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N°155  Semaine du 12 au 18 juillet 2010

 

LUTTER POUR GARDER NOS RETRAITES

Ce  12 juillet à la veille du conseil des ministres où à été présenté le projet du gouvernement sur les retraites, c’est pendant plus d’une heure que Sarkozy a voulu justifier sa politique, interviewé par D Pujadas sur antenne 2 (1).

 

L’essentiel de cette longue intervention tient en quelques mots : rien de nouveau, poursuite de la politique au service de ceux qui ont aidé Sarkozy à être élu, et faire payer les conséquences de cette politique au peuple.

 

Dans le premier sujet d’actualité c’est l’affaire Bettencourt-Woerth qui est abordée. Là sans craindre de contradiction  M. Sarkozy s’est auto blanchi à coup d’omissions, de contre vérités, et sans aller très loin et pour cause, sur tous les aspects de l’affaire.  Enfin il a dénoncé un complot visant à déstabiliser le gouvernement… !

 

Bref, peu convaincant sur cette affaire qui révèle bien ce que tout le monde sait : depuis des lustres, le pouvoir et l’appareil d’état sont au service de l’argent, au service du capital.

 

Et si Sarkozy insiste lourdement sur la « surimposition des fortunes, les difficultés des entreprises, les risques de délocalisation (des fortunes) la compétitivité, bref sur les malheurs des riches, il faut savoir que les trois plus grandes fortunes de France ont réalisé en 2009 grâce aux salariés de leurs entreprises, 45 milliards de profits soit plus 14%. Ce sont B Arnault (LVMH), G Mulliez (Auchan) et… L Bettencourt (l’Oréal).

 

Ensuite sur les retraites. Il a d’abord réaffirmé que l’âge de départ à la retraite serait repoussé à 62 ans et que ce n’était pas négociable. Il s’est entre autres appuyé sur l’exemple des pays européens (l’Europe sociale sans doute !).

 

Il a félicité en passant les « partenaires sociaux » pour leur sens des responsabilités et les entraîner sur des « négociations » sans fin sur les longues carrières et les travaux pénibles ce qui arrange tout le monde. Le fond du problème est ainsi esquivé  (et on se souvient de ce que cela a produit depuis 2003).

 

Quant aux manifestations et à un éventuel automne chaud, il a répété sa volonté de poursuivre les réformes avec comme prochaines étapes celle de la dépendance des personnes âgées et au printemps la réforme de la sécu. Des réformes exigées, comme par hasard par Mme Parisot dans son discours d’investiture au congrès du MEDEF la semaine passée.

 

Il exprime ainsi le fond de son action, casser tous les acquis sociaux, tous, et notamment ceux arrachés à la libération, dans le seul objectif de la baisse du coût du travail comme partout en Europe et dans le monde. Il a aussi habilement souligné que son parti n’était pas seul dans cet objectif au service du capital. Encensant Rocard et son livre blanc sur les retraites de 1991, évoquant la nomination par lui de Migaud et d’autres socialistes à des postes importants, approuvant l’action des dirigeants socialistes européens, il a mis en évidence les choix politiques du PS et de ses amis et alliés au service du capital.

 

Enfin parmi les autres sujets abordés, Sarkozy s’appuyant sur  son exemple de suppression des postes de fonctionnaires depuis 3 ans,  a mis au défi les collectivités locales, dont les conseils régionaux quasiment tous gérés par le PS, d’en faire autant. Bravade gratuite car déjà depuis 6 ans, voire plus pour certaines régions, ces gestionnaires avisés que sont les élus de gauche privatisent les services sous le vocable de « délégation du service public ». En matière de casse du service public, les socialistes n’ont pas de leçon à recevoir ! C’est encore vrai pour les maires des grandes villes avec les hôpitaux publics dont ils sont présidents du conseil d’administration, où on licencie à tour de bras.

 

Le lendemain de cette intervention s’est donc tenu le conseil des ministres où était présenté le projet sur la réforme des retraites. Bien entendu tout avait été dit la veille voire les semaines précédentes. Le calendrier se poursuit  en cette période estivale, idéale pour réaliser des sales coups. Il est  urgent et impératif que les salariés, le peuple interviennent dans une riposte massive. Le projet de casse de nos retraites n’est pas inéluctable;il faut le combattre en lui opposant un rapport de forces conséquent. La mobilisation du 24 juin a démontré que c’était possible, le 7 septembre sera une autre date dans l’offensive. Communistes contribuera à sa réussite. Mais les certitudes et affirmations de Sarkozy cachent mal une inquiétude. Sous la pression de la population, il peut reculer. Récemment d’autres y ont été contraints.

 

Nos retraites sont un enjeu financier source de profit pour le capital. Loin des prétendues solutions qui épargnent le capital il en existe une qui financerait nos retraites, avec l’arrêt de cadeaux fiscaux aux actionnaires, des exonérations de cotisations sociales aux patrons, et sur la spéculation. Bref, des mesures qui permettraient de récupérer 639 milliards d’euros rien qu’en 2009. De quoi financer les retraites jusqu’en l’an… ...avec le départ à 60 ans et 55 ans pour les travaux pénibles après 37.5 ans de cotisations, et aucune retraite inférieure à 1600 euros. Cela seul Communistes le propose.

 

 

(1) David Pujadas est membre du « siècle ». Club créé le 25 août  1944 le jour de la libération de Paris par des « membres influents de la classe dirigeante française » pour réorganiser le pays sans les Allemands et selon leurs intérêts. Une condition impérative pour en être membre : ne pas être communiste, et jusqu'en 1983 ne pas être une femme. Pendant ce temps, d’autres dans les rues affrontaient l’occupant pour libérer le pays.

Quelques membres de ce club, collègues de Pujadas.

Il est présidé depuis Janvier 2008, par Denis Kessler, PDG du groupe d'assurances SCOR et ancien vice-président du Medef.

Anne Sinclair, Elisabeth Guigou, Alain de Pouzilhac (président de la société de l'audio extérieur à la France, président du directoire de la Chaîne Française d'Information Internationale, une coentreprise entre Tf1 et France télévision), Serge July, Patrick Poivre d'Arvor, Dominique Strauss-Kahn, Jacques Rigaud, Simon Nora, Thierry Breton, Claude Bébéar, Président du Conseil de Surveillance d'AXA, il crée avec Alain Mérieux Lachmann l'institut Montaigne, membre aussi comité de soutien de l'Institut Turgot, des boites à idées au service du Medef et du pouvoir.

Nicole Notat, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Louis Schweitzer, Michel Pébereau, Odile Jacob, Jean-Marie Colombani, Claude Imbert, Laurent Joffrin, Denis Jeambar, Anne-Marie Couderc, Marc Tessier, David Pujadas,  Edouard de Rothschild, Jean-François Copé, Michèle Cotta, Richard Descoings, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Louis Gallois, Antoine Bernheim, Olivier Schrameck, Luc Ferry, Jean-Claude Trichet ancien PDG de la Banque de France, en 2003 président de Banque centrale Européenne, Bertrand Collomb du groupe Lafarge, André Lévy-Lang , administrateur d'AGF Schlumberge, Renaud Denoix de Saint-Marc, membre du conseil constitutionnel de puis 2007, Gérard Worms, président de la Compagnie de Suez, Etienne Davignon, membre du conseil d'administration de Pechiney, Fiat, Basf, Pétrofina, etc, Ernest-Antoine Seillière, président du patronat européen, Jean Peyrelevade, Michel Bon, Louis Gallois, Martine Aubry, Jean-Christophe Le Duigou, Françoise Chandernagor, Pascal Lamy, Arlette Chabot, etc... Étienne Lacour, directeur de la rédaction de SGPresse, en assure le secrétariat général

 

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