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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°178
Semaine du 20 au
26 decembre 2010 Sortir de l’euro ou non ? Poser la question dans
ces termes a une vertu cardinale, on évite le débat de fond sur les origines
de la crise et donc de la dette. On efface le rapport entre les dettes
publiques et les féroces politiques d’austérité mises en place par tous les
gouvernements européens sans exception. On rend « naturelles » les mesures
prises pour sortir, comme ils disent, de la spirale de la dette. Les dettes
publiques se chiffrent en Europe en milliers de milliards d’Euros, 1700
milliards pour l’Allemagne, 1500 pour la France, 400 pour la Grèce. Elles ont
explosé dans la dernière période. Cela
représente en moyenne pour la zone Euro 87% du Produit Intérieur Brut (PIB)
des États. La croissance de l’endettement
commence bien avant la crise de 2008 avec la spéculation financière et la
formation d’énormes bulles spéculatives, avec les dépenses non productives
comme l’armement, la rémunération du capital au détriment du travail.
L’aspect spéculatif fut tout particulièrement visible dans l’immobilier en
Espagne et en Irlande qui furent en leur temps consacrées championnes du
développement capitaliste moderne et de la déréglementation sociale. Ne
parlait-on pas à leur sujet des « petits tigres de
l’Europe ». Pour les hommes politiques de
droite comme de gauche, pour les dirigeants syndicalistes, la crise aurait
pour origine le « mauvais » capitalisme financier qui
rongerait le « bon » capitalisme productif. Ainsi, la Confédération
Européenne des Syndicats (CES) parle-t-elle du : « capitalisme
casino ». En masquant la réalité cette thèse affirme qu’il serait possible
de «moraliser» et de « réguler » le capitalisme. Il ne peut y avoir d’issue
durable sans s’attaquer à la logique du profit et de l’accumulation du
capital, sans briser la domination et l’exploitation qu’il exerce sur les
travailleurs et les peuples. Dans la crise actuelle nous retrouvons la même
ligne de partage entre ceux qui s’inscrivent dans le capitalisme et ceux qui
estiment qu’il est porteur de grands dangers pour l’Humanité et qu’il faut
donc l’abattre. Sous des formes finalement convergentes, le Parti Socialiste,
comme Le Parti de Gauche et le PCF
militent pour une intervention plus poussée de la Banque Centrale
Européenne dont ils suggèrent qu’elle rachète et garantisse les dettes des
États pour éviter la spéculation. Ce faisant, ils entretiennent l’illusion
que l’Europe comme la BCE pourraient être mise au service des
travailleurs ! Ainsi un dirigeant de SUD écrit-il dans le journal
« le Monde » : « Il s'agit fondamentalement
d'organiser une nouvelle répartition de la richesse produite en engageant au
niveau européen un processus d'harmonisation par le haut des droits sociaux,
avec la mise en place de critères de convergence sociaux ». Les crises sont le mode même
d’existence du capitalisme ! Il ne peut y avoir de changement durable sans s’attaquer aux racines mêmes de la
crise : le capitalisme et son pouvoir. C’est pour cela que nous avons
créé « Communistes ».
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