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N°147
Semaine du 10 au 16 mai 2010 L’OR NOIR N’A JAMAIS SI
BIEN PORTÉ SON NOM Le groupe pétrolier BP, géant
britannique du secteur doit faire face aux conséquences de l'explosion
survenue le 22 avril sur une plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique,
le site relâche, en effet, cinq fois plus de pétrole qu'estimé initialement. Ce qui frappe tout
d’abord quand on lit ou lorsqu’on écoute les médias, c’est la mise en scène
écologique, photos à l’appui, des pauvres tortues, des poissons, des oiseaux…
les performances techniques… mais rien sur les premières victimes que sont
les salariés de la plate-forme. Onze d'entre eux restent portés disparus et parmi les
rescapés, 17 personnes ont été blessées dont quatre grièvement. La préoccupation
des investisseurs, qui s'interrogent sur les conséquences financières de la
marée noire, c’est la
capitalisation boursière de BP qui a fondu de plus de 6 milliards de livres
sterling (6,7 milliards d'euros). Combien vont
coûter les réparations pour BP? Son Directeur nous rassure, presque rien
« nous sommes assurés... » dit-il. Quelles sont les causes de cette catastrophe? Celle-ci n’est pas
la première pour BP. En 2005, la
responsabilité de la société était déjà engagée dans l'explosion, de la
raffinerie de Texas City, qui avait provoqué 15 morts et 170 blessés. Cette
société a aussi été mise en cause pour la pollution de Prudhoe Bay, en
Alaska, en 2006. Concernant la
plate-forme du golfe du Mexique, le problème serait dit-on d'ordre technique,
causé par la défaillance d'un élément clé de la structure : une vanne de
sécurité. Or, les vannes de sécurité sont censées résister à toute épreuve. La
défaillance ne serait-elle pas plutôt l’absence de vannes, ce qui n’est pas
obligatoire sur de telles structures ? Pour une recherche
du profit à tout prix, les compagnies recherchent à courir après « les
réductions de coûts » notamment sur la sécurité. Le quart des réserves mondiales se trouve sous les
océans Depuis les années 1960 les pétroliers n'ont
cessé de conquérir de nouvelles zones pétrolières, les grands gisements
d'hydrocarbures ayant été très souvent découverts en mer : par quelques
mètres de profondeur d'eau, comme au Kazakhstan, 1000 mètres de fond en
Angola et au Nigeria, allant à
des profondeurs de plus 3000
mètres au Brésil. La part du pétrole brut extrait en mer
dépasse désormais 30 % déjà le
quart des réserves mondiales détectées se trouve sous les océans, bien
davantage si l'on ajoute les ressources de la région Arctique. Pourquoi
une telle course ? Les compagnies majors internationales, ne
peuvent plus faire main basse sur les matières premières des pays, comme dans
le passé, en raison notamment de la décision de certains pays, de nationaliser au Moyen-Orient
le secteur des hydrocarbures, interdisant (Arabie saoudite, Koweït, Mexique)
ou restreignant (Iran, Venezuela…) l'accès à leurs réserves d'or noir. Elles cherchent donc d’autres sources pour
garantir leur profit. Le prix du baril étant fixé par les Américains à
80 $ le baril, cette forme d’exploitation devient rentable. Un
porte-parole de Total reconnaît que si le groupe "attend avec
impatience les premiers résultats de l'enquête pour en tirer les
enseignements", la catastrophe "ne remettra pas pour autant en
cause sa stratégie". Dans le seul golfe
du Mexique, les actifs de BP s'élèvent à 37 milliards de dollars (28
milliards d'euros), devant Chevron le partenaire de Total et Shell. Un moratoire
sur la poursuite des forages en mer ? Obama dit Non ! Une demande de
moratoire a été faite sur la poursuite des forages en mer. M. Obama a
tranché, il est pour leur
reprise : « au nom de la sécurité d'approvisionnement énergétique des
Etats-Unis ». Le plateau continental atlantique (Ouest)
contiendrait au moins 3,8
milliards de barils. Des forages plus profonds pourraient confirmer la
présence d'importantes quantités de pétrole et de gaz sous une croûte de sel,
comme au large des côtes brésiliennes. Au pays du capitalisme roi, bonjour les
dégâts!
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