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N°199 Semaine du 06 au 12 juin 2011

La CGT, le "dialogue social" et le "partage des richesses"

 Dans un communiqué daté du 27 mai, la direction de la CGT fait part de ses états d’âme à propos du dialogue social et du partage des richesses.

On y apprend que : « En préliminaire, la délégation de la CGT a demandé au MEDEF de clarifier sa position suite à ses prises de position ambiguës. », car « Depuis l’ouverture de ce cycle de discussions, en mai 2009, il s’oppose avec les autres organisations patronales aux demandes d’ouverture d’une négociation nationale sur le partage des richesses créées dans les entreprises. ». Si l’on étudie la philosophie du texte, l’on comprend que le patronat est accusé de mentir en faisant croire qu’il existe une négociation nationale sur le partage des richesses, mais que celle-ci n’existe pas. La direction confédérale de la CGT, tel le chevalier venant au secours de la veuve et de l’orphelin, propose donc une vraie négociation sur le partage de ces richesses.

La direction confédérale de la CGT avait fait pourtant une offre raisonnable, ne réclamant  pas d’augmentation générale des salaires, mais seulement la « mise en place de critères de justice sociale (souligné par nous) dans les négociations annuelles obligatoires des entreprises et des groupes ». Ce dépit des dirigeants confédéraux montre pour la n-ième fois qu’abaisser le niveau des revendications ne permet absolument pas de faire céder le patronat.

Ce communiqué montre noir sur blanc ce qu’est l’orientation de la direction de la CGT : le dialogue social, qui consiste à discuter entre gens de bonne compagnie en espérant que le patronat voudra bien accorder des miettes (sans succès, hélas) et  le partage des richesses, qui consiste à mendier auprès du patronat qu’il concède quelque "aumône" ici et là, sans bien sûr lui parler des salaires.

La défense de la "prime Sarkozy" est un bon exemple de ce refus de la direction de la CGT de se conduire en organisation de classe.

Tout cela ne sert qu’à cacher que, par nature, en régime capitaliste, les intérêts des salariés et ceux des patrons sont antagonistes et inconciliables.

Mais le plus affligeant dans ce communiqué sont les reproches faits au patronat, sur le mode "ce n’est pas bien, vous ne jouez pas le jeu". La CGT comme gardien du temple du dialogue social ! La bourgeoisie ne partage pas les richesses, mais veut bien faire croire que ce partage est possible dans le système capitaliste.

Or, les militants de "Communistes" savent bien que le seul moyen de répartir les richesses est d’abolir la propriété privée des moyens de production et d’échange. Le partage des richesses est un leurre inventé au début du XXème siècle pour faire croire qu’il était possible d’arriver au socialisme par des réformes et par les élections. Répétons-le, il n'en est rien. Raison de plus pour se battre, dans la CGT ou ailleurs, pour le maintien d'un syndicalisme révolutionnaire en France. Ce qui se passe en Grèce est de nature à espérer. Ce même 27 mai, la banderole de tête de la manifestation des grévistes athéniens organisée par le syndicat PAME indiquait : « Sans nous, travailleurs, rien ne tourne, mais sans les patrons, ça roule ».

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