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215 Semaine du 26 septembre au 02 octobre 2011

 

Crise : revenir sur le fond

Un foisonnement des informations économiques, indique que la crise se développe mais il ne permet guère de se faire la moindre idée sérieuse sur ses causes. Pour l’essentiel, on développe l’idée qu’il s’agit d’une crise financière qui a démarré avec la crise dite des « subprimes » aux USA et qui rebondit aujourd’hui du fait du « laxisme » des États à laisser filer une dette publique et privée, dette qui prendrait sa source dans trop de dépenses publiques. Dans ces conditions, les « remèdes » mis en œuvre sont : plus d’austérité pour les peuples avec la réduction des dépenses sociales, la liquidation des services publics et globalement une pression accrue sur le prix de la force de travail, autrement dit du niveau de vie. Il est intéressant d’observer qu’aucun de ces économistes ne met en rapport le chômage grandissant, la réduction des droits sociaux et des salaires avec le bond en avant des profits des plus grandes entreprises capitalistes. Le discours vise donc pour l’essentiel à justifier les politiques d’austérité et à chercher à la fois des dérivatifs politiques au mécontentement grandissant et des moyens de mieux contrôler les politiques économiques et sociales des États pour garantir la pérennité du système d’exploitation capitaliste.

Regardons d’un peu plus près le problème de la dette. Si l’on considère celle des USA par exemple, ce n’est pas la consommation populaire qui a fait exploser la dette de ce pays mais bel et bien les dépenses improductives qui ont enrichi une partie des entreprises capitalistes au travers des énormes dépenses militaires qui résultent des guerres successives et encore actuelles que mène cet État de par le Monde pour asseoir sa suprématie. La dette américaine est d’abord celle du complexe militaro-industriel qui assure des profits conséquents à tous les grands groupes capitalistes mais affaiblit les capacités de répondre aux besoins de la population comme en témoigne l’explosion de la misère avec ses 45 millions de gens qui ne vivent que des secours caritatifs. En Europe, l’explosion de la dette publique est aussi en partie due aux dépenses militaires improductives. S’y ajoutent comme partout dans le monde capitaliste les cadeaux au patronat et une spéculation effrénée qui pille les richesses produites au détriment des salariés.

Car, il faut bien revenir au fond pour comprendre les racines de la crise qui est celle du système capitaliste lui-même et non de son seul système bancaire et financier. N’oublions jamais qu’en dernier ressort, la richesse produite est celle du travail salarié. C’est son exploitation par le capital qui est à la base de la réalisation des profits capitalistes. Et c’est ce mécanisme d’accumulation et de reproduction du capital qui est aujourd’hui en crise. En clair, le processus de production capitaliste de la valeur elle-même, c’est bien là le terrain de la lutte de classe.

 

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