|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
COMMUNISTES |
|
|
|
|
Hebdo |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
N°177 Semaine du 13 au
19 decembre 2010 Au service du grand capital, on réorganise la recherche à marche forcée Les questions de
l’orientation de la recherche et du contrôle de ses résultats constituent un
enjeu de taille pour les grandes firmes capitalistes. Avec la loi sur
« La Responsabilité des Universités (LRU) », l’Etat a donné les
moyens d’une main mise accrue des entreprises sur les contenus de
l’enseignement et de la recherche et fragilisé les conditions statutaires des
personnels en développant la précarité. Avec des Labex (laboratoires
d’excellence) il entend sélectionner un petit nombre de centres de recherche
pour construire sur tout le territoire une dizaine d’Universités de rang
international pendant que les autres, dites de proximité, seront vouées à la
formation de l’encadrement moyen (licence) dont les entreprises ont besoin au
niveau territorial. Avec Paris Saclay, se
met en place une structure de direction de la recherche sous forme d’une
Fondation de Coopération Scientifique (FCS). Cette fondation de droit privé
sous le contrôle direct des grands groupes capitalistes et de l’État enlève
toute responsabilité aux scientifiques rangés aux rangs de super techniciens
pour réaliser des programmes de recherche décidés en dehors d’eux. Cette
fondation a vocation à l’embauche de personnels, surtout précaires, et à la
gestion des crédits. Autant dire que les statuts des personnels seront vite
jetés aux orties et que l’Université de Paris Sud rangée au rang de
pourvoyeur de force de travail n’aura aucun moyen de décision ni sur les
formations ni sur les orientations de recherche. Face à cette situation,
certains universitaires mais aussi les élus locaux et régionaux se rangent à
l’idée du moindre mal et sont prêts à négocier leur place dans le futur
dispositif. D’autres répandent l’illusion d’un contre-projet possible qui
pourrait être accepté. Ces deux attitudes sont dangereuses car elles évitent
le débat sur l’essentiel, celui de la soumission totale de la recherche aux
objectifs du capital. Cette soumission est porteuse d’un grand danger, celui
de transformer la recherche scientifique en une pratique sclérosante sur des
objectifs à court terme et variables dans le temps en fonction uniquement de
la recherche du profit et donc soumis aux aléas des fusions acquisitions
entre groupes capitalistes. Se battre pour la
liberté de recherche est donc un enjeu fondamental face à un capitalisme en
crise et de plus en plus prédateur et liberticide.
http://www.sitecommunistes.org |