|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
COMMUNISTES |
|
|
|
Hebdo |
|
||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
N°164 Semaine du
13 au 19 septembre 2010 Ils prétendent défendre nos retraites en s’entendant avec le gouvernement Des millions de salariés
manifestent contre le projet de loi du gouvernement. Leur mouvement et sa
force contraignent les forces réformistes politiques et syndicales à être
présentes pour ne pas donner l’impression qu’elles reculent devant le pouvoir
et le patronat. Pourtant à y regarder de plus près les positions fondamentales de la CFDT et
du PS sont dans la logique des orientations du patronat. Pour en juger, il
suffit de lire leurs déclarations et prises de position. Ainsi dans le
journal « Le Monde » daté du 9 septembre F.
Chérèque secrétaire général de la CFDT avec quelques signataires, tous connus
pour leur allégeance au capital, signe un article particulièrement
instructif. Après une avalanche de
bons sentiments, une phrase résume le fond de la pensée des auteurs à propos
du futur du système de retraite : « Le nouveau système
devra prendre en compte l’augmentation progressive de l’espérance de vie,
à la fois par l’augmentation de la durée de cotisation et si
nécessaire, des taux de cotisation. Mais si nous vivons
encore plus longtemps en meilleure santé, et si nous devons travailler plus
longtemps pour sauver nos retraites, c’est le principe de la retraite au
choix (à la carte) qui devrait prévaloir ». Il est bien difficile de glisser une
feuille de papier à cigarette entre cette position et celle du patronat et du
pouvoir. L’insistance à individualiser la question des retraites est une
ligne constante du patronat (voir le débat sur la pénibilité), elle est celle
du PS. Les déclarations de M. Aubry sa secrétaire générale sur le thème du
« care » formalisent cette orientation. Ce concept a été
repris et explicité par un député de la Nièvre dans le journal « Le
Monde » daté du 10 septembre. De quoi s’agit-il ? M.
Aubry a repris un terme anglo-américain qui signifie : souci, soin,
attention ou encore compassion. Ce choix d’un mot américain n’est pas
innocent, s’il fait référence à
l’attention et à la compassion, il évite soigneusement de formuler la
politique sociale en termes de droits. L’action devient un acte de
« charité » (concept du christianisme social reprise dans la
dernière encyclique papale consacrée au travail). En tentant d’évacuer la réalité de
l’exploitation, la position du PS vise à culpabiliser les salariés. Celui-ci
un peu mieux payé que cet autre devrait réfléchir aux sacrifices possibles
pour soutenir le plus faible. Nous sommes à l’opposé de la justice sociale
et du droit. Le patronat adore cette
formule, outre que le choix de l’individuel lui évite des négociations
collectives, elle permet de tirer vers le bas les droits sociaux existants
voire de les supprimer au nom de la liberté individuelle. PS et CDFT
conçoivent l’avenir uniquement dans le cadre du capitalisme et cherchent les
terrains permettant de rendre acceptables les formes modernes d’exploitation.
Dans le même temps, d’autres comme le PCF, le NPA et le Parti de Gauche etc…
s’allient avec le PS et veulent remplacer Sarkozy en 2012. Certes, il faut
battre Sarkozy et le plus tôt sera le mieux mais pour faire quelle
politique ? Celle de ce fameux « Care » en guise de protection
sociale ? Dans ce domaine comme dans tous les autres il est vain
d’attendre des propositions sérieuses qui attaquent directement le capital.
Ce n’est pas de ce côté qu’elles peuvent venir. Les uns et les autres ne
poursuivent qu’en seul but : canaliser le mécontentement social à leur
profit. En adaptant leurs mots
d’ordre aux positions de la CFDT, les dirigeants de la CGT contribuent à
freiner le développement de l’action. La question posée dans une telle
situation est donc la capacité des travailleurs à imposer leur point de vue. Il est clair qu’un
parti révolutionnaire de lutte de classe comme le nôtre leur est
indispensable.
http://www.sitecommunistes.org |