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N°145
Semaine du 26 avril au 02 mai 2010 Les
agriculteurs dans la rue Ce 27 avril restera pour
de nombreux parisiens, la confirmation que rien ne va dans ce monde
capitaliste et qu’il est temps de changer de société. Dans l’industrie et le
commerce, les délocalisations et les fermetures d’entreprises se poursuivent
pour le plus grand bien des actionnaires et autres spéculateurs. Mais dans cette
manifestation qui ne rassemblait pas uniquement des céréaliers, comme se plaisent
à le claironner les médias, les agriculteurs producteurs de lait étaient là,
pour dire cela suffit. Leur revendication essentielle n’est pas de réclamer
d’autres aides, mais simplement de vendre leur production à un juste prix.
Les grosses exploitations continuent de s’en sortir, les autres (rien qu’en
Bretagne, en Auvergne, dans les pays de Loire on en recense 35.000) sont
acculées aux pires difficultés. La réalité est là.
Vendre 270 euros la tonne de lait alors qu’il revient à la production à 320
euros est inacceptable. Ramené au litre, pour nous consommateurs, c’est
pointer du doigt les grandes surfaces qui étranglent ces agriculteurs pour
permettre aux actionnaires de multiplier leurs profits. De même pour le blé, qui
voit son prix s’écrouler passant de 180 euros la tonne à moins de 110 euro
aujourd’hui. Comme le faisait remarquer un de ces agriculteurs « Dans
l’Indre, sur 4200 exploitants, 300 vont disparaître cette année et 400 sont
en très grandes difficultés ». Cela ne peut plus durer,
c’est vrai mais quelle perspective ? Attendre les prochaines
élections ? Concernant la droite, nous voyons où cela nous conduit. Le
PS ? Avec un candidat comme DSK patron du FMI qui en permanence demande
aux états de casser tous ce qui est social et surtout de mettre fin aux
services publics ! Quant au front de gauche, ils en sont à se poser la
question du meilleur candidat
pour faire des voix. Alors le programme…. De toute façon il ne serait
pas radicalement différent de celui du PS, lui-même ayant depuis longtemps
renoncé à s’attaquer à la racine du mal qu’est le capital. Un quintal (100 kg) de
blé se vend 10 euros, soit le prix de deux paquets de cigarettes. C’est
encore trop cher pour le gouvernement et sa propagande officielle. Un
certains Dominique SEUX journaliste à France-Inter et éditorialiste du
quotidien financier « Les Echos » ose écrire : la France agricole doit accepter la
course à la taille critique en favorisant l’émergence de très grands
producteurs ». Il n’y a pas
d’accommodement possible avec les grands groupes financiers qui asservissent
les travailleurs et qui veulent aller encore plus loin. Ils y parviendraient
si nous les laissions faire. La colère gronde
partout. Il faut la transformer en volonté de changement et multiplier les
initiatives d’action. Les salariés sont doublement concernés. Pour leur
propre problème, mais aussi en tant que consommateurs.
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