. Les deux PDG ont fait
quelques commentaires en présentant leurs bilans. Il est possible de résumer
leurs perspectives en quatre mots : on ne change rien. Blocage des salaires,
suppressions d’emplois, délocalisations sont au programme. Renault qui construit
une usine au Maroc, discute avec le gouvernement algérien pour faire de même
en Algérie. Faureçia filiale de
Peugeot qui a fermé deux usines en France et licencié 1215 salariés, vient
d’acheter Emcon aux USA et six usines de l’allemand Plastal en Allemagne. Ils sont responsables
de la désindustrialisation de la France. Selon un rapport
commandé par le ministère de l’Industrie, 54.000 emplois ont été supprimés en 2009 (10.000 chez les constructeurs,
35.000 chez les fournisseurs et sous-traitants, 9.000 chez les
concessionnaires et garages) et 50.000
emplois de plus sont menacés dans la filière en
2010 et 2011. Pour eux comme pour tous
les capitalistes l’avenir industriel, les emplois d’aujourd’hui et de demain,
tout cela est noyé dans ce que Marx appelait les « eaux glacées du calcul
égoïste » Rien de changé, le
profit avant tout. Ils ont raison. Tous ceux qui luttent
pour leurs salaires et leurs emplois. Les bilans truqués montrent qu’il y a
de quoi de satisfaire leurs revendications.
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