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N°140
Semaine du 08 au 14 mars 2010 La stratégie de TOTAL : le profit contre l’emploi et la
production Depuis deux mois, les
salariés de la raffinerie des Flandres à Dunkerque sont en grève pour
s’opposer à la fermeture de leur raffinerie. Fermeture qui concerne les 370
emplois de Total, mais qui avec les intervenants et les sous-traitants menace
pas moins de 2000 emplois dans la région. L’enjeu est
considérable : la stratégie que TOTAL veut imposer, c’est à terme la
fermeture d’autres raffineries. Stratégie qui vient de loin. En 1980 nous ne
comptions pas moins de 22 raffineries, il n’en reste actuellement plus que 12
dont celle de Dunkerque. La dernière qui a été fermée, c’est celle de SHELL
Paulliac dans le médoc en 1986/1987. Depuis 1980, tous les gouvernements
successifs de droite ou de gauche plurielle ou unie ont laissé faire TOTAL
(il est facile aujourd’hui en pleine période électorale pour ces partis de
gauche, de s’engouffrer dans un comité de soutien pour soi-disant défendre
l’outil de travail et l’emploi qu’ils les ont laissé détruire quand ils
gouvernaient). TOTAL argue pour justifier la fermeture de
Dunkerque, la baisse de la
consommation de carburant traditionnel au profit du gas-oil. Faux argument.
Dunkerque ne produit que des huiles et du bitume, aucun carburant et
l’activité des raffineries ne se limite pas à la production de carburants,
mais également de produits de bases pour la pétrochimie, la chimie et la
chimie de spécialités. Il faut investir pour adapter les raffineries aux
besoins. Aujourd’hui il s’agit de
l’avenir industriel, de l’indépendance énergétique de la France, de l’avenir
de l’emploi. TOTAL a annoncé 8
milliards d’euros de profits en 2009 Il en veut toujours
plus. Il ferme des raffineries en France, mais il investit 20 milliards en
Afrique et dans une raffinerie à Dubaï pour ensuite importer en France des
produits raffinés à commencer par les carburants. L’action en février de 6
raffineries TOTAL, à laquelle s’est jointe la raffinerie EXON-MOBIL de Notre-Dame-de-Gravenchon,
avait contraint la direction à un premier recul. Elle annonçait un CCE le 8
mars pour examiner l’avenir du raffinage en France, l’avenir de Dunkerque et
la promesse qu’aucune autre raffinerie ne serait touchée d’ici à cinq ans.
Mais elle ne renonçait en rien à sa stratégie. Cela s’est vu. Avant même la tenue du CCE elle confirmait la fermeture de la raffinerie de Dunkerque et annonçait
sa proposition dérisoire de
s’associer à la construction d’un terminal méthanier avec EDF, qui
permettrait de conserver 53 emplois. Les salariés de Dunkerque ont refusé,
ils continuent la lutte. Pour les organisations
syndicales, comme le souligne le coordinateur CGT, « c’est l’avenir du
raffinage en France qui est au centre des préoccupations, nous avons besoin d’un véritable
projet industriel, ces
propositions ne sont pas acceptables ». Pas d’autre solution que
de reprendre le conflit à ce jour suspendu comme le dit la CGT, pour imposer
la reprise de la raffinerie de Dunkerque et pour l’avenir de toutes les
raffineries. Au moment où nous
publions cet article, l’intersyndicale discute en vue de décider de
l’éventuelle reprise d’une grève nationale. La seule solution
c’est l’action dans les raffineries TOTAL, rejointe rapidement par d’autres
raffineries pour imposer un véritable projet industriel, maintenir et
développer le raffinage avec les investissements nécessaires pour améliorer
nos outils de production. COMMUNISTES soutient
à fond les salariés de TOTAL dans leur lutte.
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