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N°191
Semaine du 11 au 17 avril 2011 Que se passe-t-il dans les pays arabes ? Dans cet article, écrit il y a déjà quelques jours, nous
donnons une première analyse marxiste des évènements qui secouent cette
région. D’autres suivront en fonction même de l’évolution de la situation. Qu’est-ce
qu’une Révolution ? La
révolution, pour nous marxistes, consiste en une série d’événements qui
entraîne un changement de classe dominante dans un sens progressiste :
de la noblesse à la bourgeoisie comme la Révolution française ou de la
bourgeoisie au prolétariat comme la Révolution d’octobre. Tout soulèvement ne peut être
qualifié de révolution. Ce n’est pas la forme qui est déterminante -
violence, occupation de bâtiments, contrôle de quartiers et de ville -, mais
le contenu de classe du mouvement. Dans le monde actuel, qui vit sous le
système capitaliste, une révolution, c’est l’élimination des structures
économiques et politiques capitalistes et la prise du pouvoir par le peuple
et non le remplacement à la tête de l’Etat de telle partie de la bourgeoisie
par telle autre. Un soulèvement peut s’avérer contre-révolutionnaire, même
s’il est de masse, si sa direction est réactionnaire et vise à retourner à
l’ordre ancien ou à renforcer le mode de production capitaliste et la
dépendance à l’impérialisme. Il est d’autant plus important
de rappeler ces vérités que les idéologues du Capital ont, depuis plusieurs
décennies, mis en place toute une stratégie pour déformer le sens du mot
Révolution. Dans plusieurs pays,
un renversement de pouvoir entre plusieurs fractions de la bourgeoisie a été
qualifié de "révolution". Il s’agit souvent de prise du pouvoir par
la bourgeoisie compradore (c'est-à-dire dévouée aux impérialismes, décidée à
récupérer les miettes qu’ils laissent), aux dépens d’une bourgeoisie
nationale, encline à s’approprier le gâteau en s’appuyant sur les aspirations
populaires et à éloigner les impérialistes. Ainsi, la prise du pouvoir en
Géorgie, par Sakashvili, citoyen américain, ayant vécu depuis 30 ans aux USA,
accompagnée de l’entrée massive dans le pays des multinationales, appelée
plaisamment "révolution violette". Désormais les idéologues de
l’impérialisme qualifient de "révolution" tout changement de régime
permettant une pénétration plus ample des multinationales dans le marché local. Les événements de Tunisie Qui était au pouvoir en
Tunisie ? Une frange de la bourgeoisie, plus ou moins clanique, suivant
les intérêts d’un unique impérialisme colonisateur, l’impérialisme français.
Qui est au pouvoir désormais ? Une autre frange de la bourgeoisie, plus
dévouée aux multinationales US.
Malgré les satisfecit du FMI, Benali avait fait l’objet de critiques de la
part du 1er représentant du Capital sur la planète, Barack Obama
soi-même. Ce dernier avait reproché au gouvernement tunisien d’être bien
moins "démocratique" que celui du Maroc (Il faut traduire
"démocratique" ou "libre" par « bien plus perméable
aux multinationales US). Comme l’a dit l’un des rares grands capitalistes
tunisiens peu près le départ de Benali : « Maintenant, nous allons
pouvoir faire des affaires ». Par ailleurs, on sait maintenant que le
départ de Benali s’est décidé à l’ambassade US. En effet, la Tunisie est un pays
comportant extrêmement peu de grandes entreprises, peu de moyennes et
beaucoup de petites. Les multinationales françaises, notamment celles du
tourisme, de l’agroalimentaire et de la grande distribution, sans parler des
banques comme la Société Générale, y faisaient la pluie et le beau temps. Il
va leur falloir désormais partager le gâteau. Il y a eu une véritable révolte populaire, qui se poursuit
aujourd’hui. Le soulèvement s’est produit dans un certain nombre de région du
pays fortement marquées, depuis l’indépendance, par des traditions de lutte
et d’anticolonialisme. Il s’explique essentiellement par des raisons
économiques, ce que nos media ont totalement camouflé. Ce qui s’est
manifesté, à Sidi Bouzid et ailleurs, n’est rien d’autre que la lutte contre
l’exploitation capitaliste elle-même, parce qu’elle est devenue
insupportable. Ce processus a pu être freiné, détourné, mais il continue et
continuera, quels que soient les obstacles internes ou externes qu’il
rencontrera. C’est contre le prix exorbitant
du pain, contre des salaires de misère, contre un nombre de chômeurs
ahurissant, y compris parmi les hauts diplômés, contre des conditions de vie
insupportables, même pour les artisans et les petits commerçants, dans un
contexte de croissance économique non négligeable, que le peuple tunisien
s’est dressé. Des militants communistes, d’autres progressistes, des
syndicalistes d’une UGTT pourtant à la fois étroitement surveillée et
contrôlée par le pouvoir se sont levés pour exiger la remise en cause du
modèle de développement économique adopté par la Tunisie, mais aussi contre
la "solution" US d’ouverture à tous crins des marchés à ce que les
porte parole du Grand Capital international appellent la "concurrence
étrangère". La bataille qui se poursuit
porte sur l’augmentation des salaires, l’embauche massive et l’amélioration
des conditions de travail. Aux prises avec ses contradictions, une partie de
la bourgeoisie tunisienne a utilisé les aspirations populaires pour renverser
le clan au pouvoir et se dégager un peu de la tutelle de l’impérialisme
français ; mais, ce-faisant, elle a déchaîné des aspirations populaires
difficile à maîtriser. "Dictature" et
"Démocratie" c’est toujours la même société capitaliste La bourgeoisie, notamment celle
qui est au service de l’impérialisme US, a bien réagi. Elle a détourné la
colère causée par la « pression sur le salaire ». A Tunis, d’autres
franges de la population, comme la petite bourgeoisie, sont entrées dans la
danse. La revendication parvenue jusqu’aux medias français est devenue celle
d’une lutte pour la "liberté", contre la "dictature". Il
est évident que le régime de
Benali était extrêmement répressif mais, l’intérêt de présenter ainsi les
choses est, bien entendu, de brouiller les pistes, d’empêcher toute
explication de classe du phénomène. Cela permet aussi, au passage, de masquer
le fait qu’en réalité les revendications des travailleurs français et celles
des travailleurs tunisiens sont de même nature. Chasser ce que l’on appelle dans
nos véhicules de l’idéologie dominante un "dictateur" permet de
localiser le phénomène au seul monde arabe, avec un rien de condescendance. Ainsi, on nous assène que le régime des
"dictateurs", Benali, Moubarak ou Khadafi serait d’une nature
différente de celui d’Obama et Sarkozy, qui bénéficient pourtant de pouvoirs
exorbitants. Quelle différence existe-t-il réellement entre un Moubarak
seul candidat et un duel Obama/Mac Cain ou Sarkozy/Aubry quand on sait que se
glisse seulement un papier de cigarette entre les convictions et programmes
de chacun d’eux ? Le cas de l’Egypte L’Egypte est un enjeu bien plus
important, pour plusieurs raisons, toutes liées à son étroite soumission à
l’impérialisme états-unien. Elle est une des pierres angulaires du Grand
Moyen Orient que s’acharnent à créer les dirigeants US. L’enjeu est
particulièrement lié aux relations entre l’Egypte et Israël. C’est un
partenariat politique et économique d’autant plus important pour Tel Aviv que ses relations avec la
Turquie se sont dégradées. Il ne reste plus à Israël que l’Egypte, qui
fournit 50 % de son gaz, et l’Arabie saoudite qui l’approvisionne en pétrole. Rappelons quelques données
indispensables à connaître pour avoir une vision la plus juste possible des
événements. L’Egypte est passée de 19 millions d’habitants en 1945 à près de
85 millions aujourd’hui et devrait atteindre les 110 millions à l’horizon de
2030. Sa population est extrêmement jeune : 20 % de la population est
âgé 15 à 24 ans et les moins de trente ans représentent près des deux tiers
des Egyptiens. Derrière le taux de croissance économique élevé, on rencontre
une misère terrible : 1 Egyptien sur 5 ne trouve pas de travail, 2
actifs sur 3 connaissent le sous-emploi, 4 Egyptiens sur 10 vivent en-dessous
du seuil de pauvreté. Mais la grande bourgeoisie, qu’elle soit locale ou
internationale, n’a pas à se plaindre. Le revenu du capital a augmenté de 90
% ces dernières années, tandis
que les investissements étrangers directs ont été multipliés par 10 en
10 ans. Les recettes du canal de Suez rapportent 4 milliards d’euros, les
aides que les dirigeants US versent depuis les accords de Camp David (en
1979) atteignent les 2 milliards d’euros. Passons maintenant aux
événements récents et au départ de Moubarak. Bien sûr, il faut se prononcer
avec prudence, il semble néanmoins que c’est la petite bourgeoisie et la
classe moyenne qui sont à la pointe de la bataille. La petite bourgeoisie
souhaite sa part du gâteau, une place plus importante dans la société et plus
élevée dans ses rouages ; une sorte de partage des richesses, pour
employer une expression chère aux dirigeants de la gauche "radicale"
française. Certes la comparaison
pourrait s’arrêter là : la petite bourgeoisie égyptienne revendique une
place qu’elle n’a jamais eue, sauf du temps de Nasser, et les conditions
économiques, même si elles n’apparaissent pas au premier plan, pèsent énormément
sur ses revendications. Il y a toutefois un important
point commun : tout est organisé selon la fameuse phrase que Lampedusa ,
dans son roman "Le Guépard", met dans la bouche de son héros
Tancrède Falconeri : « Il faut que tout change pour que rien ne
change. ». Gageons que c’est bien ce qui se passe. L’exigence de la
petite bourgeoisie égyptienne, qui veut son os à ronger rencontre les
intérêts des grands dirigeants impérialistes, d’Obama à Van Rompuy en passant
par Clinton et Sarkozy : « les élections libres et
équitables », instrument du changement sans changement. L’armée
égyptienne a bien pris soin de rassurer tout le monde : les traités
seront honorés ; Israël peut donc respirer. En Egypte, une autre forme de
révolution démocratique est possible. Il est par ailleurs utile de
rappeler que la seule force politique réellement organisée en Egypte
en-dehors des organisations émanant du pouvoir est celle des Frères
Musulmans. C’est également le cas en Libye, nous y reviendrons. Comme l’ex
FIS en Algérie, les FM sont une organisation des classes moyennes. Ils ont à
leur tête tout un réseau d’intellectuels, universitaires notamment et
recrutent essentiellement parmi les avocats dont ils dirigent le syndicat et
surtout parmi les étudiants qui représentent seulement 20 % des jeunes
Egyptiens. Les FM forment une organisation
réactionnaire, qui ne remet nullement en cause le capitalisme et a souvent,
dans le passé, servi les intérêts de puissances impérialistes notamment les
USA contre le régime nassérien. Ils font partie de la nébuleuse des
Wahabbites et sont financés par des argentiers saoudiens notamment la banque
Al-Taqwa. Fondamentalement, les intérêts de tous les concernés dans cette
affaire (impérialisme US, Frères musulmans, petite bourgeoisie égyptienne
en quête d’un destin) sont
conciliables. Un compromis raisonnable peut être trouvé : il y aura des
élections, les partis interdits comme les Frères Musulmans seront
autorisés ; la petite bourgeoisie s’insérera dans les rouages du système
et du pouvoir. Le mouvement révolutionnaire est bien faible en Egypte. On voit bien d’ailleurs le jeu
que joue la chaîne de télévision qatarie, Al Jazirah, qui apporte sur les
événements d’Egypte comme de Libye les éléments d’intoxication nécessaires à
la fois aux impérialistes US et aux Frères Musulmans. Le pourrissement et la fin du
nationalisme arabe ? Ce qui se passe au Yémen, en
Libye après l’Egypte pourrait bien consacrer la fin définitive dans ces pays
du courant "nationaliste arabe" qui a marqué leur histoire depuis
un demi-siècle et pas toujours en mal. Le nationalisme arabe est un
courant politique né au sein des mouvements anticolonialistes. Porteur des
espoirs de la petite et parfois de la grande bourgeoisie nationale, opposée
aux divers impérialismes, qu’ils soient US, britannique, français ou italien,
le nationalisme arabe s’est répandu dans les années 50 au Maghreb et surtout
au Moyen Orient. Incarné par de jeunes officiers comme Nasser en Egypte,
Assad en Syrie, Kassem en Irak, Khadafi en Libye ou Nemeiry au Soudan, ou par
des partis politiques laïques comme le Baas de Michel Afflak en Syrie et
Irak, le Destour d’Habib Bourguiba en Tunisie, il fut l’incontournable acteur
de la période que nos historiens ont coutume d’appeler la "décolonisation". Bien que nombre de nationalistes
arabes aient combattu les communistes (Nemeiry au Soudan ou Saddam en Irak,
pour ne citer que les plus évidents), l’URSS les appuya dans leur volonté de
chasser les colonialistes. Les dirigeants nationalistes arabes portèrent
parfois les espoirs du peuple et certains partis communistes décidèrent de se
dissoudre pour les rejoindre (Egypte) ou de faire causse commune avec eux à
tout prix (Syrie). Mais, les nationalistes arabes
ont vite tourné à droite : en Egypte après la mort de Nasser, Sadate,
qui lui succéda, choisit un nouvel impérialisme colonisateur : les USA.
En Irak, à partir de 1976, Saddam Hussein s’est débarrassé des communistes
dans le sang et s’est rapproché des USA ; en 1972 Nemeiry a réprimé
férocement, avec l’aide de son
compère Khadafi, un coup d’Etat qui ne versa pas une seule goutte de sang,
dirigé par des militaires marxistes et en profita pour faire exécuter tous
les dirigeants du parti communiste et mener une répression anticommuniste
sans précédent. La fin de l’Union Soviétique a obligé les derniers d’entre eux qui restaient fidèles à
leurs convictions de départ (le Baas syrien par exemple), à louvoyer pour
pouvoir continuer d’exister. L’abandon par les dirigeants
issus du mouvement nationaliste des idées qui les avaient portés au pouvoir
leur fut fatal. Partout où ils devinrent des féaux des USA ou d’un autre
impérialisme, la petite bourgeoisie, les classes moyennes et populaires les
abandonnèrent, notamment pour se
tourner, avec la bénédiction des USA, vers les organisations
islamistes. Pour tirer un bilan, nous
pouvons dire que le nationalisme arabe n’a pas réussi à décoloniser, il n’a
rompu que provisoirement les liens avec les puissances coloniales et, souvent
après la disparition de l’URSS, les a rétablis, quand il n’a pas choisi une
nouvelle puissance de tutelle, l’impérialisme dominant, les USA. Le cas de la Libye C’est probablement dans ce pays
que l’ambiguïté et la complexité de ce que nos media appellent
"révolution" de même que la destinée du nationalisme arabe
transparaissent de la manière la plus évidente. Le régime libyen, comme
l’égyptien, est le fruit d’une révolution nationale-démocratique, moins
inachevée, mais également pourrissante. Toutefois, en Egypte, toute trace de
l’ancienne révolution nassérienne a désormais disparu et le régime était au
service de la bourgeoisie compradore et de l’impérialisme états-unien. En
revanche, on ne peut pas en dire autant du régime libyen. La Libye, colonisée par l’Italie
dans la 1ère moitié du XXème siècle, puis par la Grande Bretagne
et la France après 1945 acquit une indépendance nominale en 1951 sous le
gouvernement du roi Idriss Ier. Idriss était le chef de la confrérie
musulmane des Senoussi ; chassé par les Italiens et réfugié en Egypte,
il revint en Cyrénaïque dans les fourgons de l’armée britannique en 1945 et
en fut bombardé émir. La Libye royale était un pays marqué par de fortes
survivances féodales et, dès la découverte du pétrole en 1958, Idriss fit
appel aux compagnies pétrolières étrangères. Mais en 1969, comme en Egypte en
1952, un groupe d’officiers progressistes renversa le roi et conduisit une
révolution nationale démocratique. Le pays fut engagé dans de réelles
transformations économiques et sociales à caractère anti-impérialiste : nationalisation
du secteur pétrolier, politique de subvention par l’État du prix des produits
de consommation courante, formation de comités révolutionnaires et populaires
assurant l’autogestion de 1500 communes. On peut ajouter que le statut de la
femme a connu une transformation radicale. Au système féodal patriarcal,
oppresseur des femmes avant la révolution, a succédé une politique
d’émancipation qui a porté ses fruits : scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans,
écoles mixtes en primaire, âge légal du mariage pour les filles porté à 20
ans (alors que sous le féodalisme, des filles pré-nubiles étaient mariées !).
La majorité des étudiants sont des filles. Il faut enfin dire que le niveau
de vie a augmenté surtout durant la phase ascendante de la révolution. Il est
un des plus élevés d’Afrique, et la Libye est le premier pays sur ce
continent pour l’IDH (indice de développement humain). Kadhafi a louvoyé entre des positions contradictoires. Un
coup à droite en offrant des renforts à son collègue du Soudan, le général
Nimeiry, auquel, de plus, il livre le secrétaire général du Parti communiste
soudanais, réfugié en Libye, Abdelkhalek Mahjoub, pendu par le général sans
autre forme de procès. Un coup à gauche en soutenant les militants
palestiniens en lutte contre l’Etat colonial israélien, ce qui lui valut une
riposte rangée dans les oublis organisés de l’Histoire : en février
1973, un Boeing 727 libyen fut abattu au-dessus du Sinaï par l’armée
israélienne : 110 morts ; et en février 1986, l’US air force
bombarda la côte libyenne, notamment Tripoli et Benghazi, occasionnant des
centaines de morts dont la propre petite fille de Kadhafi. Après la chute de l’URSS, puis
en 1993 le départ du pouvoir du commandant Jalloud, un des plus proches compagnons de Kadhafi depuis la
révolution de 1969, et encore plus à partir des années 2000, le régime libyen
changea de nature. Par peur des représailles de la part de l’impérialisme US,
par volonté de se maintenir au pouvoir, Kadhafi fit des concessions de fond à
l’impérialisme : appel à l’initiative privée, prospections communes avec
les multinationales du pétrole, rapprochement avec les impérialistes français
et italiens, et, projet de nouvelle constitution fondé sur la liquidation des
pouvoirs des comités populaires révolutionnaires et la présidentialisation du
régime. Tout cela a constitué une rupture progressive mais certaine avec le
cours national-démocratique, avec le soutien et l’intérêt de plusieurs
puissances comme les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ; sans
parler du rapprochement avec les Frères Musulmans. D’ailleurs, il est significatif
que le soulèvement armé ait commencé après la décision prise par Kadhafi de
libérer 110 prisonniers Frères Musulmans. Nous en venons donc à ces insurgés
qui mènent la lutte y compris armée contre les forces armées fidèles au
pouvoir en place. S’il est possible que des éléments populaires ou des
classes moyennes fassent partie des opposants armés, il est indéniable que
les islamistes en sont aussi. Nous subissons de plein fouet des
"informations" qui vont toutes dans le même sens et sont
invérifiables ; personne ne dit un mot de la chasse aux
"noirs", les habitants du sud, plus foncés que les autres, ou les
salariés immigrés venus de pays d’Afrique subsaharienne, soupçonnés d’être
favorables à Kadhafi, que mènent les "libérateurs". Pas plus qu’on
ne nous informe des appétits des multinationales, ni du fait que les
impérialistes états-uniens et britanniques qui n’ont jamais digéré d’être
privés de la domination coloniale sur la Libye en 1969 souhaitent prendre
leur revanche. Les USA maîtrisent pour le moment la situation en Tunisie et
en Egypte, bien qu’ils doivent surveiller de près les évolutions en cours.
Alors, l’occasion est trop belle d’installer une tête de pont entre les deux
pays ; sans compter que Turkish petroleum vient de découvrir dans le
sud-ouest libyen une importante réserve de pétrole. Cela aiguise les appétits
des magnats du pétrole qui veulent contrôler toujours plus les richesses
pétrolières et gazières de la région. Il faut enfin s’intéresser au
fait que le soulèvement est parti de l’est du pays, la Cyrénaïque, sur
lesquels certains dirigeants égyptiens, Sadate en premier lieu, ont souvent
lorgné. La porosité de la frontière et le déroulement des événements donnent
à penser que des éléments du nouveau pouvoir égyptien ont pensé à
"exporter" leur "révolution", dans ce cadre on ne peut
pas ne pas penser aux Frères Musulmans. Il faut également se souvenir que la
1ère chose qu’ont faite les impérialistes US après avoir envahi
l’Irak fut d’en organiser scientifiquement la partition. Une partition de la
Libye avec une Cyrénaïque sous influence égypto-états-unienne. A suivre… . Lire,
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