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N°17 Semaine du 18 au 24 juin 2007

Recherche et Universités :

Une politique au service de la restructuration sociale

La recherche et l’Université ont tenu une place importante dans la campagne présidentielle et depuis de nombreux articles de presse sont consacrés à ce que l’on nomme: « l’autonomie des Universités ». La Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (Valérie Pécresse) s’active pour que des réformes de portée significative qui changent rapidement la donne dans ce secteur. C’est que la réforme doit être mis en rapport avec le fait que la recherche et l’innovation technique sont des enjeux majeurs pour la domination des marchés par les entreprises capitalistes qui se livrent une guerre acharnée pour leur conquête. Les mesures déjà adoptées par les gouvernements successifs qu’ils soient de droite ou d’union de la gauche vont toutes dans le même sens : renforcer la mainmise du capital sur l’élaboration et  l’utilisation des connaissances produites.

 Le gouvernement actuel pense que les conditions politiques ouvertes par l’élection de N. Sarkozy lui permettront d’aller plus loin. Au niveau des financements, il s’agit de favoriser les crédits sur programmes au détriment des crédits réguliers. La Ministre n’y va pas par quatre chemins quand elle déclare : « A chaque fois que les chercheurs me demanderont de l’argent, je leur dirai d’accord mais pour faire quoi ». Soyons sûrs que la réponse devra être conforme aux exigences du capital et que les dispositifs d’attribution des crédits et de l’évaluation sont étroitement contrôlés par le pouvoir et les stratèges en matière de développement scientifique et technique des grandes firmes capitalistes. Pour l’autonomie des Universités, la politique va dans le même sens puisqu’il s’agit de donner le champ libre à des Présidents débarrassés de la présence de représentants des personnels dans les conseils mais où le patronat et les communautés territoriales seraient plus largement présents. Avec les nouvelles méthodes de gestion des finances publiques (introduites d’ailleurs par un gouvernement d’union de la gauche) il est possible de recruter des personnels sur simple contrat avec des salaires différents de ceux des fonctionnaires, du coup ce sont les statuts eux-mêmes qui sont menacés.

 Si pour le moment les questions des droits d’inscription et de la sélection sont pieusement évitées, nul doute qu’elles sont dans la besace politique du gouvernement.

 Devant de tels bouleversements, qui vont transformer en profondeur le système d’enseignement supérieur et de recherche pour les besoins du capital, sans répondre aux besoins de formation des jeunes ni à ceux de la population, la responsabilité des organisations professionnelles et syndicales est engagée. Force est de constater qu’elles contribuent à accroître la confusion sur les intentions réelles du gouvernement. Ainsi, dans une déclaration commune, la conférence des Présidents d’Université et des organisations syndicales s’adressent-elles au Président de la République pour demander une concertation « soutenue ». C’est dans ce sens que récidivent l’UNEF, « Sauvons la recherche », la FSU, la CGT et Solidaires. D’appel à la lutte, il n’y a en tout simplement pas. Pourtant les sujets d’action sont nombreux, des salaires aux embauches en passant par les crédits et le budget 2008 en préparation. Les militants de « Communistes» se doivent d’informer de la situation et d’agir pour que se développent dans l’unité les luttes nécessaires.

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